CÔTE D'OR

Côte-d’Or – Eau potable : deux projets à 95 millions d’euros pour sécuriser l’approvisionnement face aux sécheresses

Côte-d’Or – Eau potable : deux projets à 95 millions d’euros pour sécuriser l’approvisionnement face aux sécheresses

Après une année 2026 marquée par une sécheresse exceptionnelle, le Département de la Côte-d’Or a présenté, lors de sa séance du vendredi 9 octobre, un premier bilan de son Plan Côte-d’Or Eau 2050. Adopté en 2023, ce programme de 21 actions vise à préserver les ressources, améliorer la qualité de l’eau et anticiper les conséquences du changement climatique. Parmi les opérations les plus importantes figurent deux projets de production d’eau potable, aux Maillys et à Grosbois-en-Montagne, représentant plus de 95 millions d’euros d’investissements prévisionnels.

La question de l’eau est devenue l’un des grands enjeux d’aménagement du territoire en Côte-d’Or. Sécheresses répétées, tensions sur les ressources disponibles, pollutions aux nitrates et aux pesticides : les collectivités doivent désormais anticiper des difficultés qui concernent aussi bien l’alimentation en eau potable que l’agriculture et les milieux naturels. C’est dans ce contexte que le Conseil départemental a dressé un point d’étape de son Plan Côte-d’Or Eau 2050, adopté le 26 juin 2023. L’objectif est de mieux connaître les ressources, d’en préserver la qualité et d'organiser une solidarité entre les territoires pour éviter les ruptures d’approvisionnement.

Deux grands projets d’eau potable aux Maillys et à Grosbois
Ils constituent les investissements les plus structurants de cette stratégie. Dans la Boucle des Maillys, le projet prévoit la création de quatre puits répartis sur deux sites, avec une capacité maximale de pompage de 20 000 m³ par jour. Une usine de traitement par osmose inverse basse pression permettra de traiter notamment les nitrates, pesticides et autres polluants. Environ 124 kilomètres de canalisations sont également programmés pour alimenter les collectivités concernées. Le coût prévisionnel de l’opération atteint 71,3 millions d’euros TTC.
À Grosbois-en-Montagne, un second projet prévoit de mobiliser les eaux du barrage-réservoir, avec un prélèvement maximal envisagé de 600 000 m³ par an. Une usine de traitement, 29 kilomètres de canalisations et un réservoir de 500 m³ à Sombernon compléteront les installations. L'investissement est estimé à 23,8 millions d’euros TTC.
Au total, ces deux opérations représentent 95,1 millions d’euros TTC au stade de l’avant-projet. Deux structures syndicales chargées de leur réalisation ont été créées au 1er janvier 2026. Le Département assure un accompagnement technique et opérationnel et a approuvé une autorisation de programme de 63,1 millions d’euros pour sa participation financière. Les études de projet ont débuté en septembre 2026.

Une surveillance renforcée des ressources et des pollutions
La Côte-d’Or dispose d’un réseau départemental de surveillance de près de 200 points de mesure, permettant de suivre la qualité et la quantité des eaux souterraines et superficielles. Depuis 2023, le programme « ResSources de Côte-d’Or » complète ce dispositif en étudiant des sources actuellement non exploitées pour l’eau potable. Neuf sites ont déjà été équipés, avec un suivi prévu sur au moins dix ans.
La protection des captages reste également un enjeu important. Au 1er janvier 2026, le Département recensait 385 captages exploités pour l’alimentation en eau potable. Parmi eux, 58 ne disposaient pas encore de périmètre de protection réglementaire.
Un Observatoire départemental de l’eau, accessible au public, a par ailleurs été mis en ligne en mars 2026 pour faciliter l’accès aux données.

Des aides pour économiser l’eau dans l’agriculture
Face aux difficultés rencontrées par les exploitants agricoles, le Département soutient notamment les dispositifs de récupération et de stockage des eaux de pluie. Entre 2023 et 2026, 38 agriculteurs ont bénéficié d’aides représentant 434 000 euros, pour une capacité totale de stockage de 1 375 m³. Plus de la moitié des bénéficiaires sont des éleveurs, particulièrement concernés par l’abreuvement des animaux pendant les périodes de sécheresse. Le dispositif doit également s'ouvrir au stockage des eaux de ruissellement et au curage de puits pour d'autres usages agricoles.
La viticulture est aussi concernée, avec des actions de sensibilisation aux économies d’eau dans les caves et cuveries, ainsi qu’à la gestion des eaux de lavage des pulvérisateurs.

Rivières, mares et zones humides : préserver les milieux naturels
Le Plan Eau 2050 ne se limite pas à l’approvisionnement en eau potable. Il vise également à restaurer les milieux aquatiques, essentiels à la biodiversité et au fonctionnement naturel des bassins versants. Sur la période 2023-2026, le Département a soutenu 34 projets de restauration et de gestion des milieux aquatiques, pour près de 360 000 euros. Des aides ont également permis d’intervenir sur 66 mares, tandis que plus de 771 000 euros ont été mobilisés pour la gestion de 13 Espaces naturels sensibles situés en zone humide.
Les bassins de l’Ouche, de la Vouge, de la Dheune et d’autres cours d’eau font l’objet d’études ou de démarches de préservation.

Des économies d’eau dans les collèges
Le Département met également en avant les résultats obtenus dans ses propres bâtiments. Depuis 2024, les collèges publics sont équipés d’un dispositif de surveillance des consommations permettant de détecter rapidement les fuites et, si nécessaire, de couper l’alimentation en eau. Selon les chiffres présentés, leur consommation annuelle est passée de 68 085 m³ en 2021 à 51 014 m³ en 2025, soit une baisse d’environ 25 %.
Parallèlement, le programme « 1 000 arbres Collèges Côte-d’Or » a permis de planter 1 346 arbres et jeunes arbres et de désimperméabiliser 11 000 m² de cours, afin de favoriser l’infiltration des eaux de pluie.

Préparer dès aujourd’hui les besoins de 2050
Trois ans après son adoption, le Plan Côte-d’Or Eau 2050 se traduit donc par des études, des aides aux collectivités et des investissements structurants. L’enjeu dépasse la seule gestion des épisodes de sécheresse : il s’agit de préserver durablement une ressource indispensable aux habitants, aux exploitations agricoles, aux entreprises et aux écosystèmes.