BEAUNE

Beaune – La Glorieuse Artistique : du graffiti à prix d’or, 39 œuvres prêtes à faire grimper les enchères !

Beaune – La Glorieuse Artistique : du graffiti à prix d’or, 39 œuvres prêtes à faire grimper les enchères !

Qui a dit que les graffitis ne valaient rien ? Ce jeudi soir, à l’Hôtel-Dieu de Beaune, le street art passe sous le marteau des commissaires-priseurs. Au catalogue, 39 lots, des estimations allant de 750 à 15 000 euros et de grands noms de l’art urbain. De quoi attirer les collectionneurs, d’autant que cette vente poursuit un objectif solidaire : contribuer à la restauration du célèbre Polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden.

Après avoir investi les murs de l’Hôtel-Dieu en 2025, les artistes urbains s’apprêtent à faire leur entrée dans les collections privées. Et cette fois, inutile d’imaginer repartir avec un morceau de façade sous le bras ! Ce sont bien des œuvres originales qui seront proposées aux enchères ce jeudi 15 octobre, à partir de 18 heures, lors de la Glorieuse Artistique, organisée par l’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune et l’association La Karrière.
Toutes les créations ne quitteront cependant pas les lieux. L’Hôtel-Dieu en conservera certaines pour enrichir sa propre collection, histoire de prolonger cette rencontre plutôt inattendue entre patrimoine hospitalier et art urbain.
Pour les autres, direction la salle des ventes. Et à regarder les 39 lots présentés dans le catalogue disponible sur Interenchères, les amateurs devront prévoir un budget parfois conséquent.

Delta en haut de l'affiche, Mode 2 n'est pas loin
Les collectionneurs qui ont les moyens de leurs envies pourront notamment se tourner vers Delta. Avec ses trois œuvres, Croix, Deux Diamants et Diamants Croisés, toutes estimées entre 12 000 et 15 000 euros, l’artiste figure parmi les signatures les plus cotées de cette vente.


Mode 2 n’est pas très loin derrière. Ses créations font la part belle à la Bourgogne et à ses traditions viticoles. Au Clos de Vougeot est estimé entre 11 500 et 13 500 euros, tandis que À la Paulée de Meursault se situe entre 11 500 et 13 000 euros. Quant à son Sacre d’Automne, il pourrait atteindre 12 000 euros. De quoi rappeler que le graffiti a depuis longtemps quitté le seul univers des murs et des friches pour trouver sa place sur le marché de l’art.


Autre artiste attendu : Jace, bien connu pour ses petits personnages malicieux, les Gouzous. Les neuf éléments de son Polyptyque monumental sont proposés avec des estimations comprises entre 6 500 et 7 500 euros chacun. Là encore, il faudra être prêt à lever la main… et à suivre les enchères !

Des œuvres à des prix très variables, mais un budget conséquent

Tout le monde ne pourra évidemment pas s'offrir un Delta ou un Mode 2. Le catalogue propose néanmoins des œuvres à des estimations moins élevées, même si l'on reste loin du petit achat coup de cœur à quelques dizaines d'euros.
Les créations de Teach ouvrent les estimations à partir de 750 euros, tandis que celles d’André se situent entre 1 000 et 1 500 euros. Pour Bando, il faudra envisager entre 2 500 et 6 000 euros. Les œuvres de Futura sont estimées entre 3 000 et 4 000 euros, et celles d’Andrea Ravo Mattoni entre 5 000 et 7 000 euros.
Attention toutefois à ne pas confondre estimation et prix de vente. Une œuvre annoncée à 1 000 euros peut parfaitement partir plus haut si plusieurs amateurs se la disputent. Et il faudra encore ajouter les frais de vente au montant de l’adjudication.
Bref, mieux vaut avoir fixé son budget avant de lever la main. Dans une salle des ventes, l’enthousiasme peut parfois coûter cher !

Quand les artistes de rue volent au secours d'un maître flamand
Au-delà des montants affichés, cette vente raconte surtout une rencontre entre deux univers que près de six siècles séparent. D’un côté, Rogier van der Weyden et son Polyptyque du Jugement dernier, chef-d’œuvre de la peinture flamande conservé à l’Hôtel-Dieu de Beaune. De l’autre, des artistes contemporains qui ont fait de la rue leur terrain d’expression.
Le lien entre les deux ? Une vente caritative dont une partie des bénéfices contribuera à la restauration du polyptyque. L’autre partie soutiendra les projets de création artistique portés par La Karrière. Une belle façon de faire dialoguer les époques. Qui aurait imaginé que des œuvres issues de la culture graffiti participeraient un jour à la sauvegarde d’un tableau du XVe siècle ?
Les enchères seront conduites par le commissaire-priseur dijonnais Christophe Sadde, aux côtés de Chloë Collin, spécialiste du graffiti et de l’art urbain. Pas besoin d’être physiquement présent à Beaune pour tenter sa chance : la vente sera également accessible en ligne sur Interenchères, permettant aux collectionneurs, y compris internationaux, de participer à distance.
Et pour ceux qui souhaiteraient prolonger la soirée, un dîner caritatif au Bastion (350 €) est prévu à 20 h 30 au Bastion. Aux fourneaux, Frédéric Ménager, chef de la ferme-auberge La Ruchotte, proposera un repas accompagné de vins du Domaine des Hospices de Beaune. D’autres œuvres de Mode 2, réalisées spécialement pour les Trois Glorieuses 2025, seront également mises aux enchères au cours de cette soirée.
Finalement, jeudi soir, les bombes de peinture auront laissé la place aux palettes d’enchérisseurs. Mais l’esprit reste le même : faire vivre l’art, surprendre et, cette fois, contribuer à sauver un trésor du patrimoine beaunois.

Jeannette Monarchi

Informations pratiques : La Glorieuse Artistique, jeudi 15 octobre 2026 à 18 heures, à l'Hôtel-Dieu de Beaune. Les 39 lots et leurs estimations sont à découvrir sur Interenchères.