CÔTE D'OR

Sécurité en Côte-d’Or, le préfet dresse le bilan

Sécurité en Côte-d’Or, le préfet dresse le bilan

Chiffres à l’appui, Paul Mourier, préfet de Côte-d’Or, a détaillé le bilan de l’année 2025 en matière de sécurité publique et routière. Si la lutte contre le narcotrafic est au cœur de l’action des forces de l’ordre avec de beaux succès, d’autres données rappellent que tout n’est pas rose, notamment les violences intrafamiliales.

« Grâce à l’action des forces de sécurité, la délinquance est contenue, maîtrisée, en Côte-d’Or », a précisé Paul Mourier, préfet de Côte-d’Or. Toutefois le narcotrafic augmente et lui vaut le statut de lutte prioritaire dans le département. « Nous engageons cette lutte acharnée car il s’agit d’une question de santé publique, notamment chez les jeunes, puisque les stupéfiants créent des dommages irréversibles. C’est aussi une question de souveraineté nationale quand des institutions peuvent être gangrenées ou des fonctionnaires sont menacés directement. Enfin, d’autres faits de délinquance en découlent comme la prostitution, les homicides, les vols… » Pour faire face, le préfet, la police, la gendarmerie, les douanes et le procureur disposent d’un outil judiciaire et administratif renforcé.


Concrètement, en 2025, neuf points de deal ont été démantelés dans le département, annihilant les sites fixes, tandis que plus de 20 millions d’euros de stupéfiants ont été saisis, auxquels s’ajoutent 1,9 million d’euros d’avoirs saisis. « Les résultats sont là mais le combat continue. Nous avons ramené de la tranquillité publique, notamment dans le quartier des Grésilles », s’est réjoui le préfet, regrettant que des symboles de la République aient été attaqués en représailles, à commencer par le collège Champollion. « En 2026, nous allons poursuivre et intensifier notre action en l’adaptant aux modes d’action des narcotrafiquants qui ubérisent, numérisent le trafic et installent des drives. »
Pour renforcer leurs actions, les forces de l’ordre déploient désormais des escadrons départementaux de contrôle des flux pour suivre les narcotrafics sur tous les terrains, que ce soit les routes et autoroutes mais aussi le train ou le bateau avec un rattachement de la brigade fluviale de Saint-Jean-de-Losne. « Certains contrôles routiers ont conduit à des perquisitions qui se sont révélées positives à 75 % », a complété le général de division Christophe Husson, commandant de la région de gendarmerie.

Le foyer peut encore rimer avec danger
Outre la lutte contre les stupéfiants, le préfet a mis l’accent sur les atteintes aux biens, encourageant les dispositifs de vidéoprotection quand les vols sans violence et les cambriolages de logement augmentent. Il a également mentionné les violences intrafamiliales, en augmentation avec 1 485 victimes en 2025, « soit 4 faits par jour. Des faits graves et sordides qui concernent le couple mais aussi les enfants ». En novembre dernier, le préfet a rappelé avoir signé le renouvellement du protocole départemental contre les violences intrafamiliales. Sur la période 2025-2030, le texte se concentre sur le repérage et l’accompagnement des victimes, la prise en charge des auteurs, la formation des professionnels et des acteurs de terrain ou encore l’organisation d’actions d’information et de sensibilisation ou de prévention. « Celle des jeunes est indispensable. »

Sur les routes de Côte-d’Or
Après avoir évoqué les escroqueries et infractions économiques et financières, liées en partie à la cybersécurité, et la sécurité en milieu scolaire, priorité 2026, Paul Mourier a conclu son propos autour de la sécurité routière. « Les chiffres du département et de la région ne sont pas bons. Nous avons trois morts de plus. » Le nombre de piétons, de trottinettes, de cyclistes impliqués dans les accidents corporels est en augmentation avec 71 victimes en 2025 contre 43 en 2024. Le préfet a tenu à rappeler que désormais, les grands excès de vitesse relèvent du délit au titre des homicides routiers.
Face à toutes les délinquances, le procureur Olivier Caracotch a insisté sur la volonté d’accélérer la réponse apportée par l’autorité judiciaire. « Pour les violences intrafamiliales, la volumétrie demeure importante et il y a besoin d’une réponse individualisée aux auteurs mais surtout aux victimes. Cela reste un axe de progrès de la justice. »

Nadège Hubert