BEAUNE

Beaune - Philippe et Olivier Léglise révèlent un autre visage de leur père, Max Léglise

Beaune - Philippe et Olivier Léglise révèlent un autre visage de leur père, Max Léglise

Connu comme l’un des pionniers de la dégustation moderne et figure incontournable du vignoble bourguignon, Max Léglise cachait une autre passion : l’alchimie, l’ésotérisme et la quête des symboles. Ses fils publient aujourd’hui un texte inédit qui dévoile cette facette méconnue de sa personnalité.

Pendant des décennies, Max Léglise a profondément marqué l’histoire du vignoble bourguignon. Œnologue de renom, il dirige la Station œnologique de Bourgogne de l’INRA à Beaune de 1962 à 1984 et s’impose comme l’un des pionniers de l’œnologie biologique et de la dégustation moderne. Pédagogue reconnu, auteur de référence et précurseur de l’analyse sensorielle appliquée au vin, il contribue à former plusieurs générations de professionnels et participe à faire évoluer la manière de comprendre et de déguster les grands vins plus sensorielle. Mais derrière le scientifique rigoureux et l’homme de transmission se dévoilait une personnalité plus discrète, animée par une profonde curiosité pour l’alchimie, les symboles et les traditions ésotériques.
C’est cette part méconnue de sa vie que ses fils, Philippe, ancien journaliste, et Olivier Léglise, qui a travaillé dans le négoce de vins, ont choisi de faire découvrir à travers la publication d’un texte inédit rédigé dans les années 1970. Intitulé à l’origine Visite particulière de l’Hôtel-Dieu de Beaune, ce fascicule proposait une lecture alchimique des symboles présents dans les Hospices de Beaune.
 
Une lecture inédite des Hospices de Beaune
Dans ce texte, Max Léglise s’intéresse aux détails souvent ignorés du monument : les blasons, les tapisseries, le Retable du Jugement dernier ou encore certains éléments architecturaux. Selon lui, nombre de ces symboles pourraient être interprétés à travers le prisme de l’alchimie médiévale.
L’auteur évoque notamment les trois clés du blason attribué à Nicolas Rolin, qu’il considère comme une représentation symbolique des « trois dissolutions » de la tradition alchimique, ou encore certains détails du Retable qu’il rapproche des écrits de Nicolas Flamel.

 

Un homme aux passions multiples
Le livre permet surtout de découvrir l’extraordinaire richesse intellectuelle de Max Léglise. Œnologue reconnu, il fut également musicien, compositeur, conférencier, passionné d’histoire napoléonienne, peintre amateur et auteur de textes philosophiques. Au fil des années, sa curiosité l’amène à s’intéresser à la biodynamie puis à la spagyrie, branche de l’alchimie appliquée aux plantes. Il rencontre en Allemagne Alexander von Bernus, figure majeure de l’alchimie moderne, dont il préfacera plus tard l’ouvrage Alchimie et Médecine.
Ses fils résument ainsi cette double personnalité : celle d’un scientifique rigoureux et celle d’un homme engagé dans une quête spirituelle permanente. « On ne dit pas que c’est une vérité révélée. C’est le témoignage de l’avancée spirituelle, mystique et ésotérique d’un homme », explique Philippe Léglise.

Le pionnier de la dégustation moderne
L’ouvrage est aussi l’occasion de rappeler le rôle majeur joué par Max Léglise dans le monde du vin. Dès 1976, il publie Une Initiation à la dégustation des Grands Vins, considéré comme l’un des premiers ouvrages grand public consacrés à l’éducation sensorielle. Il contribue alors à moderniser la manière de parler du vin en fondant l’analyse sur les cinq sens plutôt que sur un vocabulaire parfois approximatif.
Invité dans les plus grands vignobles du monde, récompensé à plusieurs reprises pour ses travaux, il reste aujourd’hui une référence pour de nombreux professionnels bourguignons.

Un hommage familial
Plus qu’un simple ouvrage sur l’alchimie ou les Hospices de Beaune, cette publication constitue avant tout un hommage. En ressortant ce texte confidentiel, diffusé à l’époque à seulement quelques exemplaires, Philippe et Olivier Léglise souhaitent transmettre le souvenir d’un homme dont la personnalité dépassait largement le cadre de l’œnologie.
Cette édition revêt également une dimension hautement symbolique. L’année 2026 marque en effet le 30e anniversaire de la disparition de Max Léglise, décédé le 1er juillet 1996, mais aussi les 50 ans de la parution de son ouvrage de référence Une Initiation à la dégustation des Grands Vins, publié en 1976. Initialement, ses fils avaient envisagé de faire paraître ce livre-hommage le 1er juillet 2026, jour anniversaire de son décès. Finalement, ils ont choisi le 6 juillet, date de sa naissance. Un choix loin d’être anodin : plutôt qu’une commémoration tournée vers l’absence, ils ont préféré célébrer la vie, l’héritage et la transmission d’un homme qui a profondément marqué le monde du vin et la vie culturelle beaunoise.
Un symbole fort, à l’image de celui qui voyait dans les signes, les correspondances et les résonances cachées une source permanente de réflexion. À travers cette publication, Philippe et Olivier Léglise prolongent ainsi l’œuvre de leur père en dévoilant une facette moins connue mais essentielle de sa personnalité : celle d’un homme capable de passer du laboratoire œnologique aux mystères de l’alchimie, sans jamais cesser de chercher à comprendre le monde qui l’entourait.

Jeannette Monarchi

Infos pratiques
Titre : Visite particulière de l’Hôtel-Dieu de Beaune
Format : 46 pages
Prix : 13 €
Points de vente sur Beaune : Librairie Athenaeum, Librairie Des Livres et des Hommes, Librairie de la Maladière, Cité des Climats et vins de Bourgogne
L’ouvrage est également disponible sur le site de l’éditeur : www.liralest.fr.