BEAUNE

Beaune – Maison médicale de garde : un vote repoussé après un débat tendu au conseil municipal

Beaune – Maison médicale de garde : un vote repoussé après un débat tendu au conseil municipal

À trois mois des municipales, le déclassement et la cession de l’ancienne Maison médicale de garde du Pays Beaunois ont animé le Conseil municipal. Face aux réserves exprimées, les deux dossiers ont finalement été retirés et reportés à décembre.

Pressenti pour être voté ce lundi soir, le déclassement puis la cession de l’ancienne Maison médicale de garde, avenue Guigone-de-Salins, devait ouvrir la voie à une vente à l’association évangélique Le Tabernacle. Face aux interrogations de l’opposition du groupe mené par Pierre Bolze et aux réserves exprimées pendant la séance, les deux dossiers ont finalement été retirés de l’ordre du jour et reportés au prochain conseil de décembre.
 
Un bâtiment vide depuis 2021, au cœur d’un double dossier
Ce bâtiment de 117 m², situé 6 avenue Guigone-de-Salins, comprend 94 m² correspondant à l’ancienne maison médicale de garde et 23 m² de vestiaires et sanitaires mis ponctuellement à disposition de l’agglomération lors des manifestations sportives.
Depuis janvier 2021, la Maison médicale de garde a quitté ce site pour rejoindre le centre hospitalier des Hospices Civils, à proximité des urgences. Le bâtiment, dès lors sans utilité médicale, devait être déclassé afin d’être intégré au domaine privé de la Ville, étape préalable à toute vente.
 
Un bâtiment sans utilité, lourd à entretenir
L’adjoint en charge de l’urbanisme et de l’environnement, Xavier Coste, présente la délibération en soulignant l’inoccupation et les enjeux de gestion du site : « Ce bâtiment a été désaffecté depuis 2021. Depuis deux ans, nous cherchons à le vendre. Il est régulièrement squatté, notamment avec des jeunes sur le toit. Le caractère médical ne se justifie plus, et d’importants travaux seraient nécessaires ». Il rappelle que le projet avait été validé en commission et n’avait soulevé aucune difficulté technique.


 Demande du retrait pour un réexamen après les élections
Dès l’ouverture du débat, Jean-François Champion (opposition) demande que les deux dossiers – désaffectation et cession – soient retirés de l’ordre du jour : « Je propose de retirer le dossier pour le remettre après les élections ». Une demande qui ouvre une séquence de divergences au sein même du conseil.
Face à la proposition de retrait, Alain Suguenot, maire de Beaune, choisit d’aller au vote : « Le bâtiment n’a plus d’utilité publique. Pour l’instant, il ne s’agit que de se prononcer sur la désaffectation ». Le maire souligne également l’enjeu financier : « C’est une question de bonne gestion. La vente représenterait 200 000 € qui reviendraient à la Ville ».
Pierre Bolze défend un retrait des deux dossiers : « Il y a une cohérence entre les deux délibérations : s’il n’y a pas de cession, pas de déclassement. Ce bâtiment est situé entre une école, la Mission locale, le CIO et le Foyer des jeunes travailleurs. On pourrait imaginer un projet public. Déclasser et vendre trois mois avant les élections n’est pas judicieux ».
Il insiste sur la possibilité de réfléchir à des usages tournés vers la jeunesse ou les services publics.
L’adjointe aux grands projets, Charlotte Fougère, apporte des précisions : « Même s’il y a déclassement, la Ville reste propriétaire. La situation financière est compliquée, nous avons d’autres priorités. Ce n’est pas un sujet qui sort du chapeau : on en parle depuis plusieurs années ». Elle rappelle l’état vétuste du bâtiment et le coût de son entretien.
Stéphane Dahlen s'inscrit dans une logique de gestion : « Nous savons bien qu’il ne sort pas du chapeau. Il y avait notamment un projet de vestiaires par l’agglomération, projet qui aurait tout son sens avec le terrain de rugby à proximité ». Ce sujet a été recentré sur les préoccupations actuelles de la Ville.
Jean-Luc Becquet, adjoint en charge de l’espace public, des circulations douces et mobilité active, de la propreté et de la voirie, estime que le déclassement ne préjuge en rien du futur : « Voter le déclassement ne dit rien de ce que deviendra le site ».
Le maire apporte une information sur la perspective de la cession : « elle n’est pas totalement bouclée. Même si ce sont deux rapports différents, il y a une certaine réticence de l’opérateur, la délibération concernant ce point devait être reportée ». Une précision qui contribue à alimenter l’incertitude autour du dossier.
Finalement, alors que le silence retombe dans la salle, Alain Suguenot décide : « Les deux dossiers sont repoussés jusqu’au prochain conseil de décembre. Entre-temps, cela vous laissera le temps d’y réfléchir ».
 
Contexte de la cession envisagée
Le second dossier concernait la vente du bâtiment à l’association Le Tabernacle Beaune, qui avait formalisé son souhait d’acquérir les lieux par courrier du 30 juin 2025.
France Domaine a estimé la valeur vénale à 200 000 € TTC.
Le projet portait sur la cession de l’ensemble du bâtiment de 117 m² et d’un terrain d’assise de 75 m². Le maire a précisé en séance que la cession n’était “pas totalement calée”, évoquant des “réticences de l’opérateur”.
Ce double retrait acte le fait que la question de l’avenir de ce bâtiment, situé au cœur d’un secteur dédié à la jeunesse et aux services publics, reste ouverte.
Le conseil de décembre pourrait apporter un premier éclairage, à moins que la campagne municipale ne s’en empare.

Jeannette Monarchi