BOURGOGNE

Climats de Bourgogne - Un passage de relais pour poursuivre l’œuvre de transmission

Climats de Bourgogne - Un passage de relais pour poursuivre l’œuvre de transmission
Climats de Bourgogne - Un passage de relais pour poursuivre l’œuvre de transmission
Climats de Bourgogne - Un passage de relais pour poursuivre l’œuvre de transmission
Climats de Bourgogne - Un passage de relais pour poursuivre l’œuvre de transmission

Après avoir célébré en 2025 les dix ans de l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au Patrimoine mondial de l’Unesco, l’association entame 2026 avec un changement de présidence. Gilles de Larouzière passe le flambeau à Cyprien Arlaud, dans une continuité assumée au service de la protection et de la valorisation de ce patrimoine d’exception.

Après six années à la tête de l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne, Gilles de Larouzière quitte la présidence. Ce mardi 27 janvier, à l’issue d’un conseil d’administration, Cyprien Arlaud, viticulteur à Morey-Saint-Denis et jusqu’alors président délégué, a été élu président de l’association. Lauriane André, viticultrice à Beaune, accède quant à elle à la fonction de présidente déléguée.
Un changement de présidence symboliquement marqué par un temps convivial organisé à la Cité des Climats et vins de Bourgogne de Beaune, qui accueille désormais le siège de l’association. Administrateurs, partenaires institutionnels, mécènes et acteurs du territoire étaient réunis pour saluer ce passage de relais, préparé depuis près de deux ans et validé à l’unanimité par le conseil d’administration.
 
Une association garante de la Valeur universelle exceptionnelle
Créée en 2007 sous la présidence d’Aubert de Villaine, l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne avait pour mission initiale de porter le dossier de candidature auprès de l’Unesco. Depuis l’inscription en 2015, elle est devenue la garante de la Valeur universelle exceptionnelle (V.U.E.) des Climats, veillant à leur protection, leur transmission et leur valorisation. À l’heure de quitter ses fonctions, Gilles de Larouzière a exprimé une profonde reconnaissance pour le chemin parcouru et pour l’engagement collectif qui a porté l’association. « Le vin est une affaire culturelle et civilisationnelle. Les Climats sont une œuvre humaine, artistique, presque spirituelle : une œuvre de civilisation. Ils nous rappellent combien la France est un pays de richesses. » Il a insisté sur l’essence même des Climats, « ce qui fait les Climats, ce n’est ni le pouvoir ni la possession, mais la vision de femmes et d’hommes qui habitent ce petit coin de France, génération après génération. La transmission est au cœur de notre mission ». Une transmission matérielle, mais aussi immatérielle, faite d’énergie vitale, de savoir-faire et de liens humains, que l’association s’attache à faire vivre à travers ses actions et ses rendez-vous avec le public.
 
« C’est le collectif qui fait tout »
Au fil de son intervention, Gilles de Larouzière est revenu sur ces six années intenses, évoquant une aventure humaine forte, et remerciant l’ensemble des équipes, les administrateurs, les élus, les mécènes – en Bourgogne, en France et à l’étranger – ainsi que le directeur de l’association, Bertrand Gauvrit et toute l'équipe. « Cela a été une véritable fierté de travailler ensemble. C’est le collectif qui fait tout. » Un hommage appuyé a également été rendu au président d’honneur Aubert de Villaine, figure fondatrice et référence morale de l’association. S’adressant à ses successeurs, Gilles de Larouzière a salué la pondération et le sens du dialogue de Cyprien Arlaud, lui souhaitant « d’ouvrir un nouveau chapitre encore plus brillant pour les Climats de Bourgogne ».
 
Cyprien Arlaud : continuité, vigilance et ambitions renouvelées
Âgé de 49 ans, Cyprien Arlaud, entré au conseil d’administration en 2019, incarnait une succession attendue. Dans ses premiers mots de président, il a tenu à souligner la force du collectif, remerciant son prédécesseur pour son engagement et saluant l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et viticoles du territoire. L’association, désormais mature, se dit prête à assumer pleinement ses responsabilités, notamment vis-à-vis des engagements pris auprès de l’Unesco. « Jamais rien n’est acquis. Nous devons rester vigilants et concentrer nos forces sur le plan de gestion des cinq prochaines années, pour la protection et la valorisation des Climats. »
 
Un programme dense pour les années à venir
Parmi les grandes priorités annoncées figurent : la finalisation et la mise en œuvre d’un plan de gestion sur cinq ans ; le renforcement des liens avec les autres sites français classés à l’Unesco (Champagne, Saint-Émilion, Bordeaux…) et avec des sites internationaux, afin de partager expériences et bonnes pratiques ; la levée de fonds, en lien avec la Cité des Climats, notamment à l’international, pour financer la rénovation des murs et murets ; un approfondissement des connaissances sur la genèse des Climats, avec un travail monographique à l’échelle des villages ; le partage avec les jeunes, notamment à travers le rendez-vous « 1, 2, 3 Climats » au château du Clos de Vougeot au mois de mai ; la protection du terme “Climat” auprès de l’Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), en lien avec le Comité des vins de Bourgogne (ex BIVB) et la CAVB ; le rayonnement accru de la Cité des Climats et vins de Bourgogne et un développement renforcé du volet environnemental, axé sur la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et la résilience des vignobles. « Les Climats sont résilients parce qu’ils existent depuis des siècles, grâce à des femmes et des hommes qui, chaque jour, trouvent des solutions pour s’adapter et continuer à produire des vins de lieu d’exception. »
 
Un patrimoine vivant tourné vers l’avenir
Au-delà des enjeux techniques et institutionnels, l’ambition reste la même : prendre soin d’un patrimoine vivant, pour que longtemps encore, les vins des Climats de Bourgogne demeurent une source de culture, d’histoire, de tradition, de plaisir et de rencontres.
Avec ce passage de relais, l’Association des Climats du vignoble de Bourgogne ouvre une nouvelle page, fidèle à son héritage mais résolument tournée vers l’avenir.

Jeannette Monarchi