Beaune - La Police nationale a interpellé dix personnes après la rixe aux Blanches Fleurs

Beaune - La Police nationale a interpellé  dix personnes après la rixe aux Blanches Fleurs

Une violente rixe impliquant couteaux et objets contondants, survenue le 17 février dans le quartier des Blanches Fleurs, a été élucidée par la Police nationale de Beaune. Dix personnes ont été interpellées à l’issue d’une enquête menée sous l’autorité du commissaire Yves Carry. Neuf d’entre elles ont été déférées au parquet de Dijon.

Les faits débutent mardi 17 février, peu après 20 h, à Beaune, sur le boulevard circulaire. Deux jeunes, résidant dans le quartier des Blanches Fleurs, se rendent en voiture dans un garage spécialisé dans la vente de pièces automobiles.
Selon les éléments de l’enquête, le commerçant leur reproche alors la réalisation d’un tag injurieux apposé sur un bâtiment du quartier, le visant personnellement. Le ton monte rapidement. Le professionnel aurait porté des coups aux deux jeunes, dont l’un est mineur.
Deux amis du commerçant arrivent ensuite en renfort. Les violences se poursuivent et s’intensifient à l’encontre des adolescents, qui finissent par quitter les lieux.

Un guet-apens et une escalade de la violence
De retour dans leur quartier, les deux jeunes relatent leur agression à plusieurs amis. Des appels téléphoniques sont alors passés au commerçant, accompagnés de menaces et d’insultes.
Vers 22 h, le commerçant se rend au quartier des Blanches Fleurs accompagné de quatre autres personnes. Le groupe tombe alors dans ce que les enquêteurs qualifient de guet-apens. Une voiture tente de leur foncer dessus ; ils parviennent à s’écarter de justesse. Le véhicule finit sa course encastré dans une fontaine.
En face, huit jeunes, dont deux mineurs nés entre 2006 et 2008 (tous connus des forces de l'ordre), certains armés de couteaux, d’une clé à molette et d’une scie égoïne, prennent part à une bagarre générale d’une extrême violence.

Trois blessés, dont un grièvement atteint
Le bilan est lourd. Le "clan" du commerçant compte trois blessés, dont un gravement. Ce dernier souffre notamment d’une blessure à la rate et d’une fracture de la mâchoire. Il a dû être opéré et est toujours hospitalisé.
Face à la violence des faits, les protagonistes finissent par se disperser. Le groupe du commerçant quitte le quartier et iront ensuite au commissariat pour déposer plainte.

Deux clans, des infractions distinctes
Sur le plan judiciaire, les qualifications pénales diffèrent selon les protagonistes : d'un côté du commerçant, - de personnes âgées de 19 à 26 ans -, est poursuivi pour violences aggravées, avec des incapacités totales de travail (ITT supérieures à huit jours).
Le clan des jeunes est poursuivi pour violences aggravées, avec plusieurs circonstances aggravantes, mais des ITT inférieures à deux jours pour les blessés de leur côté.
Le principal auteur présumé des coups de couteau est un jeune mineur.

Une enquête minutieuse et dix interpellations
Saisie des plaintes, la Police nationale a engagé une enquête approfondie : exploitation de vidéos, analyses techniques, auditions multiples et exploitation des téléphones portables.
Avec l’appui des effectifs de la Direction interdépartementale de la police nationale 21 (DIPN 21), les enquêteurs ont identifié dix individus appartenant aux deux clans. Tous ont été interpellés mardi matin à 6 heures.
Au cours des gardes à vue, certains ont reconnu les faits, d’autres ont choisi de garder le silence. Les éléments techniques recueillis ont néanmoins permis de reconstituer précisément la chronologie et d’élucider l’affaire. 

Déferrements et suites judiciaires
Au terme de 48 heures de garde à vue, neuf des dix personnes interpellées ont été déférées jeudi matin au parquet de Dijon.
Cinq majeurs ont été écroués, dans l’attente d’une comparution immédiate, qui se tient depuis ce vendredi 13 h 30.
Deux majeurs ont été placés sous contrôle judiciaire, avec obligation de se présenter au palais de justice.
Les deux mineurs ont également été placés sous contrôle judiciaire et devront comparaître le 13 mai prochain devant le juge des enfants.
Le commissaire Yves Carry souligne le caractère exceptionnel de cette affaire pour une ville comme Beaune. 

Jeannette Monarchi