BEAUNE

Beaune – Une cinquantaine de personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour dire non au racisme et à la haine

Beaune – Une cinquantaine de personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour dire non au racisme et à la haine
Beaune – Une cinquantaine de personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour dire non au racisme et à la haine
Beaune – Une cinquantaine de personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour dire non au racisme et à la haine
Beaune – Une cinquantaine de personnes réunies devant l’Hôtel de Ville pour dire non au racisme et à la haine

Des bougies allumées, un silence partagé, puis des mots et des chansons pour refuser la haine. Vendredi soir, une cinquantaine de Beaunois ont répondu à l’appel des élus Carole Bernhard et Sébastien Picard pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Trappes et La Verrière. Une mobilisation modeste par sa taille, mais forte de son message contre le racisme.

Quelques bougies allumées dans la lumière déclinante de ce vendredi soir. Devant l'Hôtel de Ville de Beaune, une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel de Carole Bernhard et Sébastien Picard, conseillers municipaux du groupe Beaune Demain – Démocratie, Écologie, Solidarité. Une semaine jour pour jour après l'attaque raciste de Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, le rassemblement voulait d'abord donner une place aux victimes, à leurs familles et à leurs proches. « Nous vous proposons de commencer cet hommage par un moment de silence pour Pengo Bossio Wangi et pour les blessés de l'attentat terroriste raciste de Trappes et La Verrière », a déclaré Carole Bernhard.
Les participants ont été invités à prendre une bougie et à la déposer à l'issue de ce moment de recueillement.


 
Des vies brisées dans un quotidien ordinaire
Dans son intervention, Carole Bernhard est revenue sur les événements du 23 octobre. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, qui rêvait de devenir combattant professionnel de MMA, a perdu la vie dans cette attaque qui a également fait plusieurs blessés. L'élue a notamment évoqué le sort de Ramatou, 12 ans, qui se rendait à la piscine, et celui d'Ahmed, 21 ans, qui circulait en trottinette lorsque les tirs ont éclaté. « Chacun vaquait à ses occupations. Mais, dans la banalité de ce matin-là, le temps s'est arrêté », a-t-elle rappelé, avant d'adresser ses condoléances à la famille du jeune homme décédé et des vœux de rétablissement aux blessés.
Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été mis en examen jeudi 29 octobre, notamment pour assassinat et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l'origine ou à la religion réelle ou supposée des victimes. Selon le Parquet national antiterroriste, il a reconnu avoir délibérément ciblé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines.


« Il ne suffit pas de ne pas être raciste »
Au-delà du recueillement, Carole Bernhard a souhaité donner une portée politique à ce rassemblement. Dans un discours ferme, elle a dénoncé la banalisation des propos racistes, pointant notamment certains médias d’info en continu et les discours de l'extrême droite. « En France, le racisme est un délit, pas une opinion », a-t-elle martelé.
Pour l'élue, la lutte contre le racisme ne peut se limiter à une désapprobation silencieuse. Reprenant une pensée d'Angela Davis, elle a insisté : « Nous ne devons pas oublier que face au racisme, il ne suffit pas de ne pas être raciste. Il faut être antiraciste ».
Elle a également appelé chacun à ne plus laisser passer les paroles discriminatoires, y compris dans les conversations ordinaires, au travail ou dans le cercle familial. « Continuons de cultiver la dignité et l'espoir. Continuons de résister au vent mauvais qui vient, pour que la devise de notre pays ne soit pas lettre morte. Liberté, égalité, fraternité ! »
Aucun représentant de la majorité municipale n'était présent à ce rassemblement organisé par les élus de Beaune Demain.
 
Des mots, de la musique et un « Plus jamais ça » repris en chœur
La soirée ne s'est pas achevée sur le seul discours de l’élue. Pour prolonger ce moment autrement, le poème « Raciste » de Jean-Pierre Siméon a été lu devant les participants. Puis la musique a pris le relais, avec Anne, ma sœur Anne, chanson de Louis Chedid sortie en 1985, dont le texte dénonce la haine et l'intolérance.
Enfin, les notes d'Un jour au mauvais endroit, de Calogero, ont accompagné les derniers instants du rassemblement. Plusieurs personnes ont alors repris ensemble les paroles « Plus jamais, plus jamais ça ». Un refrain qui résonnait particulièrement ce vendredi soir, une semaine après le drame.
À l'issue de la mobilisation, Carole Bernhard s'est dite satisfaite de la participation, environ deux fois supérieure à ce qu'elle attendait. Mais pour l'élue, ce rassemblement ne doit pas rester sans lendemain. Évoquant les échéances politiques à venir, notamment la présidentielle, elle a insisté sur la nécessité de rester mobilisés et résister face à la progression des idées d'extrême droite. Un dernier message avant que les participants ne se dispersent, laissant derrière eux les bougies déposées en hommage aux victimes.

Jeannette Monarchi