Communauté d'Agglomération Beaune Côte et Sud
À Beaune Côte & Sud, une intercommunalité très féminisée… mais confrontée à une pénurie de candidats
Par Jeannette Monarchi
Publié le 20 Février 2026 à 08h00
Réunis lundi soir, les élus de la Communauté d’agglomération Beaune Côte & Sud ont examiné le rapport annuel sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Un document riche en données sociales, qui met en lumière une collectivité fortement féminisée, engagée sur la parité… mais confrontée à une difficulté majeure : recruter.
Lors du conseil communautaire de Beaune Côte & Sud, réuni lundi soir, les élus ont examiné le rapport annuel sur l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de l’intercommunalité. Présenté par le vice-président en charge de l'Administration générale, des Ressources humaines et des Milieux naturels, Denis Thomas, le document dresse un état précis de la situation au 31 décembre 2025. Au-delà de l’obligation légale, ce rapport constitue un véritable baromètre social de la collectivité.
Une collectivité très féminisée
La communauté d’agglomération compte 436 agents permanents. Parmi eux, 335 femmes (77 %) et 101 hommes (23 %). Un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale de la fonction publique territoriale, où la part des femmes s’élève à environ 61 %.
« La part des femmes dans notre collectivité est plus importante que la moyenne nationale », souligne Denis Thomas.
Parmi ces agents : 265 sont titulaires ou stagiaires (61 %) 203 femmes (60 % des femmes)
63 hommes (62 % des hommes)
L’intercommunalité compte également 170 contractuels sur emploi permanent : 132 femmes, 38 hommes soit 77 % de femmes également dans les emplois contractuels.
Parmi ces contractuels :
36 sont en CDI (97 % de femmes), 128 en contrat indiciaire permanent (75 % de femmes) environ 3 % sont des assistantes maternelles, exclusivement féminines.
La collectivité emploie 39 % de contractuels, contre 25 % en moyenne nationale.
Catégories et encadrement : des femmes aussi dans les postes à responsabilité
La majorité des agents appartient à la catégorie C : 281 agents, soit 64 % des effectifs
dont 81 % de femmes. Dans l’encadrement (catégorie A), 68 % des postes sont occupés par des femmes (60 agents). La collectivité note également une progression des passages de catégorie B vers A par rapport à 2024.
Temps de travail et télétravail
Les agents travaillent majoritairement à temps complet : 285 agents (65 %), 142 agents à temps non complet (32 %), 9 agents à temps partiel (3 %).
Les femmes occupent : 74 % des temps complets et 100 % des temps partiels.
Le temps partiel reste très faible : 3 % des effectifs contre 25 % au niveau national.
Les temps non complets concernent surtout la culture et l’enfance.
Le télétravail concerne 11,7 % des agents en 2025 (13 % national) et est davantage demandé par les femmes : 70 % de femmes et 30 % d’hommes.
Salaires : parité au sommet
La rémunération brute totale s’élève à 12 941 434 €, dont 11 468 690 € pour les agents permanents. Parmi les 10 agents les mieux rémunérés, la parité est parfaite : 5 hommes et 5 femmes.
Répartition de la masse salariale par filière :
Technique : 32 %
Animation : 26 %
Administrative : 18 %
Médico-social : 11 %
Des actions concrètes pour l’égalité
La collectivité a engagé plusieurs mesures en 2025 : rédaction neutre des offres d’emploi, formation interne contre les propos sexistes et sensibilisation aux discriminations et harcèlement. Elle mène également des actions vers le public, notamment auprès des jeunes : projets sportifs mixtes avec clubs de rugby, football et boxe ; actions culturelles favorisant la mixité Ces actions s’inscrivent dans un plan pluriannuel validé en mai 2025, visant : la lutte contre les stéréotypes, la prévention des violences et discriminations, la promotion d’une culture de l’égalité.
Le vrai sujet du débat : le manque de personnel
La présentation a rapidement débouché sur un échange nourri entre élus.
Sébastien Picard (groupe Pour Beaune Vraiment) s’inquiète : « Dans le tableau des effectifs, il y a toujours 12 % de postes non pourvus, principalement dans l’animation et la petite enfance. Ce sont des chiffres élevés. Il faut se poser les bonnes questions sur les recrutements, notamment concernant l’autre, activité de la collectivité ».
Le président Alain Suguenot répond sans détour : « Il n’y a pas de candidats. C’est la grande difficulté quand un territoire est en plein emploi. Et ce sont souvent des postes nécessitant des diplômes. C’est valable pour toutes les agglomérations ».
Denis Thomas confirme : « Nous manquons de candidatures. Les recrutements demandent un temps fou pour des résultats insatisfaisants : sur quatre personnes convoquées, une seule se présente ».
Petite enfance et périscolaire particulièrement touchés
Jean-Louis Baudoin, maire de Levernois, rapporte un cas concret : une candidate habitant à 200 mètres d’une école n’a pas été recrutée dans sa commune en raison de la scolarisation de son enfant dans l’établissement mais affectée ailleurs, ce qu’il juge « dommage ».
Jean-Paul Roy, vice-président chargé de la petite enfance, détaille : « Nous essayons de recruter le plus localement possible. Mais nous avons une vraie difficulté sur les temps du midi en restauration scolaire : il faut trois à quatre fois plus de personnel que le matin ou le soir. Cela fragilise beaucoup le service ». Les centres périscolaires sont particulièrement concernés. Le président évoque aussi les contraintes horaires : « Il existe une grande disparité d’horaires dans l’animation, avec des déplacements entre structures. Il faut redéfinir ces métiers en zone rurale ».
Derrière l’égalité, un enjeu de service public
Au final, le rapport montre une collectivité engagée en matière d’égalité professionnelle — féminisation de l’encadrement, parité salariale au sommet, actions concrètes — mais révèle surtout une autre réalité : la tension du marché du travail local.
Car au-delà des statistiques, la question posée par les élus est claire : sans personnel suffisant, ce sont les services aux familles — garderies, cantines, accueils périscolaires — qui pourraient être fragilisés.
Et c’est sans doute là le véritable enjeu politique soulevé lors de ce conseil communautaire.
Jeannette Monarchi
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