BEAUNE

Beaune - De la campagne aux premières réalisations : les 100 jours de Pierre Bolze à l’Hôtel de Ville

Beaune - De la campagne aux premières réalisations : les 100 jours de Pierre Bolze à l’Hôtel de Ville

Cent jours après son installation à la tête de la Ville de Beaune le 22 mars, Pierre Bolze estime avoir posé les premières bases du mandat qu'il entend conduire jusqu'en 2032.

Installé à l'Hôtel de Ville après avoir remporté l'élection municipale dès le premier tour avec 50,6 % des suffrages, le nouveau maire revendique déjà plusieurs réalisations concrètes mais insiste surtout sur un changement de gouvernance. Sécurité, logement, finances, proximité avec les habitants, adaptation au changement climatique : il revient sur ses premières décisions et les grands défis qui attendent Beaune.
 
Cent jours après votre élection, quel regard portez-vous sur ces premiers mois à la tête de la Ville ?
C'est passionnant, on n'a pas chômé. Nous nous sommes mis immédiatement au travail avec l'équipe municipale. Nous avions construit un programme très détaillé pendant la campagne électorale et nous avons souhaité engager rapidement sa mise en œuvre avec la volonté de faire de ce mandat, le prolongement de ce que l'on a connu dans la période de campagne électorale, c'est-à-dire de la proximité, de l'écoute, de l'action.
Mais ce qui me paraît le plus important aujourd'hui, c'est le changement de méthode. Nous avons profondément modifié notre manière de travailler. Désormais, un bureau municipal réunit chaque semaine les adjoints et les conseillers délégués. Chacun peut faire remonter des problématiques, partager ses idées et participer aux décisions.
L'objectif est simple : associer davantage les élus, fluidifier les prises de décision et créer une dynamique collective. Je constate aujourd'hui que l'ensemble de l'équipe est pleinement impliqué et motivé. 
 
Vous insistez beaucoup sur la proximité. Pourquoi ?
Parce que c'est le cœur de notre projet. Pendant la campagne, nous avons passé des mois à écouter les habitants. Nous avons organisé des ateliers, des réunions publiques, des rencontres de terrain. Ce travail d'écoute ne s'arrête pas une fois l'élection passée.
C'est pour cela que nous avons lancé les permanences de quartier dès le début du mandat. L'idée est d'aller au plus près des habitants, d'entendre leurs préoccupations quotidiennes et de pouvoir y répondre rapidement. Nous devons nous occuper du quotidien. Mon ADN politique, c'est de faciliter la vie des habitants. Alors, on est bien sûr dans une ville qui est absolument magnifique, qu'on fait rayonner, qu'on va continuer à faire rayonner sur des grands projets, sur de la destination touristique, sur la valorisation de la carte de « Beaune capitale des vins », sur l'implication des habitants aussi dans cette destination. On est en train de travailler dessus avec cette carte « Beaune Ambassadeur », qui permettrait à chaque habitant de pouvoir avoir une entrée permanente moyennant un tarif symbolique dans l'ensemble des musées de la ville.
 
Quelles sont les principales réalisations de ces cent premiers jours ?
Nous avons déjà engagé plusieurs actions importantes. La gratuité du parking République a été mise en place. Les permanences de quartier ont été lancées. Nous avons engagé le renforcement de la police municipale et créé le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Nous avons également lancé le plan de lutte contre le moustique tigre et développé la programmation estivale « Beaune s'anime » et nous avons voté la mise en place de la mutuelle communale.
Parallèlement, nous avons dû gérer plusieurs situations de crise. Dès le lendemain de l'élection, nous avons été confrontés à la fermeture annoncée d'une classe à l'école des Blanches-Fleurs. Grâce à une mobilisation collective associant élus, enseignants, parents d'élèves et Éducation nationale, nous avons obtenu son maintien.
Nous avons également dû gérer la situation des 24 Heures de Beaune ainsi que les premiers épisodes de canicule.
 
Avez-vous découvert des dossiers plus compliqués que prévu ?
Forcément. Quand on arrive aux responsabilités, on découvre toujours des situations plus complexes qu'elles ne paraissent de l'extérieur. Mais une fois de plus, j'ai une méthode, un pied devant l'autre et on avance. Donc, les dossiers un peu plus difficiles, la poussière qui pouvait être un peu sous le tapis... je ne souhaite pas passer mon temps à commenter le passé. Ce qui m'intéresse, c'est de faire avancer les dossiers.
Prenons l'exemple des Halles de Beaune. Les travaux de toiture se poursuivent mais nous avons souhaité revoir certains éléments afin de privilégier des solutions durables. Lorsque l'on investit pour plusieurs décennies, il faut penser sur le long terme.
Je crois surtout que notre regard diffère sur certains projets. Nous avons notre propre philosophie de l'action publique.
 
Comment s'organise aujourd'hui le travail entre le maire, les adjoints et les conseillers municipaux ?
J'ai confié des délégations à plusieurs élus, adjoints comme conseillers municipaux, sur des thématiques précises de l'action municipale. Je souhaite leur laisser une réelle autonomie, tout en conservant un fonctionnement collectif sur les décisions importantes. Chacun peut être force de proposition, faire remonter des difficultés ou présenter de nouvelles idées.
Le bureau municipal est au cœur de cette organisation. Il réunit régulièrement les élus afin d'échanger, de partager les réflexions et de prendre les décisions ensemble. Je tiens également à associer les élus qui n'ont pas de délégation à travers des réunions de majorité avant chaque conseil municipal. L'objectif est que chacun participe pleinement à la vie municipale. Le même fonctionnement a été mis en place à la Communauté d'agglomération.
 
Émilie Liautet, élue de la liste d'Alain Suguenot, vous a rejoint. Comment interprétez-vous ce rapprochement ?
Depuis le début, mon message est simple : toutes celles et tous ceux qui souhaitent agir sincèrement pour Beaune sont les bienvenus. Je suis heureux de voir que beaucoup sont mus par la même volonté, c’est-à-dire que nous ne sommes pas dans un combat de personne, cela n’intéresse personne. On est dans une position qui est positive, constructive, et je suis heureux de voir que des élus se retrouvent dans ce message-là, donc je le redis : la porte est bien sûr ouverte à toutes celles et tous ceux qui ont envie de s’investir pour Beaune.
 
La sécurité était l'un des thèmes majeurs de votre campagne. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Les grands chantiers structurants du mandat, on les a évoqués pendant la campagne, ça va être la sécurité, la qualité de vie, le logement, la formation, les mobilités, ce sont les grands chantiers que nous réaliserons.
Sur la sécurité, il s’agit d’un « changement de culture » déjà engagé : la police municipale voit ses missions élargies grâce à la formation et à l’accompagnement des agents, jusque-là mobilisés partiellement au regard de leurs compétences légales. La municipalité mise aussi sur un renforcement de la vidéoprotection, avec un véritable CSU (centre de supervision urbain), ainsi que sur de nouveaux outils comme le CLSPD et le conseil des droits et des devoirs des familles qui participent également de cette stratégie globale.
 
Le logement apparaît également comme un enjeu central. Pourquoi ?
Parce qu'il conditionne une grande partie de l'avenir de Beaune. Aujourd'hui, de nombreux salariés, jeunes actifs ou familles rencontrent des difficultés pour se loger sur la commune. Certaines entreprises peinent même à recruter parce que leurs futurs collaborateurs ne trouvent pas de logement.
Nous travaillons donc à la fois sur la construction et sur la rénovation. J'ai demandé que certains projets soient redimensionnés afin de favoriser davantage de logements accessibles à la classe moyenne. Nous avons besoin de davantage de T2 et de T3 à des prix raisonnables.
Beaune doit rester une ville où l'on peut vivre, travailler et fonder une famille.
Le projet inclut aussi une réflexion globale sur les services à la population (crèches, cantines), travaillée à l’échelle de la ville et de l’agglomération. Le service à la population et l'accompagnement des communes sont les deux jambes sur lesquelles on va travailler notre projet de mandat avec l’agglomération. On va tenir notre premier Conseil des maires début juillet sur ces deux axes principaux.
 
Dans quel état avez-vous trouvé les finances de la Ville ?
On a eu l'occasion de l'évoquer au conseil municipal. Nous sommes en train de finaliser les CFU, - les comptes financiers unis -, des collectivités où on a des excédents budgétaires. Mais une fois de plus, dans le lien de confiance, qui pour moi est important, c'est dire ce que l'on fait et faire ce qu'on dit. Moi, je veux retrouver aussi la confiance budgétaire, c'est justement ne pas promettre la lune dans les budgets et s'apercevoir l'année d'après qu'on ne l'a pas fait. Je veux avoir cette transparence, cette confiance. Alors, ça va mettre quelques mois pour aligner les nouveaux process qu'on met en œuvre. Mais budgétairement, c'est cela aussi. C'est d'avoir des bons taux d'exécution. C'est bien de promettre 18 millions d'investissements, mais quand on en réalise un peu plus de 50 %, je me pose des questions. Et je pense qu'on peut fonctionner un peu différemment. Donc être plus sincère, plus dans la programmation pluriannuelle, et respecter ses engagements.
Notre objectif est également de renouer le dialogue avec l'ensemble de nos partenaires et d'aller chercher davantage de financements extérieurs auprès de l'État, de la Région, du Département ou de partenaires privés.
 
Les contribuables doivent-ils s'attendre à une hausse des impôts ?
Non. Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts. C'était un engagement de campagne et nous l'avons respecté dès le premier conseil municipal. Concernant les tarifs municipaux, les éventuelles évolutions resteront limitées.
 
Les épisodes de canicule se multiplient. Comment la Ville s'adapte-t-elle ?
La question climatique est devenue incontournable. J'ai demandé un diagnostic complet de notre patrimoine communal afin d'identifier les bâtiments les plus vulnérables.
Nous avons un retard d'investissement important sur certains équipements. Les écoles constituent une priorité. Certaines sont de véritables passoires thermiques : froides en hiver et très difficiles à supporter en été. Nous allons donc engager une programmation pluriannuelle de rénovation afin d'améliorer le confort des usagers tout en réduisant les consommations énergétiques.


Votre liste a remporté 50,6 % des voix dès le premier tour. Quel message adressez-vous aujourd’hui aux électeurs qui n’ont pas voté pour vous ?
Le message reste le même que pendant la campagne : un message de sincérité. Avec toute l'équipe municipale, nous voulons agir sincèrement et efficacement pour Beaune. Lors de cette élection, cinq listes étaient en présence et chacun avait sa vision. Aujourd'hui, je ne suis pas dans un conflit de personnes. Toutes les sensibilités ont leur place dans le débat dès lors qu'elles participent de manière constructive à l'avenir de la ville.
J'attends des élus d'opposition qu'ils contribuent au débat et aux projets plutôt qu'à une opposition systématique. Les Beaunois attendent avant tout des résultats concrets et des réponses à leurs préoccupations quotidiennes.
 
Que souhaitez-vous démontrer au cours de ce mandat ?
Que nous tenons nos engagements ! Pour moi, renouer la confiance entre les habitants et les élus passe d'abord par le respect de la parole donnée : dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit. J'espère que, dans quelques mois, les habitants pourront constater que l'action municipale va dans le bon sens, que les engagements sont respectés et que Beaune reste une ville agréable à vivre. Notre ambition est d'agir à la fois sur les grands enjeux d'attractivité, de logement ou d'économie, mais aussi sur les petites difficultés du quotidien qui comptent beaucoup pour les habitants.
 
Qu'avez-vous découvert sur le métier de maire ?
J'avais conscience de la responsabilité que représente cette fonction mais j'en mesure encore davantage l'exigence aujourd'hui. Les sollicitations sont permanentes. Il faut prendre des décisions en continu, arbitrer, répondre aux urgences tout en gardant une vision de long terme. Très vite, j'ai compris qu'il était indispensable de structurer le travail collectif pour éviter de subir les événements.
 
Quel a été votre meilleur souvenir de ces cent premiers jours ? Le moment le plus difficile ?
Le plus difficile : il n'y en a pas ! Parce qu'une fois de plus, on le sait, quand on s'investit dans la chose publique, il y a forcément des périodes plus exigeantes que d’autres. Je pense notamment à la crise des 24 Heures. Ce sont des moments où l’on se retrousse les manches et où l’on agit avec les élus et les services. Bien sûr, je n’aimerais pas que cela se reproduise, mais nous avons géré cette situation dans de bonnes conditions et permis à la course de se terminer dans une ambiance extraordinaire.
Et les meilleurs souvenirs ? Moi, j’aime faire. Les meilleurs moments, ce sont donc ceux où je vois les réalisations se concrétiser. Quand nous allons présenter la mutuelle communale au conseil municipal, quand les enfants de la Lanterne Magique me disent : "Il fait bon, c’est génial", pendant cette période de fortes chaleurs, ou encore lorsque des directeurs et directrices d’école me remercient parce que cela leur apporte un temps de répit dans la journée. Là, on se sent utile.
Je pense aussi à la sécurité, lorsque nous avons obtenu le soutien de l’État avec la création du CLSPD. Et puis il y a ce moment où vous défendez le maintien d’une classe et où l’on vous annonce finalement que la fermeture est abandonnée. Ce sont de vrais bons moments parce qu’on se sent utile, pour la bonne cause, et parce qu’il y a derrière cela des enfants et des habitants.
 
Si vous deviez résumer ces cent premiers jours en trois mots ?
Passionnant, parce que la fonction permet d’aborder une multitude de sujets : les aînés, l’aide sociale, la vie des quartiers, les grands chantiers, l’agglomération ou encore la mise en œuvre du projet politique. Tout est passionnant.
Responsabilité. On ressent très vite le poids des décisions et la conscience de leur impact. Le soir même de l’élection, la satisfaction de la victoire laisse déjà place à la responsabilité de l’action publique et aux attentes des habitants.
Enfin, la proximité. Je ne conçois l’action municipale qu’au plus près du terrain, de manière pragmatique. C’était déjà le fil conducteur de notre campagne : faciliter la vie des gens et améliorer leur quotidien. C’est ce qui guide aujourd’hui notre action et on a encore un certain nombre de moyens de le faire.

Jeannette Monarchi