SAINTE MARIE LA BLANCHE

Sainte-Marie-la-Blanche – Une ancienne ferme transformée en sept logements au cœur du village

Sainte-Marie-la-Blanche – Une ancienne ferme transformée en sept logements au cœur du village
Sainte-Marie-la-Blanche – Une ancienne ferme transformée en sept logements au cœur du village
Sainte-Marie-la-Blanche – Une ancienne ferme transformée en sept logements au cœur du village
Sainte-Marie-la-Blanche – Une ancienne ferme transformée en sept logements au cœur du village

À Sainte-Marie-la-Blanche, une ancienne propriété rurale a changé de vie pour accueillir sept logements locatifs conventionnés. Inaugurée ce mardi soir, la résidence Colette et Michel Veaux représente une opération particulièrement importante pour cette commune d’environ 950 habitants. Logement abordable, accueil de nouvelles familles, rénovation énergétique, préservation du patrimoine et limitation de l’étalement urbain : le maire Michel Quinet défend un projet qui concentre plusieurs enjeux de la politique communale.

Derrière les murs de l’ancienne ferme, les volumes ont été entièrement repensés. Mardi, élus, partenaires du projet et habitants se sont retrouvés 21 route de Combertault à Sainte-Marie-la-Blanche pour inaugurer la résidence Colette et Michel Veaux. Après la visite d’un logement, le ruban a été coupé et une plaque rendant hommage aux anciens propriétaires a été dévoilée. Autour du maire Michel Quinet étaient notamment présents la Préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, Préfète de la Côte-d'Or, Violaine Démaret, le sous-préfet de Beaune David Roche, le sénateur François Rebsamen, le député René Lioret, le conseiller régional Alain Becquet, le vice-président du Département Denis Thomas, le président de Beaune Côte & Sud et maire de Beaune Pierre Bolze, ainsi que de nombreux maires, élus communautaires, conseillers municipaux et habitants.
 
Sept logements pour faire vivre le village
Pour Michel Quinet, cette opération dépasse largement la seule rénovation immobilière. Elle répond d’abord à un enjeu démographique : permettre à de nouvelles familles de s’installer durablement dans la commune. « Offrir des locations pour des familles avec des appartements de type 4 et 5, c’est investir pour préserver notre pyramide des âges », a-t-il expliqué. L’arrivée de familles avec enfants doit contribuer à maintenir la fréquentation de l’école, mais également à faire vivre les associations, les services et les commerces.
Le choix de logements conventionnés doit aussi permettre de conserver des loyers modérés et de favoriser la mixité sociale. Une politique qui ne date pas d’hier à Sainte-Marie-la-Blanche. Michel Quinet a rappelé qu’en 1995, la commune ne possédait que deux logements, alors en mauvais état. Elle compte aujourd’hui 20 logements communaux, auxquels s’ajoutent une quarantaine de logements gérés par des bailleurs sociaux. Un nouveau logement communal doit encore être disponible début 2027 et 14 logements supplémentaires sont annoncés cette même année dans le cadre d’une résidence seniors portée par CDC Habitat. Une stratégie qui accompagne, selon le maire, une croissance démographique régulière, proche de 1 % par an.
 
Une consommation énergétique réduite de 80 %
L’autre enjeu majeur du chantier était énergétique. Isolation des combles en ouate de cellulose, isolation intérieure des murs, nouvelles menuiseries en bois, VMC hygroréglables et pompe à chaleur air/eau figurent parmi les travaux réalisés. Le SICECO a accompagné la commune dans cette rénovation et lui a accordé 80 000 euros d'aide. Selon Michel Quinet, la transformation a permis de réduire de 80 % la consommation énergétique, désormais établie à 43,1 kWh/m² par an, avec une diminution des émissions de gaz à effet de serre dans les mêmes proportions. « Au-delà de la performance pour la planète, c’est une performance au service des locataires qui voient leurs charges réduites d’autant », a-t-il souligné.
Le projet associe ainsi réhabilitation d'un bâtiment existant, matériaux biosourcés et sortie des énergies fossiles.


 
Rénover plutôt que construire sur de nouveaux terrains
Pour la municipalité, cette opération répond aussi aux enjeux de sobriété foncière. Transformer une ancienne ferme située au cœur du village permet de créer des logements sans consommer de nouveaux espaces naturels ou agricoles. Michel Quinet y voit une manière de conjuguer développement du logement et préservation du caractère rural de Sainte-Marie-la-Blanche. « Le locatif sur le bâti existant au cœur du village limite d’autant le développement périurbain qui consomme inévitablement des zones naturelles », a-t-il défendu.
La commune a également souhaité conserver l'identité architecturale du bâtiment plutôt que de laisser la propriété faire l'objet d'une transformation immobilière privée dictée uniquement par des considérations économiques.


 
Le souvenir de Colette et Michel Veaux
Cette préservation du patrimoine est aussi une histoire de mémoire locale. La résidence porte désormais les noms de Colette et Michel Veaux, anciens propriétaires des lieux. Michel Veaux, décédé en 2022, avait été adjoint puis maire de Sainte-Marie-la-Blanche pendant 24 ans. Avec son épouse, tous deux s'étaient investis durant plus de trois décennies dans la vie du village. « Je suis très heureux de pouvoir, à travers cette opération, saluer leur action, leur dévouement qui ont été tant déterminants pour notre village et inscrire leur récit dans notre mémoire collective », a déclaré Michel Quinet devant leur famille.
 
Un projet bouclé en trois ans
L'opération aura été menée rapidement. Mise en vente à l'automne 2022, la propriété a été acquise par la commune en juillet 2023 grâce à un portage foncier de Beaune Côte & Sud. Le premier coup de pioche est intervenu trois mois plus tard, en octobre. Les quatre premiers logements ont été livrés en novembre 2024, après treize mois de chantier, puis les trois derniers à l'automne 2025. La demande était déjà forte : deux mois avant la première livraison, la commune enregistrait, selon le maire, cinq fois plus de candidats que de logements disponibles. La maîtrise du chantier a aussi été mise en avant. Michel Quinet a notamment salué le travail de la maîtrise d'œuvre et des entreprises locales face aux aléas inhérents à la rénovation d'un bâtiment ancien.


 
Près de 956 000 euros de subventions
Une telle opération représente un investissement exceptionnel à l'échelle d'une commune de 950 habitants avec un coût global de l'ordre de 1,75 à 1,87 million d'euros selon le périmètre retenu, acquisition et travaux compris. Pour parvenir à l'équilibre, Sainte-Marie-la-Blanche a mobilisé plusieurs partenaires. Michel Quinet a annoncé 956 000 euros de subventions, soit environ 70 % du montant des travaux.
L'État constitue le premier contributeur avec 363 000 euros au titre du Fonds vert et 200 000 euros de DETR, soit 563 000 euros. Le Département a apporté 180 000 euros en cumulant trois tranches de 60 000 euros, Beaune Côte & Sud 77 000 euros dans le cadre de sa politique de l'habitat, le SICECO 80 000 euros et la Région Bourgogne-Franche-Comté 56 000 euros. Le montage a également bénéficié du portage foncier de l'Agglomération pour l'acquisition de la propriété. « Votre aide est indispensable pour que ce projet soit soutenable budgétairement. Sans vous, rien de possible, et surtout rien de possible si vous n’y êtes pas tous ensemble », a insisté Michel Quinet en s'adressant aux différents financeurs.


 
« Une ancienne longère aurait pu rester une ancienne longère »
Pierre Bolze a, de son côté, insisté sur le choix politique réalisé par la commune : transformer un patrimoine existant pour accueillir de nouveaux habitants. « Une ancienne longère aurait pu rester une ancienne longère. Une grange qui n’avait plus forcément un grand usage aurait pu rester une grange », a-t-il relevé. « Vous en avez décidé autrement et vous avez décidé d’offrir à des familles la possibilité de venir se loger à Sainte-Marie-la-Blanche. »
Le président de Beaune Côte & Sud a également mis en avant l'intérêt du fonds de portage foncier de l'Agglomération, qui permet aux petites communes d'acquérir un bien puis de disposer du temps nécessaire pour concrétiser leur projet.

 
Le logement au cœur des interventions
Les prises de parole ont largement convergé autour de la question du logement. Denis Thomas, vice-président du Département, a souhaité que la réussite du projet se mesure d'abord au quotidien de ses occupants : « Je vais peut-être terminer en souhaitant tout simplement aux habitants de cette résidence d’y être heureux ».
Pour René Lioret, « le logement, c’est certainement le problème numéro un pour les gens qui n’ont pas leur propre logement ». Le député a également souligné l'intérêt de la rénovation pour soutenir l'activité des entreprises du bâtiment dans un contexte de recul de la construction neuve.
Le sénateur François Rebsamen a pour sa part insisté sur la mixité sociale et la complémentarité entre territoires urbains et ruraux : « Il ne faut pas opposer la ville et la campagne. Il ne faut pas opposer l’urbain et le rural ».
Enfin, la préfète de région et de Côte-d'Or Violaine Démaret a replacé le projet à la croisée de quatre enjeux : patrimoine, transition énergétique, logement accessible et confiance dans la capacité des collectivités à concrétiser des projets. « Il faut de la volonté, il faut qu’on se serre les coudes, mais on peut faire des choses positives », a-t-elle conclu.
À Sainte-Marie-la-Blanche, l'ancienne ferme a ainsi conservé ses murs et une partie de son histoire, tout en changeant complètement de fonction. Sept foyers y ont désormais trouvé leur place, au cœur du village.

Jeannette Monarchi