CHAGNY

Chagny - Lulu reprend du service : une ouvrière des années 1930 guide les visiteurs dans les rues de la ville

Chagny - Lulu reprend du service : une ouvrière des années 1930 guide les visiteurs dans les rues de la ville
Chagny - Lulu reprend du service : une ouvrière des années 1930 guide les visiteurs dans les rues de la ville
Chagny - Lulu reprend du service : une ouvrière des années 1930 guide les visiteurs dans les rues de la ville
Chagny - Lulu reprend du service : une ouvrière des années 1930 guide les visiteurs dans les rues de la ville

À partir du 19 juin et jusqu’au 18 septembre, l’Office de Tourisme Beaune en Bourgogne propose une nouvelle façon de découvrir Chagny. Aux côtés de Lucienne Germain, dite « Lulu », ouvrière fictive des Grandes Tuileries de Bourgogne dans les années 1930, les visiteurs sont invités à parcourir les rues de la commune au fil d’anecdotes savoureuses, de chansons populaires et d’histoires locales. Une promenade contée qui donne chair au patrimoine et renouvelle une visite guidée proposée depuis plus de treize ans.

Sous un soleil écrasant et une température flirtant avec les 37 degrés, Lulu n’a pas bronché. Ce jeudi après-midi, au cœur de Chagny, la répétition générale de la nouvelle promenade contée organisée par l’Office de Tourisme Beaune en Bourgogne avait des allures d’épreuve grandeur nature. Pourtant, malgré la chaleur accablante, la comédienne Marie-Laure Ferrier est restée fidèle à son personnage jusqu’au bout. Blouse-tablier bleu gris, chemisier blanc, fichu noué sur la tête et chaussures robustes : Lulu arbore la tenue typique d’une ouvrière de la Tuilerie des années 1930, symbole du quotidien laborieux des femmes de l’usine.


Mais ce qui frappe avant tout, c’est sa gouaille. Une gouaille chaleureuse, populaire, volontiers moqueuse, qui fait immédiatement sourire les participants du jour venus essentiellement des bureaux de l’Office de Tourisme de Beaune et de Chagny pour cette ultime répétition avant la première visite officielle programmée ce vendredi matin à 10 heures. Initialement prévue l’après-midi, elle a finalement été avancée en raison des fortes chaleurs annoncées.
« C'est de la tuile de Chagny, ça ! Ça dure au moins 150 ans une fois posé ! J'sais d'quoi j'parle, c'est moi qui les fabrique ! » Dès les premiers mots, le ton est donné.
 
Une visite repensée pour faire parler l’histoire
Cette nouveauté marque une évolution importante dans la manière de faire découvrir Chagny. Depuis treize ans, la commune bénéficiait d’une visite patrimoniale classique conduite par Marie-Laure, guide-conférencière. Mais l’Office de Tourisme souhaitait renouveler l’expérience. L’idée est née à Savigny-lès-Beaune, où le format de promenade contée a été créé à travers un personnage incarné, Eulalie, ancienne lavandière au tempérament bien trempé. « Nous avions envie de repenser la façon de présenter le parcours et de rendre la découverte plus vivante », explique l’équipe de l’Office de Tourisme.
Le projet a trouvé une évidence en la personne de Marie-Laure Ferrier. Sa voix est déjà familière à de nombreux visiteurs puisqu’elle prête ses intonations à la « Balade à Chagny » de l’application « Balades en Bourgogne ». La rencontre entre ces deux univers a donné naissance à Lulu.
 
Lulu, mémoire vivante des Grandes Tuileries
Lucienne Germain, dite Lulu, est née en 1890. Son histoire est fictive, mais tout ce qu’elle raconte est solidement ancré dans la mémoire collective chagnotine. Fille de paysans, elle raconte avoir quitté la ferme pour rejoindre les Grandes Tuileries de Bourgogne, - véritable moteur économique de la ville durant plusieurs générations -, pour subvenir aux besoins de ses trois enfants alors que son mari est parti à la guerre. Elle évoque les journées de travail, le bruit des presses, la poussière, les gestes répétés des ouvriers et les solidarités qui naissaient dans les ateliers. « Pas beaucoup de femmes travaillaient là-bas, mais on se serrait les coudes », raconte-t-elle avec malice. À travers elle, c’est toute une époque qui ressurgit.
 
Chagny, un patrimoine que l’on ne soupçonne pas
Au fil des rues, Lulu révèle un visage souvent méconnu de Chagny. « Les gens ne soupçonnent pas la richesse du patrimoine ici », explique Marie-Laure Ferrier. Et la promenade en apporte rapidement la démonstration. En deux heures, les visiteurs traversent plusieurs siècles d’histoire. Ils découvrent d’abord l’ancienne place d’Armes, cœur battant de la commune où passe le carnaval de la Mi-Carême. « Nous ne sommes pas à Nice ! Mais on avait quand même nos reines », lance Lulu avec humour. Elle évoque alors les commerces disparus, les habitants d’autrefois, les familles connues de tous et les anecdotes qui donnent vie aux façades.
 
Le théâtre né d’un amour devenu légende
Parmi les temps forts du parcours figure le magnifique théâtre à l’italienne du XIXe siècle.
Rouge et or, il conserve tout le charme des grandes salles de spectacle de son époque. Lulu y raconte l’histoire de Charles Carré, notaire de la ville, qui fit construire cet écrin pour son épouse cantatrice. Une histoire romantique qui tournera pourtant court lorsque cette dernière le quittera, précipitant sa ruine financière avant que le bâtiment ne soit finalement cédé à la ville. La visite évoque également le passage de Jacques Copeau et de sa célèbre troupe du Vieux-Colombier, installée non loin de là avec les Copiaus. Autrefois, le théâtre accueillait spectacles, cinéma, combats de boxe et même des luttes féminines. « Il y avait de la vie ici ! » s’exclame Lulu.
 
Le trésor caché de l’Hôtel-Dieu
La promenade conduit ensuite les visiteurs vers l’un des joyaux les plus méconnus de Chagny : l’ancienne apothicairerie de l’Hôtel-Dieu. Fondé au début du XVIIIe siècle par le baron Charles de Laboutière, Baron de Chagny, Conseiller du Roi Louis XIV, l’établissement conserve encore son remarquable mobilier et ses pots de pharmacie. Lulu s’attarde notamment sur l’histoire du célèbre « vinaigre des quatre voleurs ». Selon la légende, quatre pilleurs auraient réussi à traverser une épidémie sans tomber malades grâce à une préparation à base de plantes aromatiques. Une anecdote qui amuse toujours autant les visiteurs.
 
Une ville au carrefour des échanges
Au détour d’une rue, Lulu rappelle aussi pourquoi Chagny fut longtemps considérée comme un carrefour stratégique. « Chagny, c’était le centre du monde ! » Routes, voie ferrée, trafic fluvial, gare de triage : la commune constituait un point de passage majeur pour les marchandises et les voyageurs.
L’occasion d’évoquer l’ancien Hôtel du Commerce, devenu aujourd’hui une composante de l’histoire de la famille Lameloise, mais aussi les spécialités gastronomiques locales, du jambon persillé au fameux « judru », sans oublier les célèbres Corniotes.
 
Chants, anecdotes et personnages hauts en couleur
Loin d’un cours magistral, la promenade privilégie les émotions et les surprises. Lulu chante, interpelle les visiteurs, plaisante et multiplie les anecdotes. Elle raconte Madame Andrée et ses cinq filles, évoque les anciens Hôtels de la Poste et leurs diligences, les écoles installées sous les arcades de l’actuelle mairie, les histoires de voisinage ou encore la reproduction de la grotte de Lourdes dans l’église romane, ancienne chapelle du château.
Autant de récits qui donnent le sentiment de rencontrer une véritable habitante du Chagny des années 1930.
 
Une découverte en petits groupes
Afin de préserver la convivialité des échanges, chaque promenade est limitée à vingt participants. Les visites seront proposées tous les vendredis du 19 juin au 18 septembre, de 14 h à 16 h. En cas de fortes chaleurs, comme ce sera le cas dès la première édition, les horaires pourront être décalés en matinée.
La balade s’achève autour d’une dégustation conviviale de nectar de cassis et d’Anis de Flavigny. Une dernière étape gourmande avant de quitter Lulu.
Et lorsque la guide d’un autre temps salue son public, on a presque l’impression qu’elle retourne réellement à sa presse à tuiles. Comme si, pendant deux heures, Chagny avait réussi à faire revivre une partie de son âme.

Jeannette Monarchi

Informations pratiques
Promenade contée de Chagny en compagnie de Lulu
Départ : Place d’Armes à Chagny
Tous les vendredis du 19 juin au 18 septembre
De 14 h à 16 h (horaires susceptibles d’être adaptés en cas de canicule)
Groupe limité à 20 personnes
Tarifs :
Adulte : 15 €
Jeunes de 12 à 18 ans : 10 €
Tarif PSH : 10 €
Accompagnant PSH : 10 €
Gratuit pour les moins de 12 ans
Renseignements et réservations : 03 85 87 25 95 – Site internet de l'Office de Tourisme Beaune en Bourgogne