BEAUNE

Beaune – « Rien ne peut justifier les violences et les destructions » : près de 200 personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour un rassemblement républicain

Beaune – « Rien ne peut justifier les violences et les destructions » : près de 200 personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour un rassemblement républicain

« Effarée », « indignée », « attristée »… Ce lundi midi, devant l'Hôtel de Ville de Beaune, les mots traduisaient le malaise ressenti après les violences de samedi. Plus de 200 personnes, habitants, agents municipaux et élus, ont répondu à l'appel du maire Pierre Bolze. Un rassemblement pour dire leur solidarité avec les communes touchées, mais aussi leur inquiétude face à des actes de destruction qui ont marqué les esprits.

Ce lundi 19 octobre, peu avant midi, les participants se sont retrouvés devant l'Hôtel de Ville. Certains étaient venus par solidarité avec les élus et les agents municipaux confrontés aux dégradations de bâtiments publics. D'autres, simplement parce que les images des violences du week-end les avaient profondément choqués.
Autour de Pierre Bolze, plusieurs élus étaient présents, dont Jean-Louis Baudoin, maire de Levernois, et Joël Alexandre, premier adjoint de Combertault. Des agents de la Ville avaient également tenu à participer à ce rassemblement organisé à l'appel de l'Association des maires de France.

« Il faut s'unir pour que la paix perdure »
Dans l'assistance, chacun avait ses raisons d'être là, mais tous partageaient la même incompréhension devant les scènes de saccage et les attaques contre des bâtiments publics, notamment l'incendie de la mairie de Limoges. Murielle, une Beaunoise, ne cachait pas son émotion. Elle se disait « effarée par tant de violences, de saccages ». Josette, elle aussi, avait fait le déplacement pour exprimer son indignation, mais surtout son inquiétude pour l'avenir : « Il faut s'unir pour que la paix perdure et protéger nos enfants ».
Alexandre, de son côté, se considère chanceux de vivre à Beaune, une ville relativement préservée de ce type de violences. Mais justement, pour lui, ce n'était pas une raison pour rester à l'écart. Il tenait à être présent pour soutenir ceux qui, ailleurs, ont vu leur commune touchée.

« Une mairie, c'est la maison commune »
Face aux participants, Pierre Bolze a pris la parole avec gravité. Avant toute chose, il a tenu à adresser un message aux communes frappées par les violences. « Je pense aux maires, aux élus, aux agents municipaux, aux commerçants et aux habitants qui ont été directement confrontés à ces événements. Et je veux leur dire, au nom de la Ville de Beaune, que nous sommes à leurs côtés. »
Le maire s'est particulièrement arrêté sur les attaques visant les mairies, ces bâtiments que chacun connaît et fréquente, parfois sans même y penser. « Une mairie n'est pas un bâtiment comme les autres. C'est la maison commune, c'est un lieu ouvert à tous où l'on vient chercher un service public, exprimer une demande, trouver une réponse. »
Derrière les vitres brisées et les murs endommagés, c'est aussi, selon lui, ce qui fait la vie d'une commune qui est atteint. « Ce n'est pas seulement s'en prendre à des murs ou à des biens, c'est porter atteinte à ce qui nous permet de vivre ensemble. »

Manifester, oui. Détruire, non.
Pierre Bolze a également tenu à faire une distinction entre les manifestations, qui relèvent des libertés fondamentales, et les violences commises en marge des cortèges. « Le droit de manifester et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux, mais ils ne peuvent jamais servir de prétexte aux agressions ou au vandalisme. » Il a appelé à une réponse ferme de l'État, tout en saluant le travail des forces de l'ordre et des secours mobilisés pendant le week-end. « La violence n'a pas et n'aura jamais sa place dans notre vie démocratique », a-t-il insisté.
Puis les paroles ont laissé place à celles de la Marseillaise, entonnée par les participants devant l'Hôtel de Ville.
Quelques minutes de rassemblement, loin des scènes de violence qui avaient motivé cet appel, mais avec une même volonté affichée : ne pas rester indifférent à ce qui s'est passé ailleurs en France.

Jeannette Monarchi