BEAUNE

Beaune - Vers une collaboration harmonieuse entre vignerons et riverains

Beaune - Vers une collaboration harmonieuse entre vignerons et riverains
Le mois de mai est synonyme de protection du vignoble : c'est le moment des premières pulvérisations destinées à protéger la vigne contre les maladies et les parasites

Le métier de vigneron, ancré dans les traditions et le terroir, n'est pas exempt de contraintes. Ces défis peuvent parfois susciter des tensions avec les riverains, mais une communication ouverte et transparente peut favoriser une cohabitation harmonieuse. C'est dans cet esprit que l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) de Beaune, présidée par Baptiste Guyot, a organisé une réunion avec les habitants ce mercredi soir.

« Le mieux est d’aller à la rencontre des vignerons si vous rencontrez un problème » lance Baptiste Guyot en ouverture de la réunion de mercredi soir, organisée par l'Organisme de Défense et de Gestion (ODG) de Beaune en partenariat avec la CAVB, la Chambre d’Agriculture et la ville de Beaune, à destination des riverains. Le but : discuter des préoccupations et des moyens d'améliorer la cohabitation. Bien que peu de personnes se soient déplacées, les échanges ont été constructifs. Les vignerons ont réaffirmé leur volonté de travailler en étroite collaboration avec la communauté pour assurer une coexistence harmonieuse.
 
Comprendre les contraintes viticoles
Les discussions ont porté sur plusieurs points clés, tels que les horaires des traitements pour minimiser les nuisances, la signalisation des zones de traitement et l'importance de la communication régulière entre vignerons et riverains. Cette démarche favorise la compréhension mutuelle, la transparence et la prévention des conflits. Thomas Gouroux, conseiller viticole pour la CA21, a partagé des informations sur les différents stades de croissance de la vigne, les pratiques viticoles et les traitements visant à prévenir les maladies.
 Les activités viticoles, telles que les traitements phytosanitaires, les vendanges et les labours, peuvent influencer la vie quotidienne des riverains. En expliquant la nécessité de ces travaux - qui visent à protéger les vignes contre les maladies et parasites telles que la flavescence dorée, l’oïdium, le mildiou ou le black-rot, à garantir la qualité du vin et à assurer la viabilité économique des exploitations - les vignerons peuvent aider les riverains à comprendre et à sympathiser avec les défis auxquels ils font face.
Les traitements phytosanitaires sont parmi les principales préoccupations, car bien qu'indispensables, ils suscitent parfois des inquiétudes quant à leur impact sur la santé et l'environnement. Pourtant, comme l'ont souligné les vignerons lors de la réunion, « aucun viticulteur n'utilise ces traitements par plaisir ». Ils s'engagent plutôt à adopter des pratiques responsables et à limiter autant que possible l'utilisation de produits chimiques. L'accent est mis sur des solutions durables, telles que la lutte biologique et l'utilisation de produits respectueux de l'environnement. De plus, des mesures de sécurité sont mises en place et expliquées aux riverains pour les rassurer quant aux méthodes utilisées. Par exemple, certains traitements sont effectués de nuit pour réduire l'impact sur l'environnement et assurer une meilleure efficacité (moins de vent et de chaleur). Tout en rappelant qu’il ne faut pas pénétrer dans les parcelles traitées dans les heures qui suivent.
En outre, un effort est déployé pour préserver la qualité de l'eau, notamment grâce à l'utilisation d'une station de lavage partagée construite dans la zone industrielle de Savigny. Cette initiative s'inscrit dans une démarche environnementale plus large visant à protéger les ressources en eau et à préserver la santé de la population locale.
 
Respect des vignes : un patrimoine privé
Il est essentiel de rappeler que les vignes, bien qu'elles soient ouvertes aux regards et aux promenades, restent des propriétés privées. Les vignerons de Beaune demandent aux marcheurs et autres visiteurs de respecter ces lieux. Cela inclut éviter de cueillir les raisins, ne pas endommager les plantes et respecter les clôtures et les chemins balisés. La préservation de ce patrimoine nécessite la coopération de tous.
 
L’ODG de Beaune
Cet organisme représente l'ensemble des vignes couvrant les 414 hectares de l’appellation de Beaune, la deuxième plus grande en termes de superficie en Bourgogne et la première en Côte-d’Or. Sa mission principale est de veiller au respect du cahier des charges, à la qualité et à la promotion de cette appellation. Sa proximité avec la ville de Beaune et ses habitations constitue une particularité notable.
L’appellation d’origine contrôlée (AOC) Beaune regroupe les vignobles environnants de la ville depuis sa création en 1936. Elle s'étend sur 414 hectares, dont 42 sont classés en premier cru. Les vins rouges, principalement issus du pinot noir, dominent avec une surface plantée de 355 hectares (85 %), comprenant 270 hectares de premier cru. Les vins blancs, élaborés à partir du chardonnay, occupent quant à eux 58 hectares, dont 40 sont classés en premier cru.
En Côte-d’Or, près de 60 % des vignobles sont cultivés en agriculture biologique (30 % non certifiés), dont la moitié est certifiée et l'autre moitié pratique une démarche raisonnée. La CAVB (Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne) - représentée ce soir là par Amandine Enaux, technicienne - accompagne les vignerons dans la lutte contre diverses maladies telles que la flavescence dorée, l’oïdium, le mildiou et le black-rot, contribuant ainsi à la préservation de la santé des vignes et à la qualité des vins de la région.

Jeannette Monarchi