BEAUNE

Beaune – La Ville se dote d’un Conseil local de sécurité et renforce les missions de sa police municipale

Beaune – La Ville se dote d’un Conseil local de sécurité et renforce les missions de sa police municipale

Réuni jeudi soir, le conseil municipal de Beaune a adopté deux dossiers majeurs en matière de sécurité : la création d’un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) et le renouvellement de la convention de coordination entre la police municipale et la police nationale. Deux mesures qui traduisent, selon la majorité municipale, une volonté de mieux coordonner les acteurs de la sécurité et de renforcer la présence de terrain.

La sécurité a occupé une place importante lors du conseil municipal de jeudi soir à Beaune.

Un Conseil local de sécurité pour coordonner les acteurs

Premier dossier examiné : la création d'un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), une instance réunissant élus, services de l'État, justice, forces de l'ordre, associations et partenaires institutionnels. Pour le maire Pierre Bolze, cette création s'inscrit pleinement dans les engagements de la majorité lors de la campagne municipale. « C'est une nouvelle traduction de notre projet politique. Nous avons la volonté de parler de sécurité, de travailler en partenariat et d'améliorer la sécurité de toutes les Beaunoises et les Beaunois », a-t-il déclaré.
Prévu par le Code de la sécurité intérieure, le CLSPD constitue l'instance de référence pour coordonner les actions de prévention de la délinquance et de tranquillité publique. Il favorise les échanges d'informations entre les différents acteurs et permet de définir des priorités communes.

Trois axes de travail prioritaires
Présentant le dossier, Geoffroy Brunel, adjoint en charge de la sécurité, a rappelé qu'il s'agissait également d'un engagement pris lors de la campagne municipale. « C'est une instance qui n'existait plus. C'est un vrai choix stratégique et une réelle démarche de coordination et de partenariat avec l'ensemble des acteurs », a-t-il expliqué.
L'élu a précisé que le futur conseil serait structuré autour de trois cellules de veille :
la précarité et les addictions ; la prévention et la primo-délinquance, notamment auprès des collégiens et lycéens ; les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes. « L'idée est d'être dans le partage et dans l'opérationnel avec des réunions de coordination fréquentes », a-t-il indiqué.
La première réunion d'installation du CLSPD est prévue ce mercredi 2 juillet à 14 h en présence notamment de la préfète de Côte-d'Or et du procureur de la République.
Cette nouvelle instance permettra également aux différents partenaires de mieux se connaître et de travailler ensemble. « C'est une instance essentielle qui va permettre aux acteurs d'échanger, de construire une culture commune et de renforcer notre mobilisation collective autour de la sécurité et de la tranquillité publique », a souligné le maire.


Une mesure saluée par l'opposition
Au sein de l'opposition, Marie-Laure Rakic s'est félicitée de voir figurer dans les priorités les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes. L'élue a rappelé que cette demande avait été formulée lors de l'examen du dossier en commission municipale.

Une convention renouvelée avec la police nationale

Dans le prolongement de cette création, les élus ont également approuvé le renouvellement pour trois ans de la convention de coordination entre la police municipale et les forces de sécurité de l'État.
Ce document fixe les modalités de coopération entre la police municipale et la police nationale afin d'assurer une meilleure complémentarité de leurs interventions. Le texte prévoit notamment des échanges d'informations renforcés, des réunions régulières de coordination et des actions conjointes dans plusieurs domaines : sécurisation des écoles, prévention de la délinquance des mineurs, sécurité routière, surveillance des quartiers ou encore lutte contre la délinquance de voie publique.
 
Une police municipale appelée à monter en puissance
À travers cette convention, la municipalité affiche également son ambition de renforcer progressivement les moyens de la police municipale. « Nous allons monter en compétence et en équipement », a affirmé Geoffroy Brunel.
L'adjoint a détaillé plusieurs évolutions à venir : la création de trois postes supplémentaires, dont un chef de service, une montée en compétence des agents, davantage de formations et un élargissement des horaires de présence. « Nous souhaitons mettre en place un binôme à la tête du service avec un chef davantage tourné vers l'encadrement et l'administratif, tandis qu'un responsable opérationnel continuera d'assurer le pilotage de terrain. Il existe des marges de progression évidentes », a-t-il expliqué.
Un audit du fonctionnement de la police municipale a également été lancé afin d'identifier les améliorations possibles. La municipalité souhaite notamment renforcer la présence des agents en soirée ainsi que certains week-ends.
 
De nouveaux équipements de défense
Le maire Pierre Bolze a également annoncé que les policiers municipaux seraient prochainement dotés de nouveaux équipements de défense non létaux. « Il s'agit notamment de bâtons de défense et de bombes lacrymogènes », a précisé le maire.
La convention rappelle toutefois que les policiers municipaux ne peuvent pas être chargés de missions de maintien de l'ordre, compétence qui relève exclusivement des forces de l'État.
 
Le débat sur les violences intrafamiliales
Le renouvellement de la convention a donné lieu à un échange avec l'opposition.
Carole Bernhard, élue du groupe Beaune Demain, a regretté l'absence de référence explicite aux violences conjugales, sexuelles et intrafamiliales dans les priorités mentionnées dans le document. « Nous savons que la situation des femmes et des enfants victimes de violences s'est aggravée. L'endroit où une femme est le moins en sécurité est souvent son foyer. Nous plaidons pour que cette priorité figure dans la convention », a-t-elle déclaré.
Marie-Laure Rakic, élue d'opposition pour "Beaune Ensemble" a également proposé d'ajouter la détection des violences sexuelles, psychologiques et physiques dans le texte. « Un enfant sur cinq est aujourd'hui victime de violences sexuelles, psychologiques ou physiques. Pourquoi ne pas le faire apparaître ? C'est de l'entetement ! », a-t-elle interrogé.
Pierre Bolze a toutefois rappelé que cette convention restait avant tout un document technique encadrant les relations entre la police municipale et la police nationale. « J'entends cette préoccupation et je la partage, mais cette question ne relève pas directement de cette convention », a répondu le maire.
Geoffroy Brunel a lui aussi insisté sur la distinction entre le contenu technique du document et les actions qui pourront être conduites dans le cadre du futur CLSPD. « Nous sommes évidemment sensibles à ces questions, mais il ne faut pas confondre un document technique avec un projet d'action », a-t-il expliqué.
Au terme des débats, la convention de coordination entre la police municipale et la police nationale a été adoptée à l'unanimité.

Jeannette Monarchi