BOURGOGNE
Bourgogne - Des cépages bourguignons résistants aux maladies à l’horizon 2035
Publié le 15 Octobre 2026 à 09h42
Et si, demain, les viticulteurs bourguignons pouvaient protéger leurs vignes avec moins de traitements, sans changer le caractère de leurs vins ? C’est le pari du programme CEPINNOV, lancé il y a dix ans. Fin septembre, le Comité des vins de Bourgogne a présenté une nouvelle parcelle expérimentale à Fontaines, en Saône-et-Loire. Huit variétés prometteuses y sont désormais cultivées en conditions réelles, avec l’espoir de voir certaines rejoindre les vignobles bourguignons à l’horizon 2035.
Il aura fallu dix ans de recherches, des milliers de pépins et des centaines de variétés étudiées pour en arriver là. À Fontaines, en Saône-et-Loire, 1 254 jeunes pieds de vigne ont été plantés en mai dernier sur une parcelle de 17 ares appartenant au lycée agricole. À première vue, rien de bien différent d'une plantation classique. Pourtant, ces vignes pourraient bien participer à l'avenir du vignoble bourguignon.
Leur particularité ? Elles sont issues de croisements entre des variétés naturellement résistantes au mildiou et à l'oïdium et des cépages emblématiques de Bourgogne, notamment le Chardonnay et le Pinot Noir. L'idée n'est pas de remplacer ces derniers, mais de retrouver leurs qualités dans de nouvelles variétés capables de mieux se défendre contre les maladies.

De 16 000 pépins à huit variétés prometteuses
L'histoire commence en 2015, avec le lancement du programme CEPINNOV, mené conjointement par les filières viticoles de Bourgogne et de Champagne. Le principe repose sur des croisements naturels, réalisés par pollinisation. Les chercheurs cherchent à réunir dans une même plante deux qualités : la résistance aux maladies et les caractéristiques qui font la réputation des vins de Bourgogne.
Mais avant de trouver les bonnes combinaisons, il faut beaucoup essayer… et beaucoup éliminer.
Au départ, quelque 16 000 pépins ont été étudiés pour repérer ceux qui possédaient les gènes de résistance recherchés. À partir de 2018, plus de 350 variétés ont ensuite été plantées et suivies, notamment sur une parcelle expérimentale à Aluze, en Côte chalonnaise.
Année après année, les équipes ont observé leur vigueur, leur rendement, leur résistance aux maladies, mais aussi la qualité des raisins et leur aptitude à produire du vin. Au bout de ce long travail de sélection, huit variétés de la promotion 2018 ont été retenues : trois à raisins blancs et cinq à raisins noirs.
À Fontaines, les huit premières variétés passent leur examen
Ces huit variétés ont désormais quitté la première phase d'expérimentation pour être cultivées dans des conditions proches de celles rencontrées par les viticulteurs. Sur la parcelle du lycée de Fontaines, plus de 100 pieds de chacune ont été plantés, soit 1 254 pieds au total.
Le site porte un nom un peu technique : VATE, pour « Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale ». Derrière cet acronyme se cache une étape décisive : vérifier que les résultats obtenus jusqu'ici se confirment sur le terrain. Les spécialistes vont donc suivre le développement des vignes, leur production et leur capacité à résister au mildiou et à l'oïdium.
Mais il ne suffira pas qu'elles soient robustes. Il faudra aussi qu'elles donnent de bons raisins et, surtout, de bons vins.
Les futures récoltes seront ainsi vinifiées, puis dégustées et évaluées. Des essais d'assemblage seront également réalisés, avec une proportion maximale de 10 % de ces nouvelles variétés. Car tout l'enjeu est là : réduire les traitements sans perdre ce qui fait l'identité des vins bourguignons.
Une quarantaine de variétés à l'essai d'ici 2029
Les huit premières variétés plantées à Fontaines ne seront pas les seules à passer cette série d'examens. D'autres viendront progressivement les rejoindre, chaque année jusqu'en 2029. Au total, environ 40 variétés devraient être étudiées sur cette parcelle. Et l'expérimentation ne se limite pas à la Bourgogne. Une parcelle jumelle sera également plantée en Champagne, afin de comparer le comportement des mêmes vignes dans deux vignobles aux conditions différentes.
Une façon de vérifier si une variété qui donne de bons résultats en Bourgogne se comporte aussi bien ailleurs, et inversement. Moins de produits phytosanitaires, sans promettre le zéro traitement
Pour les viticulteurs, l'intérêt de ces recherches est évident. Le mildiou et l'oïdium peuvent provoquer d'importants dégâts et nécessitent aujourd'hui une protection régulière des vignes.
Avec des variétés plus résistantes, le recours aux produits phytosanitaires pourrait être sensiblement réduit. Cela ne veut pas dire que les traitements disparaîtront totalement. Certaines résistances peuvent être partielles et d'autres maladies peuvent toujours apparaître. Mais disposer de vignes capables de mieux se défendre constituerait déjà une avancée importante.
Rendez-vous en 2035… si les résultats sont au rendez-vous
Il faudra encore de la patience avant de voir ces nouvelles variétés arriver dans les vignobles et, peut-être, dans les bouteilles. Si les essais sont concluants, certaines pourraient être inscrites au catalogue officiel des cépages français à l'horizon 2035. Les appellations bourguignonnes intéressées auraient alors la possibilité de les intégrer à leur cahier des charges grâce au dispositif VIFA, pour « Variétés d'intérêt à fin d'adaptation ».
Elles pourraient être utilisées comme cépages accessoires, dans la limite de 10 % des assemblages. Une manière de faire évoluer les pratiques sans bouleverser l'identité des appellations.
D'ici là, les jeunes vignes de Fontaines vont devoir faire leurs preuves, saison après saison. Après dix années passées à sélectionner les variétés les plus prometteuses, c'est désormais au vignoble de dire lesquelles ont vraiment de l'avenir.
Le programme CEPINNOV est porté par le Comité des vins de Bourgogne et le Comité Champagne, avec l'appui de la Chambre d'agriculture de Saône-et-Loire et du lycée de Fontaines.
-
Beaune – Daï Lo ouvre son dancefloor : rendez-vous vendredi 9 octobre -
Beaune – Le retour des cartonnettes dans les bacs jaunes pourrait s'accompagner de collectes moins fréquentes -
Clos de Vougeot – Le Beaunois Jordan Billan sacré champion du monde de l’œuf en meurette 2026, son apprenti également récompensé -
Beaune – Du Musée du Vin à Notre-Dame, le maire alerte sur l'état du patrimoine municipal -
Beaune – Stationnement, sécurité, commerces : les habitants du centre-ville interpellent le maire -
Le Domaine Pierre Vincent franchit une nouvelle étape de son développement avec la reprise du Domaine Jean-Philippe Fichet à Meursault -
Beaune – Info-Beaune.com change de mains… et prépare sa nouvelle formule -
Meursault – Un terrain de football synthétique à 720 000 euros au Centre sportif Hubert Rougeot -
Beaune Côte & Sud – Le logement, un enjeu majeur pour attirer et retenir les salariés sur le territoire -
Beaune Côte & Sud – Climat, jeunesse, viticulture : Pierre Bolze fixe le cap avant un échange tendu sur les mobilisations lycéennes -
Beaune – Belenium brasse sa bière de récolte avec du houblon frais cultivé à Corberon -
Beaune – Vers un centre-ville davantage piéton ? Pierre Bolze veut avancer dès la prochaine saison -
Beaune – De l’apprentissage du français à l’emploi : des parcours d’intégration qui se construisent sur le terrain -
Cité de la gastronomie à Dijon : à son tour, le village gastronomique cesse son activité et ferme ses établissements -
Beaune - 770 marcheurs au rendez-vous de la 28e Rando Vignes et Sentiers à Villers-la-Faye -
Saint-Aubin – La Route des Grands Crus se refait une beauté à l’approche de ses 90 ans -
Villers-la-Faye – Le Trafic Bar confirme son succès avec 1 200 personnes au cœur des Hautes-Côtes -
Beaune – Côte & Bus se réorganise : trois lignes, des horaires élargis et un transport à la demande plus souple -
GHITO, le spécialiste de la rénovation clé en main, s’est installé à Champforgeuil -
Beaune – Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort au Liban, vient témoigner de son combat contre la torture -
Beaune – L’espace canin du parking République rouvre après des aménagements -
Côte-d’Or – Un crash d’avion simulé pour tester la mobilisation des secours aura lieu la semaine prochaine