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Beaune - La simulation en santé : de l’option à l’évidence : rendez-vous au Palais des Congrès le 27 novembre

Par Partenariat avec le Palais des Congrès de Beaune

Publié le 13 Octobre 2026 à 07h40

Beaune - La simulation en santé : de l’option à l’évidence : rendez-vous au Palais des Congrès le 27 novembre
Simulation bloc opératoire

À l’occasion de sa 25e Journée, l'Association Bourguignonne des Acteurs de la Simulation Santé (A.B.A.S.S) réunira le 27 novembre au Palais des Congrès de Beaune des professionnels de santé venus échanger sur un outil devenu incontournable : la simulation. Formation, travail en équipe, sécurité des patients, certification des établissements… Frédéric Lepetit, président de l’ABASS, revient sur une pratique qui a profondément transformé les façons d’apprendre et de se préparer aux situations de soins.

Une révolution silencieuse dans la formation des soignants
Il y a encore une quinzaine d’années, la simulation en santé était loin d’être une évidence. Quelques établissements pionniers l’utilisaient déjà, mais la pratique restait émergente. Un tournant intervient en 2012 avec la publication par la Haute Autorité de Santé d’un guide de bonnes pratiques consacré à la simulation en santé.
Pour Frédéric Lepetit, ce document a posé les bases d’une véritable professionnalisation : « Ce guide, c’est une bible ». Organisation d’une séance, formation des formateurs, méthodes pédagogiques : la simulation commence alors à être structurée et encadrée.
Dans le même temps, les référentiels de formation des professionnels de santé intègrent progressivement la simulation. Les étudiants infirmiers sont parmi les premiers concernés, dès 2014, avant que la pratique ne s’étende aux médecins, sages-femmes, pharmaciens et à de nombreuses autres professions.
L’objectif n’est pas de remplacer les cours ou les stages. La simulation vient les compléter. Elle permet de mettre en pratique des connaissances théoriques dans des situations concrètes et de développer la capacité à réagir face à des événements qui peuvent évoluer rapidement.
« Ce n’est pas parce qu’on sort de l’école qu’on est déjà compétent », rappelle le président de l’ABASS. La compétence se construit aussi dans la capacité à mobiliser ses connaissances dans des situations différentes.

Apprendre un geste, mais surtout apprendre à travailler ensemble
La simulation ne concerne cependant pas uniquement les gestes techniques. Elle permet également de travailler ce que les professionnels appellent les compétences non techniques : communication, anticipation, prise de décision, répartition des rôles ou encore organisation collective. Un enjeu particulièrement important dans un environnement hospitalier où plusieurs professions doivent collaborer en permanence.
Pendant longtemps, les professionnels de santé ont été formés essentiellement dans leurs propres filières : médecins, infirmiers, sage-femmes, kinésithérapeutes ou pharmaciens apprenaient chacun de leur côté. Une fois dans les services, ils devaient pourtant travailler ensemble. La simulation permet de recréer ces situations collectives.
Lors d’un scénario d’urgence, par exemple, il ne suffit pas de savoir effectuer correctement un geste médical. Il faut aussi décider de qui prend les décisions, comment les informations circulent, comment les rôles sont répartis et comment chacun peut contribuer à la prise en charge.
« La simulation, c’est un super outil pour travailler cette organisation du travail et cette communication », explique Frédéric Lepetit.
Cette dimension est directement liée à la sécurité des patients. Une mauvaise transmission, une information qui ne circule pas ou une organisation défaillante peuvent contribuer à la survenue d’un événement indésirable. La simulation permet justement de travailler ces situations sans mettre un patient réel en danger.
 
Le débriefing, au cœur de la méthode
Autre particularité essentielle : une séance de simulation ne s’arrête pas lorsque le scénario prend fin. Une grande partie de l’apprentissage se joue ensuite, lors du débriefing.
Les participants reviennent sur ce qu’ils ont fait, leurs décisions, leurs échanges et leurs éventuelles difficultés. L’objectif n’est pas de juger mais de faire réfléchir. La bienveillance est ainsi au cœur de la démarche. Le formateur doit amener l’apprenant à identifier lui-même ce qu’il pourrait améliorer. Cette méthode permet de transformer une expérience vécue en véritable apprentissage. Le participant ne se contente pas d’entendre qu’il a commis une erreur : il analyse la situation et comprend lui-même ce qui aurait pu être fait autrement.
C’est aussi ce qui explique l’importance de la formation des formateurs à la simulation. Pour l’ABASS, on ne peut pas improviser une séance de simulation. La conception des scénarios, la gestion du groupe et surtout le débriefing nécessitent des compétences spécifiques du formateur.

De la formation à la sécurité des patients
Cette évolution prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec la place accordée à la simulation dans la certification des établissements de santé et la recertification des professionnels.
La simulation est désormais intégrée aux démarches de qualité et de gestion des risques dans certains secteurs de soins. Pour les établissements, l’enjeu est donc devenu très concret : comment répondre à ces nouvelles exigences et permettre aux professionnels de se former régulièrement ?
C’est précisément la question qui sera au cœur de la 25e Journée de l’ABASS, le 27 novembre prochain, au Palais des congrès de Beaune. Car si l’intérêt de la simulation fait désormais largement consensus, sa mise en œuvre soulève encore de nombreuses questions : financement, disponibilité des formateurs, organisation des centres de simulation ou encore accès à la formation pour les établissements qui ne disposent pas de structure dédiée. « Il n’y a pas assez de formateurs en simulation pour répondre à la demande », constate Frédéric Lepetit.
La journée du 27 novembre permettra donc de confronter différents points de vue et de réfléchir aux solutions possibles. Une table ronde réunira notamment des acteurs du monde hospitalier et de la simulation autour de ces obstacles et des pistes à envisager.
 
Regarder ce qui se fait ailleurs
Fidèle à son ouverture pluriprofessionnelle et internationale, l’ABASS donnera également la parole à des intervenants venus partager des expériences étrangères. Le programme prévoit notamment un regard sur l’Angleterre et le modèle du NHS, ainsi qu’une intervention consacrée au développement de la simulation au Maroc, où la pratique est aujourd’hui particulièrement structurée dans certaines facultés et établissements.
Cette ouverture fait partie de l’ADN de l’association depuis sa création en 2013. Née de l’initiative de professionnels bourguignons, l’ABASS s’est rapidement ouverte à d’autres métiers et à d’autres territoires. Aujourd’hui, médecins, infirmiers, formateurs, responsables hospitaliers et autres professionnels de santé peuvent se retrouver autour d’une même conviction : la simulation doit être pensée comme un outil collectif.

La 25e journée Abass pour regarder vers l’avenir
Cette 25e Journée aura donc une résonance particulière, elle intervient à un moment où la simulation change d’échelle. D’un outil pédagogique encore confidentiel au début des années 2010, elle est devenue un élément reconnu de la formation des professionnels et de la réflexion sur la sécurité des soins.
Les prochaines années devront désormais répondre à une question essentielle : comment permettre au plus grand nombre de professionnels de bénéficier d’une simulation de qualité ?
Pour Frédéric Lepetit, l’enjeu est finalement très concret. Une équipe qui s’entraîne apprend à mieux communiquer, à mieux s’organiser et à mieux gérer les situations complexes. Et derrière la formation des professionnels, c’est bien le patient qui reste au centre.  « Si une équipe est mieux formée, communique mieux et est mieux organisée, forcément, le patient en bénéficiera. »
C’est tout le sens de cette 25e Journée de l’ABASS, qui réunira le 27 novembre 2026 les acteurs d’une discipline désormais passée « de l’option à l’évidence ».
 
Inscription obligatoire  sur www.simulationsante.eu ou par mail à l’adresse [email protected]