Jean-Louis Lovisa avec son livre idyllique et sans exclusive Le jardin des oiseaux devant ses lecteurs à Chagny le samedi 21 mars
Par Michel POIRIAULT
Publié le 18 Mars 2026 à 18h11
Chevalier blanc d’une animalité traitée sur un pied d’égalité, Jean-Louis Lovisa entretient au quotidien un rapport quasi charnel avec elle. En guise d’accomplissement, un ouvrage spécifique dans lequel chaque espèce retenue passe à la loupe. Même celles qui ont mauvaise presse…Interview.
L’auteur sera accueilli à bras ouverts le samedi 21 mars à la librairie de Chagny A Livre ouvert (située au 12 bis de la rue du bourg) de 9h30 à 12h, pour une rencontre-dédicace de son livre : Le jardin des oiseaux. Âmes sensibles ne pas s’abstenir…
S’agit-il de votre première expérience en la matière ?
«C’est mon premier livre, oui. J’ai été paysagiste pendant plus de vingt-cinq ans, et en fait j’ai créé un jardin il y a dix ans qui était fait pour les animaux. Donc j’ai posté sur Instagram et Facebook ce que je faisais, du côté de Mâcon. Ce n’est pas chez moi, j’habite à cinq kilomètres, j’ai acheté un hectare de terrain. J’en ai fait un jardin botanique, et plus vous avez de plantes, plus vous avez d’espèces animales : des oiseaux, des insectes, des papillons. »
Pourquoi avoir franchi le pas ?
« Dans ce jardin, dès que je voyais, je faisais des photos de tous les insectes qu’il y avait dedans, puis je mettais les articles sur Facebook en prenant ce que je trouvais sur Internet, et puis un jour je me suis dit que je pouvais écrire des trucs bien. Donc j’ai commencé à faire des photos et à écrire tous les articles qui vont avec. J’ai eu dans la foulée trois éditeurs qui m’ont appelé, parce que j’avais beaucoup de monde sur mon réseau : entre deux millions et cinq millions de personnes tous les mois sur Facebook et Instagram. Et j’ai un groupe où j’ai seize millions de personnes tous les mois. Les gens peuvent venir y poster leurs photos, il y a mes deux pages personnelles où je montre tout ce que je fais dans mon jardin. Tout mon livre est en fait passé avant sur Facebook et Instagram. J’écrivais au départ pour Facebook et Instagram, je n’écrivais pas pour faire un livre. Ce sont les éditeurs qui m’ont contacté en voyant le monde qu’il y avait sur la page. Ils m’ont demandé : »Est-ce que vous voulez faire un livre avec nous ? » Alors j’ai choisi Hachette, parce que c’est celui qui me laissait carte blanche. Je savais exactement ce que je voulais faire, et le livre s’est fait comme ça. »
Que trouve-t-on à l’intérieur ?
«On trouve des articles sur la plupart des oiseaux, des papillons et des insectes, plus des textes. Du philosophe Schopenhauer, qui est un grand ami des animaux, d’Olivier Messiaen, le musicien, qui est un grand ornithologue, du classificateur Linné sur les oiseaux et les papillons, et autour d’eux. Surtout, mon jardin, c’est peut-être ça qui est le plus important, s’appelle Le jardin des oiseaux, un regard antispéciste sur le vivant. Mon jardin est un jardin antispéciste, je l’ai appelé comme ça. Spéciste et antispéciste, c’est sur le même modèle que pour raciste et antiraciste, mais pour l’espèce. Le spéciste, il considère que son espèce est supérieure à toutes les autres espèces, que l’humain est supérieur à la limace, à l’oiseau, etc. et l’antispéciste considère que toutes les espèces sont différentes, et qu’aucune n’est supérieure à l’autre. Chacune est parfaite dans son genre. Suivant ce que vous pensez, eh bien votre manière d’appréhender les animaux va être différente, donc j’ai fait un jardin pour tous les animaux, humains compris. J’ai des plantes pour les papillons. Certains papillons ne pondent que sur certaines plantes. Par exemple, sur l’ortie il y a quarante papillons qui pondent. Dans le jardin antispéciste, l’ortie est une plante très appréciée, alors que dans le jardin dit bourgeois, on essaie de l’éliminer ! Alors qu’au contraire, l’ortie est une plante merveilleuse. Comme le prunellier, il y a cent papillons qui pondent dessus. Ça permet de faire les jardins d’une autre manière. Dans mon livre, en même temps c’est un jardin qui est très beau à voir pour nous, et qui est fait pour tous les animaux. J’ai mis des seringas pour les pucerons, et je plante des choux pour les punaises. C’est une manière de dire aux gens -je ne donne pas de leçons- : voyez, un jardin on peut le faire aussi comme ça, en ne mettant aucun produit, en acceptant tous les animaux, et on se porte très bien. »
Quel(s) public(s) espérez-vous toucher ?
«Je fais souvent des conférences, ça touche vraiment tous les publics. C’est aussi enlever certaines idées reçues. Les plus grands pollinisateurs, ce sont les mouches, pas les abeilles ! Ça a été dit pour développer une propagande, un commerce. On vit dans un monde spéciste, c’est-à-dire que la philosophie générale est que l’humain est supérieur, et que les autres animaux ne comptent pas. Donc on a mis en avant l’abeille, parce que c’est l’abeille, domestique, qui est contrôlée par les humains. Elle rapporte. Et on se rend compte que dès que l’on dit qu’un animal est nuisible, ça veut dire que ça gêne un commerce des humains. Le frelon asiatique par exemple, on dit qu’il est nuisible, c’est vrai qu’il l’est pour certains apiculteurs, mais c’est un très grand pollinisateur. Donc pour les plantes, il est très bon. Le mot nuisible, quand on l’utilise, vous savez que derrière il y a un commerce humain. Les mésanges mangent beaucoup de chenilles, on n’a jamais dit que les mésanges étaient nuisibles, parce que les chenilles, on n’en fait pas le commerce. »
Êtes-vous optimiste pour l’avenir du vivant ?
«J’ai l’impression qu’il y a la réponse dans la question ! Notre comportement en tant qu’humain m’inquiète et est problématique. Quand des gens me disent que le renard est nuisible, je leur réponds souvent : à votre avis, si une espèce sur terre pose problème, pollue la mer, la terre, le ciel et l’espace, quelle est-elle ? Est-ce le ragondin ou le renard ? S’il y a une espèce à réguler, ce n’est pas non plus le sanglier, celle qui fait le plus de dégâts. J’observe, et je me dis que si nous continuons comme ça en tant qu’humains, avec une société de surconsommation, de toute façon on va tout détruire. Je crois déjà qu’avec les traitements dans les champs, on a réduit énormément la population des oiseaux. Ce ne sont pas les chats qui font disparaître les oiseaux, c’est nous. J’essaie de montrer aux gens comment faire son jardin autrement, et ça leur plaît beaucoup. Ce que je veux aussi, c’est expliquer les choses un peu complexes de manière simple. Dans mon livre, mon but c’est de faire comprendre par exemple à des enfants ce qu’est l’antispécisme. Je suis né dans une famille qui mangeait beaucoup de viande, ma grand-mère faisait le confit et le foie gras, je mange toujours un peu de viande, mais c’est un travail. J’avais des apprentis, je leur disais : quand tu manges un hamburger avec trois steacks dedans, est-ce que c’est bien utile ? Est-ce qu’un steack ne suffirait pas ? »
L’antispécisme a-t-il de beaux jours devant lui ?
« Je pense que oui. Les gens, en ce moment, réagissent à cette aberration de maltraiter la nature, ils se rendent compte aussi que les autres animaux sont des êtres vivants. Je disais souvent à mes ouvriers qu’un oiseau a un père, une mère, des enfants. Il souffre quand il est blessé, il est comme nous. Nous sommes très égocentriques, très narcissiques, il faut regarder un peu autour de soi et se dire que les autres espèces ont également le droit de vivre. Elles ont autant envie de vivre que nous. Et si on peut ne pas les tuer…J’ai eu un nid de frelons asiatiques l’an dernier, il est resté là, j’ai pris des photos de frelons à dix centimètres, je ne me suis jamais fait piquer. Le frelon asiatique est même moins dangereux que le frelon européen, enfin moins dangereux, il est plus placide. Mon jardin, c’est un outil pédagogique, un outil de transmission, je reçois des écoles. Une fois que l’enfant a entendu que la mouche était une grande pollinisatrice, que le ragondin s’appelle Jim, que je donne des petits noms aux oiseaux parce que je les reconnais comme je vis avec. .. Et si on peut vivre comme ça…Toutes les histoires négatives que l’on peut entendre sur les animaux, souvent sont complètement fausses, et sont le fait de la méconnaissance. On a en plus invisibilisé les mouches, parce que l’on dit mouches à merde, alors que si on analysait les pattes des mouches et nos smartphones, je pense que les plus propres ne seraient peut-être pas ceux que l’on croit. »
Comment se procurer, après Chagny, votre ouvrage ?
« On peut normalement le trouver dans toutes les librairies, ou le commander s’il le faut, sur Amazon, la FNAC. J’étais samedi dernier à la MJC de Mâcon où j’ai fait des dédicaces. On peut venir me voir également, et je fais des dédicaces. C’est grâce à Facebook (https://www.facebook.com lovisa.jeanlouis) et Instagram jeanlouis lovisa (@les.oiseaux.du.jardin) que tout est parti. Tous les jours je poste, et mes articles passent par mes réseaux. J’ai déjà écrit les tomes 2,3, et la moitié du 4. Ce n’est pas en tome, mais je fais une petite encyclopédie antispéciste. Dès que j’ai une nouvelle espèce je fais un article, et donc par la suite j’aimerais bien sortir un gros ouvrage avec tout dedans : les oiseaux, les papillons, les insectes. Et là les gens peuvent les voir tous les jours sur mes pages. »
Crédit photo : DR Propos recueillis par Michel Poiriault
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