BEAUNE

AS Beaune – EHCO : le football comme terrain d’inclusion et de confiance

AS Beaune – EHCO : le football comme terrain d’inclusion et de confiance
AS Beaune – EHCO : le football comme terrain d’inclusion et de confiance
AS Beaune – EHCO : le football comme terrain d’inclusion et de confiance
AS Beaune – EHCO : le football comme terrain d’inclusion et de confiance

Tous les lundis à Vignoles depuis octobre, huit jeunes présentant des troubles du neurodéveloppement enfilent fièrement le maillot de l’AS Beaune. Un partenariat avec EHCO qui change leur rapport au sport… et parfois à la cour de récréation.

Il est 16 heures ce lundi au complexe sportif de Vignoles. À peine descendus des voitures, sept jeunes se précipitent vers les vestiaires. Les rires fusent, les sacs rebondissent sur les épaules, les pas s’accélèrent. Quinze jours sans entraînement, c’était long. Ce lundi, c’est la reprise. Et surtout, c’est football. Dans quelques minutes, ils porteront le maillot de l’AS Beaune, le même que celui de tous les licenciés du club.
Depuis octobre, le club beaunois a conclu un partenariat avec l’Association Enfance et Handicap en Côte-d’Or (EHCO). Tous les lundis, huit jeunes âgés de 7 à 14 ans, accompagnés par la structure médico-sociale, participent à une séance de football adapté. Cette heure d'entraînement devient un temps d’apprentissage social et de construction personnelle : on travaille la confiance, l’autonomie et le lien aux autres. Les séances sont encadrées conjointement par Justine Berlier, éducatrice spécialisée, et Stéphanie Zéphir, psychomotricienne au DAME SESAME PMO d’EHCO à Savigny-lès-Beaune, aux côtés de Maëlys Lecomte, enseignante en activité physique adaptée et éducatrice de l’AS Beaune, chacune apportant son regard professionnel entre accompagnement médico-social et pratique sportive.
 
Un projet né d’un constat
À l’origine, une réalité observée sur le terrain. « Le foot est un sport populaire que l’on peut pratiquer en bas de chez soi, explique Justine Berlier. Mais nous avons constaté que ces jeunes, scolarisés en classe ULIS, sont souvent éloignés des clubs de sport et parfois malmenés pendant les récréations. »
Un isolement parfois silencieux. Certains présentent des troubles du neurodéveloppement, d’autres un déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), d’autres encore sont très introvertis. Certains souffrent d’isolement familial, d’inquiétudes liées au poids ou d’un manque d’estime de soi. « Nous avons voulu mettre en place ce partenariat pour leur permettre de se perfectionner, de performer, pour pouvoir jouer à la récréation… mais surtout faire partie d’un club. Arborer le maillot, ça a une vraie visée inclusive. » 
 
Travailler la confiance et l’autonomie
Chaque jeune suivi par EHCO bénéficie d’un projet individualisé défini par une équipe pluridisciplinaire. Le football s’inscrit dans ces objectifs. « Nous travaillons l’autonomisation : anticiper, avoir sa propre pensée, grandir, poursuit Justine Berlier. Et surtout, l’estime de soi. On met en valeur leurs compétences, on encourage. L’esprit d’équipe permet de développer la sociabilité. Et on passe un bon moment ensemble. » Le sport devient alors un levier thérapeutique. Prévention santé, coordination motrice, gestion des émotions, coopération, respect des règles… Sur le terrain, tout se joue.
 
Une séance pensée pour eux
Ce lundi, l’entraînement débute par un exercice de rapidité et de chance : retrouver le maximum de balles de tennis cachées sous des plots. Rires, concentration, encouragements. Puis vient le mini-match, avant une séance de frappes au but. Toujours une partie ludique, toujours une partie match. « Le but, c’est de renforcer l’inclusion, explique Maëlys Lecomte. Il y a un travail cognitif, de motricité, beaucoup de coopération, d’entraide et de cohésion. On reste dans les valeurs du football. » Enseignante en activité physique adaptée, éducatrice des U13 féminines au club et joueuse au niveau national à Châtenoy-le-Royal après avoir évolué à l’AS Beaune, Maëlys est à l’origine de ce nouveau créneau du lundi.
La section foot adapté existait déjà depuis 2021, le samedi matin ouvert pour les familles. « Ce sont les professionnelles d’EHCO qui m’ont contactée. Le club était déjà inclusif. Ouvrir ce créneau supplémentaire, c’était pousser encore plus loin l’inclusion. » Le club fournit les tenues. Porter le survêtement du club, c’est afficher une appartenance. C’est pouvoir dire : « Je joue à l’AS Beaune. Ces sont licenciés comme les autres. Ils font pleinement partie des 550 adhérents, insiste Maëlys. Il n’y a pas de différence. »

La section foot adapté de l’AS Beaune
À l’AS Beaune, l’inclusion ne s’arrête pas aux mots. Chaque semaine, le samedi matin de 10 h à 11 h, huit enfants âgés de 4 à 15 ans se retrouvent au stade de Vignoles pour une séance spécialement pensée pour eux. Encadrés par Maëlys Lecomte, les jeunes alternent exercices de coordination, ateliers cognitifs, jeux de coopération, mini-matchs et tirs au but. Destinée aux enfants présentant un handicap mental, psychique ou des troubles du comportement (autisme, TDAH, trisomie 21, syndrome de Prader-Willi…), cette pratique adaptée leur permet de jouer au football en sécurité, à leur rythme et sans pression de performance. Au-delà du sport, ce rendez-vous hebdomadaire offre aussi un temps d’échange pour les familles et permet aux enfants de vivre, comme tous les autres licenciés, le plaisir simple d’appartenir à une équipe et de porter les couleurs du club. 
Parfois, une autre équipe du club vient jouer avec eux. Les groupes se mélangent. Maëlys a souhaité créer des passerelles entre les groupes du lundi et du samedi, et cela fonctionne : « Trois enfants du lundi viennent en plus sur le créneau du samedi ». Et pourquoi pas, un petit match devant le public pour le tournoi de fin d'année du club. « À midi, devant tout le monde, pour montrer la section de foot adapté. »
 
Un club engagé
Sous la présidence de Messaoud Bouteffas, l’AS Beaune poursuit ainsi son engagement en faveur d’un football accessible à tous. Les voir pratiquer, progresser, prendre confiance… c’est une vraie richesse. Et les jeunes, eux, ne s’y trompent pas. À la fin de la séance, essoufflés mais souriants, ils rangent les plots, récupèrent leurs sacs et quittent le terrain heureux et satisfaits de leur performance. Lundi prochain, ils reviendront. Pour jouer. Pour progresser. Mais surtout, pour appartenir à la grande famille de l’AS Beaune.

Jeannette Monarchi