BEAUNE
Beaune - Fini le brûlage ? La viticulture beaunoise explore de nouvelles voies pour les sarments
Par Jeannette Monarchi
Publié le 31 Mars 2025 à 07h45
Face aux enjeux environnementaux et aux attentes sociétales, les vignerons de Beaune poursuivent leur engagement en faveur d’une viticulture plus durable. Réduction du brûlage des sarments, nouvelles pratiques agricoles et meilleure communication avec les riverains étaient au cœur de la réunion organisée ce jeudi soir par l’ODG.
Le métier de vigneron, profondément ancré dans le terroir bourguignon, évolue au fil des années pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux. C’est dans cette optique que l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) de l'appellation Beaune, présidé par Baptiste Guyot, a organisé pour la 2e année une réunion d’échange avec les habitants. L’objectif de cette rencontre est double : informer les riverains sur les pratiques viticoles et favoriser une cohabitation harmonieuse en anticipant les défis à venir.
Une réunion pour mieux comprendre les enjeux viticoles
La réunion qui s’est tenue jeudi soir en partenariat avec la CAVB, la Chambre d’Agriculture et la ville de Beaune, s'est voulue un temps d’échange précieux entre les vignerons et la population locale, venue en petit nombre. Cette initiative vise à apaiser les tensions parfois existantes en mettant en lumière les contraintes spécifiques au travail de la vigne et en répondant aux préoccupations des riverains.
Parmi les sujets abordés, la valorisation des sarments et des ceps de vigne a occupé une place centrale, en réponse aux éventuelles évolutions réglementaires concernant le brûlage. Les échanges ont également porté sur les traitements phytosanitaires, l’impact environnemental des pratiques viticoles et la nécessité pour les promeneurs et riverains de respecter les parcelles privées.
La valorisation des sarments et des ceps de vigne : une innovation en marche
L’une des grandes annonces de cette réunion a concerné les efforts croissants pour limiter le brûlage des sarments et leur donner une seconde vie. Historiquement, le brûlage des sarments était une pratique courante, autorisée annuellement par la préfecture. Toutefois, dans certaines régions comme le Beaujolais, cette autorisation n’a pas été renouvelée, ce qui pousse la filière viticole à anticiper de nouvelles solutions. « De plus en plus de vignerons à Beaune optent pour le broyage des sarments plutôt que le brûlage, et nous allons encourager l’ensemble des viticulteurs à suivre cette voie », explique Baptiste Guyot.

Face à une éventuelle interdiction définitive du brûlage, l’ODG, en collaboration avec la CAVB, a initié plusieurs pistes pour valoriser ces résidus de taille. Déjà, environ 50 % des sarments sont broyés directement dans les parcelles, permettant un retour organique au sol. D’autres solutions sont à l’étude, notamment l’utilisation des sarments pour le compost ou la production d’énergie à travers des chaudières biomasse, solutions techniques plus complexes, nécessitant des investissements. Contrairement aux sarments, les ceps morts n'ont pas encore de filière structurée. L'ODG travaille sur une mise en commun pour les acheminer vers des plateformes de collecte.
Une expérimentation est déjà en cours à la distillerie du Beaujolais, route de Beaune à Savigny, avec la collaboration de deux autres ODG et l'entreprise Veolia. L'objectif est de transformer ces déchets en compost ou en bois de chauffage, contribuant ainsi à une économie circulaire, mais aussi d’étendre ce projet à d’autres zones et d’inciter toutes les ODG à participer. « Beaune est pilote dans cette démarche, et nous avançons avec la CAVB pour que cette solution s’applique à l’ensemble du territoire », précise Baptiste Guyot.
Les traitements phytosanitaires : informer pour apaiser
Un autre point crucial de cette réunion a été l’explication des traitements appliqués aux vignes et les précautions prises pour limiter les nuisances. « Les vignerons sont les premiers exposés aux produits qu’ils appliquent. Aucun d’entre eux n’utilise ces traitements par plaisir », a rappelé Thomas Gouroux, conseiller viticole à la Chambre d’Agriculture. Il a insisté sur le fait que les produits employés sont homologués et utilisés de manière préventive pour lutter contre des maladies comme l’oïdium, le mildiou ou le black-rot.
Des efforts sont faits pour minimiser l’exposition des riverains et promeneurs : les traitements sont souvent effectués la nuit pour limiter leur dispersion, les riverains peuvent être informés par courrier, mail ou SMS des périodes de traitement. Des alternatives plus respectueuses de l’environnement sont privilégiées lorsque cela est possible.
Respect des vignes en tant que propriétés privées
Si les paysages viticoles attirent de nombreux promeneurs et sportifs, il est crucial de rappeler que les parcelles appartiennent aux vignerons et ne sont pas des espaces publics. « Il est important que chacun prenne conscience que les vignes ne sont pas accessibles librement. Ce sont des terrains privés où s’appliquent des règles spécifiques, notamment après un traitement phytosanitaire », a souligné Baptiste Guyot.
Il a été rappelé qu’il est essentiel pour les habitants de ne pas pénétrer dans les parcelles après un traitement. « Il y a un délai de rémanence du produit de six à 48 heures », a souligné Baptiste Guyot.
Enfin, il est rappelé que, malgré les préjugés, aucun insecticide n'a été utilisé à Beaune depuis plusieurs années.
Un appel au respect mutuel
Pour une meilleure cohabitation, les vignerons encouragent le dialogue direct avec les riverains. « Si vous avez un souci, le mieux est d'aller à la rencontre du vigneron hors des périodes de traitement », insiste Baptiste Guyot.
La cohabitation entre vignerons et habitants implique aussi un respect mutuel. « Il est primordial que les promeneurs, joggeurs et cyclistes ne traversent pas les vignes, car cela peut nuire aux cultures », a insisté Baptiste Guyot. Ce message s’adresse également aux établissements scolaires, dont certains organisent des courses d’orientation dans les vignes. L’ODG prévoit de mettre en place des conventions avec les lycées et le rectorat pour éviter ce type de pratiques.
L’ODG de Beaune : un acteur clé de la viticulture locale
Représentant les 414 hectares de l’appellation Beaune, l’ODG veille au respect du cahier des charges, à la qualité des vins et à la bonne entente avec les riverains. Dans cette région où près de 60 % des vignobles sont cultivés en agriculture biologique ou en lutte raisonnée, les enjeux environnementaux et sociétaux sont au cœur des préoccupations.
Avec des initiatives comme la valorisation des sarments et la sensibilisation des habitants aux réalités du métier de vigneron, cette réunion annuelle s’inscrit dans une dynamique constructive. Elle permet de renforcer le lien entre le monde viticole et la population locale, garantissant ainsi une cohabitation harmonieuse et durable autour de ce patrimoine d’exception.
Jeannette Monarchi
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