BEAUNE

Beaune - Mouvement(s) : l’Hôtel-Dieu lance une saison 2026 à vivre avec tous les sens

Beaune - Mouvement(s) : l’Hôtel-Dieu lance une saison 2026 à vivre avec tous les sens
Beaune - Mouvement(s) : l’Hôtel-Dieu lance une saison 2026 à vivre avec tous les sens
Beaune - Mouvement(s) : l’Hôtel-Dieu lance une saison 2026 à vivre avec tous les sens
Beaune - Mouvement(s) : l’Hôtel-Dieu lance une saison 2026 à vivre avec tous les sens

Ce vendredi soir, l’Hôtel-Dieu a levé le voile sur sa saison culturelle 2026 lors d’une soirée de présentation immersive, suivie d’une déambulation théâtrale et musicale dans ses salles historiques. Une entrée en matière sensible et incarnée pour inaugurer MOUVEMENT(S), premier volet d’un nouveau triptyque ambitieux intitulé De l’esprit hospitalier.

Dans la cour et les salles emblématiques de l’Hôtel-Dieu, le public était nombreux à répondre à l’invitation. Après trois années consacrées aux valeurs fondatrices de l’institution — hospitalité, charité et humanité — le monument emblématique de Beaune ouvre une nouvelle page de son projet culturel, invitant les visiteurs à expérimenter le patrimoine autrement, par le corps, les sens et l’émotion.
 
Un nouveau triptyque pour penser l’esprit hospitalier
La soirée a débuté par une présentation de la saison 2026 par Sandrine Allard-Saint-Albin, directrice de l’Hôtel-Dieu, accompagnée de Marine Bigot, responsable du développement des publics. Ensemble, elles ont posé les bases du nouveau cycle De l’esprit hospitalier, qui se déploiera de 2026 à 2028 autour de trois notions clés : MOUVEMENT(S) du corps en 2026, PASSION(S) de l’âme en 2027, LANGAGE(S) du soin en 2028.
« Ce nouveau triptyque nous permet d’explorer le soin dans toutes ses dimensions — physiques, sensibles, symboliques — en faisant dialoguer l’histoire de l’Hôtel-Dieu avec des pratiques contemporaines artistiques, scientifiques et sociales », a expliqué Sandrine Allard-Saint-Albin.
Fondé en 1443, l’Hôtel-Dieu fut longtemps un lieu d’assistance plus que de médecine au sens moderne : on y offrait le gîte, la nourriture, l’accompagnement spirituel et des soins empiriques. Ce n’est qu’à partir de la Révolution française que la notion de soin, au sens institutionnel et médical, s’impose. C’est cette longue histoire du corps soigné et du corps soignant que la saison 2026 entend interroger, en mettant le mouvement au cœur de la réflexion.
A partir 2029, le troisième triptyque sera consacré à l’histoire du bâti, en lien avec le vaste projet de réhabilitation « Hôtel-Dieu 2043 ». Une étude patrimoniale et sanitaire menée sur l’ensemble du site permettra d’identifier les priorités de restauration, à commencer par le bastion, avec des études préalables sur deux à trois ans, incluant des fouilles archéologiques sur l’ancien cimetière. Un travail destiné à mieux relier l’Hôtel-Dieu d’hier à celui d’aujourd’hui.
Autre priorité majeure : la restauration du polyptyque, prévue à partir de 2027 pour une durée de deux ans. Durant les travaux, une copie sera installée dans la chapelle de la salle des Pôvres afin de maintenir la médiation. L’espace habituellement dédié à l’œuvre accueillera quant à lui des dispositifs de projections et de réalité augmentée, permettant de suivre l’histoire et les étapes de cette restauration emblématique.


 
2026, une année pour mettre les corps en mouvement
Pourquoi le mouvement ? Parce qu’il est au centre de toute expérience hospitalière : gestes du soin, transformations du bâti, déplacements des corps, progrès médicaux, mais aussi mouvements artistiques et sociaux.
Tout au long de l’année, l’Hôtel-Dieu proposera une programmation foisonnante : parcours commentés, visites sensorielles, ateliers olfactifs et gustatifs, enquêtes historiques, escape game patrimonial, projections, randonnées vélo, rencontres artistiques et scientifiques. Le patrimoine ne se contemple plus seulement : il se touche, se goûte, s’écoute, se vit.
Parmi les nouveautés présentées ce vendredi soir, un pop-up immersif de 15 minutes autour du “mouvement de caméra”, imaginé à l’occasion des 60 ans du film La Grande Vadrouille, tourné en partie à Beaune. L’Hôtel-Dieu y dialogue avec le cinéma, rappelant qu’il a aussi servi de décor à Les Trois Mousquetaires ou à des productions plus récentes, et qu’il continue d’inspirer les réalisateurs.
 
Zoom – Le grand week-end « L’Hôtel-Dieu en mouvement(s) »
Temps fort de la saison 2026, le grand week-end « L’Hôtel-Dieu en mouvement(s) », prévu les vendredi 22, samedi 23 et dimanche 24 mai, incarne pleinement l’esprit du nouveau triptyque culturel. Pensé comme un moment de rencontre, de pratique et d’émotion, cet événement transforme le monument en un vaste terrain d’expériences.
Trois jours, trois ambiances, pour explorer le mouvement sous toutes ses formes : artistique, corporelle, scientifique et festive. Ateliers sportifs, performances, stop motion, opéra baroque, photographie, danse, joutes oratoires et soirées conviviales se succèdent dans les cours, les salles historiques et les espaces extérieurs de l’Hôtel-Dieu.
La programmation s’adresse à tous les publics. Le vendredi est notamment dédié aux scolaires, tandis que le samedi et le dimanche invitent familles, curieux et passionnés à investir le lieu. Le sport occupe une place centrale, avec des temps forts autour de la pétanque — sport intergénérationnel par excellence — et des propositions axées sur le lien entre sport et santé. « Un esprit sain dans un corps sain », un adage qui trouve ici un écho particulier dans un lieu historiquement dédié au soin.
Impossible d’évoquer le mouvement sans rendre hommage à Étienne-Jules Marey, enfant de Beaune et pionnier mondial de l’analyse du mouvement. À l’occasion de ce grand week-end, l’Hôtel-Dieu consacre plusieurs temps forts à cette figure majeure, dont l’œuvre irrigue encore aujourd’hui la médecine, la science, le sport et le cinéma.
Médecin, physiologiste, inventeur et photographe, Marey a consacré sa vie à comprendre la « machine humaine ». À travers ses recherches sur la marche, la respiration, le vol des oiseaux ou encore la locomotion animale, il a posé les bases de la chronophotographie, technique révolutionnaire permettant de décomposer le mouvement image par image. Un héritage qui fait de lui l’un des pères de l’image animée et un précurseur du cinéma.
Durant le week-end, cette pensée du mouvement sera explorée de manière vivante et accessible, grâce à la participation exceptionnelle de l’association des Amis de Marey et des musées de Beaune, présidée par Michel Crestanello. Pour la première fois, l’association s’inscrit pleinement dans la programmation d’une institution patrimoniale, faisant dialoguer sciences, arts et histoire hospitalière.
Au programme : rencontres, médiations et dispositifs créatifs inspirés des travaux de Marey, dont un projet de stop motion faisant écho à ses expériences photographiques, et des échanges autour de l’influence durable de ses recherches, notamment dans la rééducation fonctionnelle et la médecine contemporaine. « On ne mesure pas toujours à quel point Marey est présent dans notre quotidien : de la rééducation de la marche aux outils d’analyse du geste sportif », rappelle Michel Crestanello.
Souvent qualifié de « Léonard de Vinci beaunois », Étienne-Jules Marey incarne parfaitement l’esprit de cette saison 2026 : un patrimoine hospitalier en mouvement, à la croisée du corps, du soin et de la création
 
Zoom – Les ateliers des sens, signature de la saison 2026
Autre pilier fort de la programmation MOUVEMENT(S) : les ateliers sensoriels, devenus au fil des saisons une véritable signature de l’Hôtel-Dieu. En 2026, ils prennent une nouvelle ampleur et explorent le patrimoine hospitalier par l’odorat, le goût, le toucher et l’écoute.
Les ateliers olfactifs, menés par Marie-France Bravard, invitent les participants à découvrir les arômes des caves, les parfums des plantes médicinales et les odeurs liées aux pratiques de soin d’autrefois. À travers les méthodes d’olfaction utilisées par les « nez », ces expériences permettent d’appréhender l’histoire hospitalière de manière intime et sensible.
Grande nouveauté de la saison, les ateliers autour du goût du soin interrogent le mouvement de la bouche, l’alimentation et leur rôle dans la guérison. Dégustations, petites expériences gustatives et échanges autour de la nutrition permettent de comprendre comment nourrir a longtemps été un acte de soin à part entière.
Les dimanches matin, l’Hôtel-Dieu proposera également des matinales gourmandes, avec dégustations en amuse-bouche en compagnie d’une cheffe, dans un cadre patrimonial exceptionnel. Une formule inédite, où le plaisir du goût devient un vecteur de transmission historique.
À ces propositions s’ajoutent des ateliers de calligraphie et d’exploration des archives, mêlant geste, écriture et mémoire, ainsi que des visites chantées en partenariat avec le Festival d’Opéra baroque. Autant d’expériences qui invitent le visiteur à ne plus seulement voir le monument, mais à le ressentir pleinement.
 
Une déambulation théâtrale pour conclure la soirée
La présentation s’est prolongée par un moment suspendu : une déambulation théâtrale et musicale à travers l’Hôtel-Dieu, intitulée Magie de l’apothicairerie. Guidés par le comédien Thomas Volatier, accompagné à l’accordéon par Thierry Bouchet, les visiteurs ont parcouru les salles emblématiques — apothicairerie, cuisines, salles de soins, cour d’honneur — redécouvrant chaque espace par le récit, la musique et la poésie.
Par la voix du comédien, les recettes anciennes, les plantes médicinales, les gestes des sœurs hospitalières et les savoirs oubliés reprenaient vie. Une expérience sensible, à la frontière du spectacle et de la visite patrimoniale, qui a donné chair au propos de la saison : faire ressentir l’histoire du soin, plutôt que la raconter frontalement.
 
Un monument vivant, tourné vers l’avenir
Fort d’une fréquentation record de 466 041 visiteurs en 2025, l’Hôtel-Dieu confirme son statut de première destination culturelle payante de Côte-d’Or. Mais au-delà des chiffres, c’est une vision du patrimoine qui s’affirme : celle d’un lieu vivant, en mouvement, où l’histoire hospitalière se transmet par l’expérience, le dialogue et les sens.
Avec MOUVEMENT(S), l’Hôtel-Dieu de Beaune invite chacun à entrer autrement dans près de six siècles d’histoire du soin. Une invitation à ressentir, à comprendre et à habiter pleinement l’esprit des lieux.

Jeannette Monarchi

La plaquette à retrouver ici