CÔTE D'OR
Saga familiale à Concœur avec 7 générations d’Olivier à la Ferme Fruirouge
Par Jeannette Monarchi
Publié le 19 Juin 2023 à 13h51
Installés depuis 1995 à Concœur, Isabelle et Sylvain Olivier ont développé l’exploitation en bio avec une démarche en biodynamie. Ils renouvellent l’identité de la ferme, qu’ils baptisent « Ferme Fruirouge ». Leurs deux fils les ont rejoints. Info-Beaune les a rencontrés.
Sylvain Olivier a toujours rêvé de faire de la transformation sur l’exploitation familiale de ses parents. La famille Olivier présente depuis 6 générations faisait de polyculture-vivrière. Les grands-parents cultivaient la vigne et le cassis « il y a toujours eu du cassis à Concœur » précise Isabelle Olivier, mais avec le phylloxera, les vignes ont disparu sur toutes les Hautes-Côtes de Nuits, qui se sont tournées vers la cueillette. Les parents, Chantal et Christian, cultivaient des céréales et du cassis mais la production de fruits rouges était destinée aux coopératives. La chute du Mur de Berlin en 1989 entraîne une baisse du cours de la bourse, l’exploitation se repositionne avec la volonté de produire pour faire des produits finis.
Sylvain se destinait plus à la fabrication de Comté. Après des études suivies au lycée agricole de Quetigny, il a effectué son BTS à Montmorot dans le Jura.
La rencontre entre Sylvain et Isabelle pendant des vendanges en 1992 va tout changer. Sylvain était sur le point de terminer ses études agricoles, Isabelle ses études de philosophie « je ne venais pas du monde agricole, mes parents étaient commerçants à Dijon » confie-t-elle.
Le jeune couple amoureux va mettre leur complémentarité au service de l’évolution de la Ferme. Ils écument les foires de la région pour vendre en direct leurs produits. « Le sirop produit ne se vendait pas bien, nous avons eu alors l’idée de diversifier la production en faisant de la confiture, de la crème de cassis. Ils s’installent dans la grange d’Odette, la grand-mère de Sylvain, au cœur de Concœur sur la place de l’église, qu’ils rénovent pour ouvrir leur boutique, formidable outil toujours présent de vente en direct.
Des nouveautés lancées tous les ans dont le ketchup de cassis pour les 10 ans
Ils cultivent leurs fruits sur les 2,5 ha laissés par les parents. « Le concept a bien fonctionné dès le départ. Nous faisions de la vente à la ferme, visites, accueil de groupes ». La surface s’agrandit à 5 ha, et le couple embraie sur une belle dynamique pour faire connaître leurs produits en participant à des foires extérieures notamment le Salon de l’Agriculture de Paris. « Tous les ans, nous sortions de nouveaux produits pour le Salon. » Isabelle et Sylvain réalise un super coup de pub en lançant pour les 10 ans de la Ferme le ketchup au cassis, produit qui va leur ouvrir les portes de la restauration. Les chefs tels que Ducasse en demandent.
Le père de Sylvain part en retraite et l’exploitation s’agrandit passant à 13 ha tout en bio dynamie. « Sylvain qui a étudié ces domaines a toujours été sensible à la défense du terroir et à une agriculture de qualité avec des sols respectueux de l’environnement. A l’époque, on parlait peu de bio et encore moins de démarche biodynamique, nous sommes passés pour des sorciers. Aujourd’hui, c’est plus courant. Nous avons obtenu la Certification en bio dès que nos produits se sont vendus dans des épiceries fines. »
Impressionnante métamorphose
Les deux fils du couple, 7e génération d’Olivier, a rejoint l’entreprise familiale : Camille et Lucas. Chaque membre de la famille a son domaine de prédilection : Isabelle qui a travaillé dans les champs s’est recentrée sur la partie communication, commerciale et l’étiquetage, avec l’arrivée de Camille, le fils aîné, qui l’a remplacée au travail des sols et la conduite d’engins. Sylvain se consacre à la transformation et œuvre dans l’atelier à l’arrière de la boutique. Toutes ses cuissons sont réalisées dans des bassines en cuivre de 10 kg, pour un véritable travail artisanal.
Lucas a pris les rênes en 2017 de « Fruirouge & Cie, l’épicerie fermière », une structure commerciale implantée à Nuits-Saint-Georges depuis 2009, dans lequel sont vendus leurs produits mais aussi ceux de leurs copains producteurs, fermiers locaux et de toute la France. « Les gens veulent du local, voire de l’hyperlocal, précise Isabelle Olivier. Lucas qui nous suivait partout depuis tout petit, connaît bien les producteurs. La boutique a une âme, Lucas est investi dans le quartier et au sein de l’association de commerçant. »
Vingt-huit ans après le début de cette belle aventure Fruirouge, la métamorphose est impressionnante. La Ferme Fruirouge emploie en plus une personne à temps plein pour l’accueil et les visites, une équipe de saisonniers pour le désherbage au printemps et les cueillettes qui débutent fin mai jusqu’à fin juillet.
La formation des jeunes fait partie de l’ADN puisque la Ferme Fruirouge accueille un alternant et un stagiaire en apprentissage.
Jeannette Monarchi
Ferme Fruirouge, 2, place de l'Eglise Hameau de Concœur 21 700 Nuits-Saint-George. Tél. : 03.80.62.36.25
Vente à la ferme et boutique ouverte toute l’année du jeudi au lundi de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h.
-
Week-end de Pâques - Beaune met son centre-ville à l’heure piétonne -
Beaune - Pierre Bolze face à Marie-Laure Rakic : un duel politique dès le premier conseil -
Beaune – Beaun’Emploi 2026 confirme son succès avec 1 253 visiteurs : un forum au cœur des enjeux du recrutement local -
Conseil municipal de Beaune - L’exécutif de Pierre Bolze se met en ordre de marche avec 22 délégations attribuées -
Violaine Demaret nommée préfète de Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or -
Le Casino d'Evian-les-Bains ravagé par un incendie -
Beaune – Le piano en majesté pour un concours international déjà très prometteur -
Beaune – Le député RN René Lioret, ciblé par une manifestation de la CGT contre la loi sur le 1er mai, se dit « bouc émissaire » -
Beaune - KIWAPâques a rassemblé la foule pour une journée festive au profit des enfants -
À Meursault, une nouvelle balade sonore pour explorer le village autrement -
Beaune – L’Atelier des Créateurs célèbre le savoir-faire local aux Ateliers du Cinéma le samedi 18 avril -
Beaune - Les cascadeurs de l’American Motor Show débarquent ce week-end de Pâques -
Beaune - “Tout un cirque” : la Balle au Bond déploie sa fête annuelle du 7 au 18 avril -
Conseil municipal de Beaune - Un vœu unanime pour défendre les classes menacées de fermeture -
Beaune - Jérôme Kerviel face aux chefs d’entreprise du réseau CRC, le récit d’une chute et d’un combat -
Beaune & agglo– « Non aux fermetures de classes » : Beaune Demain dénonce une décision « au détriment des élèves » -
Beaune – Carole Verna de l’Esat du Clos Chameroy récompensée à Paris pour son parcours exemplaire -
Beaune - A l'école des Blanches Fleurs, la mobilisation ne faiblit pas face à la fermeture d’une classe -
Beaune - Chasse aux œufs au Parc de la Bouzaise avec les Espaces Beaunois -
Tonnerre - Les Vinées Tonnerroises célèbrent leur 33ᵉ édition les 4 et 5 avril à l’Hôtel-Dieu -
Canco’croc un duo innovant de cancoillotte et gressins : la fromagerie Poitrey étend son offre -
La commission permanente du Conseil départemental attribue près de 5,3 millions d’euros d’aides en faveur des territoires et des Côte-d’Oriens