BEAUNE
Beaune - Éric Monnot passe la main à six repreneurs pour écrire un nouveau chapitre industriel
Par Jeannette Monarchi
Publié le 21 Mars 2026 à 07h58
Le groupe Monnot ouvre une nouvelle page de son histoire. Après plus de 40 ans à sa tête, Éric Monnot a choisi de transmettre l’entreprise à six cadres issus du groupe. Une décision mûrement réfléchie, qui privilégie une transmission interne afin de préserver l’ADN de la société tout en accompagnant une nouvelle phase de développement. Portée par un collectif engagé, cette transition s’inscrit dans une logique de continuité, tout en affirmant de nouvelles ambitions industrielles.
C’est un moment fort pour le groupe industriel familiale Monnot, ancré à Beaune depuis plusieurs générations et spécialisé dans la mécanique de précision, l’usinage et la conception de machines-outils, notamment pour la tonnellerie et l’industrie. Ce jeudi, Éric Monnot a officiellement signé la transmission de son entreprise, avant un passage de témoin symbolique organisé le lendemain, vendredi midi, avec l’ensemble des salariés à la Comédie du Vin. À 66 ans, le dirigeant a souhaité anticiper cette étape essentielle : « Réussir sa carrière, c’est aussi réussir sa sortie », affirme-t-il. Depuis un an, il préparait activement cette transition, avec une idée claire : transmettre plutôt que vendre. « Je ne voulais pas céder à un groupe ou un fonds de pension avec le risque de voir l’entreprise démantelée. Mon objectif était qu’elle continue à vivre, à se développer et à fêter son centenaire. » 
Le choix d’une transmission interne
Plutôt que de se tourner vers un repreneur extérieur, Éric Monnot a fait le pari de la confiance en interne : « J’ai regardé dans l’entreprise qui pouvait reprendre, mais surtout qui avait un projet d’avenir. » Six cadres ont ainsi été choisis pour porter cette nouvelle étape, une équipe aux profils complémentaires, mêlant expérience, expertise technique et nouvelle génération. À l’issue de la transmission, HAC (Holding Action Croissance) est créé pour reprendre Monnot avec une organisation claire, portée par une équipe de six associés aux compétences complémentaires.

Olivier Casier, associé majoritaire, devient président de HAC. Il conserve également un rôle stratégique, notamment dans le pilotage de la recherche et développement et de l’activité tonnellerie. Isabelle Thiebaud reste directrice générale du groupe et continue de diriger Raoul Monnot. Matthieu Degut continue de diriger Monnot PROD, en charge des activités d’usinage et de production industrielle. Julien Dupont reste à la tête de la filiale TIM, spécialisée dans la mécanique industrielle, le développement technique et les projets d’investissement.
Loïc Martin occupe un rôle clé au sein de Monnot LMT, branche dédiée à la tonnellerie, cœur historique et secteur d’excellence du groupe. Louis Monnot, fils d’Eric, représentant de la nouvelle génération, participe au développement du groupe, notamment sur les aspects techniques et les projets d’ingénierie.
« Nous sommes six, avec des compétences complémentaires. Nous avons travaillé pendant un an pour construire un projet solide », souligne Olivier Casier, présent dans l’entreprise depuis 31 ans.
Un modèle économique pensé pour durer
Le prix de cession n’a pas été rendu public, mais il a été construit dans une logique de pérennité : « J’aurais pu vendre plus cher, mais j’ai choisi un prix que l’entreprise peut supporter sans se mettre en difficulté et continuer d’investir ». Éric Monnot a même accompagné financièrement la transition : « J’ai laissé une partie de l’argent dans l’entreprise, remboursée sur dix ans. C’est une façon de donner toutes les chances au projet et de servir de garant moral aux banques ». Un engagement fort, qui témoigne de sa confiance : « Je crois en cette équipe. Ils ont l’énergie que je n’ai plus après 40 ans dans l’entreprise ».

Une stratégie entre continuité et nouveaux horizons
La nouvelle direction ne prévoit pas de rupture brutale, mais une évolution progressive :
« Ce n’est pas une révolution, c’est une nouvelle énergie », résume Olivier Casier. Le projet repose sur trois piliers historiques : l’usinage et la mécanique industrielle, la production, la conception de machines, notamment pour la tonnellerie et la réparation.
Mais de nouvelles orientations se dessinent : développement d’une activité dans le nucléaire (boîtes à gants étanches), ouverture vers les secteurs de l’énergie et de la défense, renforcement des synergies entre filiales. « Nous voulons rétablir plus de transversalité, partager davantage les savoir-faire et mutualiser les compétences », explique la nouvelle équipe.
Une entreprise solide et innovante
Le groupe Monnot, fort de près de 80 salariés et d’un chiffre d’affaires compris entre 15 et 20 millions d’euros, s’appuie sur un savoir-faire reconnu depuis plus de 90 ans. Leader mondial sur certaines machines de tonnellerie, il mise sur l’innovation avec plusieurs brevets et une équipe dédiée à la recherche et développement. « Notre force, c’est l’esprit d’équipe, la qualité professionnelle, notre capacité à nous adapter et le sens du service », rappelle Éric Monnot.
Une transmission porteuse d’émotion et d’espoir
Au moment de tourner la page, l’émotion est palpable : « J’ai passé 42 ans de ma vie ici. C’est un moment fort ». Mais le dirigeant se veut confiant : « cette nouvelle page sera encore plus belle, écrite à six mains », et d’ajouter « n’ayez pas peur du changement, il est nécessaire ».
Avec cette nouvelle équipe, le groupe Monnot entend poursuivre son développement tout en restant fidèle à son ADN. « L’avenir est serein. Nous avons des atouts solides et de nouveaux marchés à conquérir », conclut Éric Monnot. Au moment de tourner cette page, il a remercié l’ensemble de ses collaborateurs pour ces 40 années de travail, mais aussi de plaisir partagé. Une nouvelle étape s’ouvre désormais pour lui, tournée vers d’autres sources d’épanouissement, entre moments en famille et séjours à la montagne.
Jeannette Monarchi
Repères historiques du groupe Monnot
L’histoire du groupe Monnot débute en 1934 : Raoul Monnot, âgé de 30 ans, pose les premières bases d’une activité artisanale en créant la société Monnot, alors spécialisée dans l’usinage et la réparation mécanique, installée dans un garage à proximité de la piscine de Beaune.
Dans les années 1950, l’entreprise franchit une nouvelle étape avec son installation route de Chorey, sur un site qui demeure aujourd’hui encore son implantation historique. À cette période, Raoul Monnot est rejoint par ses deux fils, Jacques – père d’Éric Monnot – et Georges, qui participent activement au développement de l’entreprise familiale.
En 1976, la direction est officiellement transmise aux deux frères, même si le fondateur reste très impliqué dans la conduite des activités. Quelques années plus tard, en 1984, Éric Monnot intègre à son tour l’entreprise comme chargé d’affaires, sans se destiner initialement à en prendre les rênes. « Je ne me destinais pas à cette carrière, je voulais être moniteur de ski… mais je ne regrette rien ».
Le début des années 1990 marque un tournant décisif. Confrontée à des difficultés économiques liées à un manque d’investissement, l’entreprise doit se réorganiser en profondeur. En 1992, Éric Monnot devient actionnaire majoritaire et engage une transformation structurelle. Il impulse une nouvelle dynamique en restructurant les activités autour de trois pôles : la réparation, la mécanique industrielle et la conception de machines spéciales, notamment pour la tonnellerie.
Cette stratégie porte ses fruits dès le milieu des années 1990, permettant à l’entreprise de renouer avec la croissance. L’innovation devient alors un moteur essentiel de développement, en particulier dans le domaine des machines de tonnellerie, qui s’imposera progressivement comme un secteur phare.
L’entreprise traverse toutefois de nouvelles turbulences en 2008, dans un contexte de désindustrialisation marqué en France. Malgré ces difficultés, le groupe parvient à se redresser en s’appuyant sur ses savoir-faire et sur l’évolution des besoins industriels.
Dans les années 2020, le groupe Monnot poursuit sa structuration avec la création de plusieurs filiales, afin de renforcer la lisibilité de ses activités et d’accompagner son développement. Cette organisation permet d’allier agilité, spécialisation et capacité d’innovation.
Aujourd’hui, fort de plus de 90 ans d’histoire, le groupe s’inscrit dans une logique de transmission et de continuité, en s’appuyant sur un héritage familial solide tout en intégrant de nouvelles dynamiques industrielles.
Les trois filiales du groupe Monnot en bref
Monnot PROD : spécialisée dans l’usinage et la production de pièces mécaniques, cette filiale met à profit un savoir-faire industriel historique pour accompagner les projets techniques, de la pièce unitaire aux séries plus complexes.
Monnot LMT : dédiée à la conception de machines pour la tonnellerie, elle s’impose comme un acteur de référence, avec une forte dimension d’innovation et un rayonnement international.
Monnot TECH (TIM) : orientée vers l’ingénierie, la maintenance et l’optimisation des process industriels, elle intervient en appui des industriels pour améliorer performance, fiabilité et sécurité des installations.
Ces trois entités complémentaires structurent l’activité du groupe autour de ses métiers clés : production, innovation et services à l’industrie.
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