CÔTE D'OR

Nuits-Saint-Georges - Le Rassemblement national prépare les sénatoriales et la présidentielle de 2027

Nuits-Saint-Georges - Le Rassemblement national prépare les sénatoriales et la présidentielle de 2027
De gauche à droite : Tatiana Guyenot (tête de liste RN aux sénatoriales de septembre 2026), René Lioret (député RN de la 5 e circonscription de Côte-d’Or et responsable de la Fédération de Côte-d'Or du RN), Sébastien Chenu (vice-président de l’Assemblée nationale et député RN du Nord) et Thierry Coudert (conseiller municipal à Dijon, UDR) @ Fédération de Côte-d'Or du RN)

Près de 200 adhérents réunis autour de Sébastien Chenu pour dresser le bilan des municipales, lancer la campagne des sénatoriales en Côte-d’Or et préparer l’échéance présidentielle. Le député René Lioret affiche sa confiance dans la progression du mouvement, tant au niveau national que local.

Vendredi dernier à Nuits-Saint-Georges, la fédération de Côte-d’Or du Rassemblement national organisait l'une de ses réunions publiques destinées aux adhérents. Animée par Sébastien Chenu, vice-président du mouvement, la rencontre a rassemblé près de 200 militants venus échanger autour des grandes échéances politiques à venir. Aux côtés de Sébastien Chenu, René Lioret, député RN de la 5e circonscription de Côte-d’Or et responsable départemental du parti, a structuré les débats autour de trois thèmes : le bilan des élections municipales, la présentation de la liste RN aux sénatoriales de septembre et la préparation de la campagne présidentielle de 2027.
 
Un bilan des municipales jugé très positif
Pour René Lioret, les élections municipales du printemps marquent une étape importante dans l'implantation territoriale du Rassemblement national. « C’est une grande victoire puisque nous sommes passés de 22 villes dirigées par le Rassemblement national à 74 villes gouvernées par des maires RN ou de nos alliés de l'UDR », a-t-il souligné. Selon lui, ces collectivités représentent désormais près de 1,5 million de Français administrés par des exécutifs proches du mouvement. « Cela va de grandes villes comme Nice ou Perpignan jusqu'à de petites communes. Cela constitue un échantillon très large pour démontrer notre capacité à gérer des collectivités. »
Le député met également en avant les résultats obtenus en Côte-d'Or, même si le parti n'a pas conquis de grandes municipalités. « À Dijon comme à Beaune, les résultats sont plus mesurés, mais nous pouvons être satisfaits. Nous revenons au conseil municipal de Dijon où nous étions absents depuis 2020 et nous faisons notre entrée au conseil municipal de Beaune où nous n'avions plus de représentants depuis plus de trente ans. » À Beaune, le RN dispose désormais de deux élus municipaux.


 Les sénatoriales dans le viseur
Autre temps fort de la réunion : la présentation de la liste RN pour les élections sénatoriales du 27 septembre prochain. La tête de liste, Tatiana Guyennot, était présente aux côtés de René Lioret et de Sébastien Chenu. Candidate aux législatives en 2024 dans la deuxième circonscription de Côte-d’Or, elle avait été battue au second tour par Catherine Hervieu (Les Ecologistes). Elle sera accompagnée d'Antoine de Loisy, agriculteur, en deuxième position, et de Mélanie Fortier, conseillère régionale, en troisième position. Les suppléants seront Matthieu Tiller, conseiller municipal de Beaune, et Marie-Claude Mille, ancienne élue LR ayant rejoint l'UDR.


Pour René Lioret, l'objectif est clair : « Notre objectif est d'obtenir un véritable groupe au Sénat, soit au moins dix sénateurs. Aujourd'hui nous n'en avons que deux. C'est un objectif atteignable au regard des résultats obtenus dans de nombreux départements du Nord et du Sud ».
En Côte-d'Or, l'élu reconnaît que la bataille s'annonce plus difficile mais estime que le contexte politique pourrait favoriser son mouvement. « La situation a changé par rapport à 2020. Plusieurs incertitudes pèsent sur les candidatures de nos concurrents, aussi bien à droite qu'à gauche. Nous pensons pouvoir convaincre certains maires et grands électeurs déçus par les formations traditionnelles, qui pourraient choisir de porter leur vote sur notre liste par insatisfaction. » Le député cite notamment les problématiques de sécurité rencontrées dans certaines communes. « Certains élus de gauche s'aperçoivent que tout n'est pas rose. Les questions d'incivilités ou de sécurité deviennent des préoccupations majeures et ce sont des thèmes que nous portons depuis longtemps. »


Une présidentielle déjà dans toutes les têtes
À moins d'un an de l'élection présidentielle, le RN prépare déjà le terrain. L'incertitude demeure toutefois autour de la candidature de Marine Le Pen. « Nous attendons la date du 7 juillet pour savoir si Marine Le Pen pourra être candidate. Si ce n'était pas le cas, Jordan Bardella serait un excellent candidat. Nous avons deux très bons candidats et nous sommes prêts. » René Lioret annonce ainsi le lancement d'une phase de pré-campagne dès cet été. « Dès le 8 juillet, nous commencerons une pré-campagne durant tout l'été et à la rentrée, avant le lancement officiel de la campagne lors du congrès d'Orléans des 24 et 25 octobre. »
Le député estime que son parti dispose d'une longueur d'avance. « Aujourd'hui, très peu de candidats sont officiellement déclarés. À part Jean-Luc Mélenchon, les choses restent floues à gauche, à droite comme au centre. Chez nous, la situation est beaucoup plus simple. »
 
Sébastien Chenu attaque le gouvernement
Prenant la parole devant les militants, Sébastien Chenu a appelé à la prudence face aux évolutions rapides de la vie politique. « À un an d'une présidentielle, beaucoup de choses peuvent encore se passer dans tous les partis. » Le vice-président du RN a toutefois indiqué prendre très au sérieux l'hypothèse d'une candidature de Jean-Luc Mélenchon. « C'est une candidature dangereuse. J'aimerais que nous ayons face à nous quelqu'un davantage attaché aux valeurs républicaines. Jean-Luc Mélenchon alimente chaque jour les tensions dans notre pays. »
Profitant du contexte de forte chaleur qui touche actuellement la France, Sébastien Chenu a également critiqué l'action du gouvernement. « Plus de 200 adhérents se sont déplacés malgré 36 ou 37 degrés. Pendant ce temps, rien n'est fait à grande échelle pour les écoles, les hôpitaux ou les EHPAD. Nous avons besoin d'un véritable plan de climatisation face aux épisodes de canicule. » Il a notamment défendu les propositions portées par Marine Le Pen en matière d'équipements et d'adaptation des bâtiments publics. Enfin, le dirigeant RN a dressé un constat sévère du quinquennat d'Emmanuel Macron. Selon Sébastien Chenu, le président de la République consacre désormais une part importante de ses interventions aux enjeux internationaux et géopolitiques, au détriment des difficultés rencontrées par les citoyens dans leur vie de tous les jours. Il y voit le signe d’un pouvoir en fin de cycle, davantage tourné vers les crises extérieures que vers les attentes exprimées sur le terrain. « Nous sommes dans une fin de règne. Le président parle de plus en plus des Français à l'étranger et de moins en moins aux Français. »
À travers cette réunion de Nuits-Saint-Georges, la fédération départementale du Rassemblement national entend démontrer sa volonté de renforcer son ancrage local tout en se mettant déjà en ordre de bataille pour les deux prochaines grandes échéances électorales : les sénatoriales de septembre et la présidentielle de 2027.

Jeannette Monarchi

Photos @ Fédération de Côte-d'Or du RN