BOURGOGNE
"On fait notre boulot. C'est à l'Etat de faire le sien" lance Pierre Romero, Secrétaire Général de la Confédération Nationale des buralistes
Par Laurent GUILLAUMÉ
Publié le 19 Février 2026 à 20h11
En déplacement sur le Chalonnais, la Confédération Nationale des buralistes s'est posée au bureau de tabac de Champforgeuil ce jeudi. L'occasion de dresser un point d'étape sur cette profession indispensable au vivre-ensemble et regroupant 23 000 professionnels à l'échelle nationale.
Depuis le changement de gouvernance il y a quelques mois, la Confédération Nationale des Buralistes a entrepris une vaste consultation de son réseau d'adhérents. Pas moins de 23000 professionnels à interroger, consulter afin de collecter doléances et propositions en vue des prochaines négocations avec les services de l'Etat. Pierre Romero n'a pas maché ses mots à destination des décideurs politiques dans un contexte toujours plus tendu pour ces professionels, "le métier de buraliste a profondément évolué et continue de se transformer pour renforcer son rôle de commerçant d’utilité locale" a précisé le Secrétaire Général de la Confédération, rappelant toute l'importance incarnée par les buralistes alors que nombreux territoires ruraux sont de plus en plus éloignés de tous les services de proximité.
"On se modernise, se diversifie et assume pleinement notre mission d’aménagement du territoire et de service aux habitants".
"Barber shop et épiceries de nuit réalisent en moyenne 8000 euros net/mois sous le manteau"
Alors que les ventes de tabac dans toute leurs dimensions représentent la moitié des revenus d'un buraliste, la question du trafic de tabac en France est plus que jamais d'actualité. "On fait notre boulot, à un moment c'est à l'Etat de faire le sien" constate amèrement Pierre Romero, face au net repli des ventes de tabac chez les buralistes, "à raison de - 9 % d'une année sur l'autre".
Pour autant, "il ne s'agit pas d'inciter à la consommation de tabac, qu'on soit bien d'accord" tient à préciser la Confédération Nationale. "On demande une équité et une vraie lutte contre le trafic. Il faut bien comprendre qu'en moyenne un barber shop ou une épicerie de nuit génère en moyenne 8000 euros net par mois" de manière souterraine. "Un tabac souvent de contrefaçon, produit en Asie ou en Afrique qui n'a rien à voir du tabac. Il y a une vraie question de santé publique qui s'ajoute à la problématique fiscale même si le manque à gagner est de l'ordre de 6 milliards d'euros".
Gel de la fiscalité, stabilité des prix et la captation du marché du vapotage
La Confédération Nationale des Buralistes ne manque pas de sujets, et la question du vapotage est au coeur d'une grande nombre de leurs interrogations et interpellations auprès des services de l'Etat. "On a eu une oreille très attentive d'Amélie de Montchalin sur la question du vapotage et de la commercialisation des produits. La commercialisation de ces produits doit se faire chez nous et nul part ailleurs". Les buralistes réclament à ce que les grandes surfaces notamment ne soient plus autorisées à commercialiser tout ce qui tourne autour du vapotage, "il faut arrêter cette aberration".
Autre demande formulée et martelée par les buralistes, celle d'une nécessaire harmonisation tarifaire à l'échelle européenne, au moins vis à vis des pays limitrophes, avec des distorsions trop élevées entre certains pays. "Entre acheter votre paquet à 15 euros et l'acheter à 6 euros, on n'a pas de mal à comprendre le consommateur".
Les questions de la fiscalité autour du tabac et de la fluctuation des tarifs sont tout autant de questions au coeur de la profession, qui a bien du mal à se projeter.
Des buralistes à moitié postier, fleuriste, boulanger...et même conseiller funéraire
Jusqu'où iront les buralistes pour compléter leurs pertes de revenus ? La question est bien posée, d'autant plus face à un métier dans l'obligation permanente de se réinventer, afin de décrocher de nouveaux revenus en compensation des pertes. On ne compte plus les nouveaux services apportés par les buralistes, très souvent particulièrement appréciés par les clients, au point que certains vendent même du matériel funéraire. Mais est-il normal qu'ils soient obligés de sans cesse s'adjoindre une nouvelle fonction pour espérer vivre de leur métier ?
Laurent GUILLAUMÉ
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