BEAUNE

Beaune - L’émotion d’un choix de vie, treize nouveaux citoyens accueillis dans la nationalité française

Beaune - L’émotion d’un choix de vie, treize nouveaux citoyens accueillis dans la nationalité française

Pour ceux qui naissent Français, devenir citoyen paraît naturel. Pour ceux qui l’ont choisi, c’est souvent l’aboutissement d’années d’efforts, d’intégration et d’attachement à un pays. À Beaune, la cérémonie de naturalisation organisée par la sous-préfecture a donné à voir toute la force symbolique de cet engagement.

Il y avait quelque chose de particulièrement émouvant mercredi après-midi dans les salons de la sous-préfecture de Beaune. Pour beaucoup de Français de naissance, la citoyenneté est une évidence. Pour celles et ceux qui ont choisi de devenir Français, elle représente souvent l’aboutissement d’un parcours de plusieurs années, jalonné d’efforts, d’intégration, d’apprentissage de la langue, de compréhension des institutions et d’attachement progressif à un pays devenu le leur.
Cette émotion était visible sur les visages des treize récipiendaires présents à la cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française organisée par le sous-préfet de Beaune, Benoît Byrski. Une cérémonie solennelle qui concernait cette année 32 personnes de l’arrondissement de Beaune, originaires de 24 pays différents et naturalisées entre juillet 2024 et mars 2026.
 
Une cérémonie républicaine riche en symboles
Pour marquer l’importance de cet instant, Benoît Byrski avait revêtu la tenue officielle du corps préfectoral. Face aux nouveaux citoyens, entourés de leurs proches et des maires ou représentants des communes concernées, la cérémonie s’est ouverte par la projection du film institutionnel « Devenir Français ».
Durant quelques minutes, les récipiendaires ont été invités à revisiter l’histoire de France : de la Révolution française à la Ve République, des combats pour la liberté aux heures sombres de l’Occupation et de la Résistance, jusqu’à la construction de la démocratie moderne.
Le film rappelle les fondements de la République française : une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, portée par sa devise universelle : Liberté, Égalité, Fraternité.
Il évoque également le rayonnement culturel de la France, son rôle sur la scène internationale, son engagement au sein de l’Union européenne ainsi que les droits et devoirs attachés à la citoyenneté.
Car devenir Français, c’est acquérir le droit de vote, participer à la vie démocratique du pays, mais aussi respecter les lois, les principes républicains et contribuer au vivre-ensemble.

 
« Vous accomplissez un rêve que beaucoup partagent »
Dans son discours, Benoît Byrski a tenu à rappeler toute la portée de cette naturalisation.
« Aujourd’hui est un jour mémorable pour vous, mais aussi pour nous. Il marque votre appartenance pleine et entière à notre communauté nationale. Je suis fier de vous accueillir parmi nous. » Le sous-préfet a souligné que cette démarche volontaire constituait un acte fort. « Vous accomplissez un rêve que beaucoup d’autres ont partagé avant vous. » Il a rappelé que plusieurs grandes figures de l’histoire française avaient elles aussi choisi la nationalité française, à l’image de Marie Curie, Guillaume Apollinaire ou encore Joséphine Baker. Pour lui, la France ne se définit pas uniquement par ses origines mais avant tout par des valeurs communes. « La France n’est pas seulement une communauté de sang. C’est une communauté de destin, d’identité et de valeurs. »
Le représentant de l’État a insisté sur la richesse que constitue la diversité des parcours. « Vous êtes désormais citoyens français et citoyens européens. Vous êtes libres de croire, de penser, de vous exprimer, dans le respect des règles de la République et de la laïcité. »
Il a également rappelé que cette naturalisation est souvent l’aboutissement d’un long cheminement personnel. « Certains sont venus pour travailler, étudier, rejoindre leur famille ou fuir des situations difficiles. Votre choix témoigne d’un attachement sincère à notre pays. »
 
Une France enrichie par les parcours de chacun
Cette année, les nouveaux citoyens concernés par la cérémonie étaient originaires du Canada, de Chine, de Colombie, du Congo, des États-Unis, du Liban, du Mali, du Mexique, du Portugal, de Roumanie, de Tunisie et d’Ukraine. Parmi eux figuraient notamment plusieurs habitants de Beaune, mais également de Chamboeuf, Chassagne-Montrachet, Corgoloin, Couchey, Brazey-en-Plaine ou encore Reulle-Vergy. Tous ont été appelés individuellement pour recevoir leur livret d’accueil dans la citoyenneté française des mains du sous-préfet et des élus de leur commune.
Ce livret rassemble notamment les textes fondateurs de la République, les droits et devoirs du citoyen ainsi qu’une lettre de bienvenue de l’État français.
 
Pierre Bolze : « Vous avez fait le bon choix »
Présent lors de cette cérémonie, le maire de Beaune Pierre Bolze a lui aussi tenu à adresser quelques mots aux nouveaux citoyens. « C’est une cérémonie marquante, un moment fort. Vous faites désormais partie de la même communauté nationale. » L’édile a salué le parcours souvent exigeant accompli par chacun. « Vous avez fait ce choix malgré un parcours parfois long, parfois compliqué. Vous avez fait le choix – le bon choix – de vous établir en Sud Côte-d’Or. » Avant de conclure : « Je suis fier que notre pays s’enrichisse de vos histoires, de vos cultures et de vos expériences. Avançons désormais ensemble vers un même destin national ».
 
Une Marseillaise chantée avec ferveur
Le moment le plus émouvant est sans doute intervenu à l’issue de la cérémonie avec La Marseillaise ont retenti, plusieurs familles se sont levées spontanément. Des enfants ont repris les paroles avec enthousiasme. Les nouveaux citoyens ont chanté avec émotion. Un instant simple mais particulièrement fort, symbole de cette nouvelle appartenance à la communauté nationale. Avant un moment de convivialité permettant aux familles, aux élus et aux représentants de l’État d’échanger, chacun a pu mesurer ce que représente réellement une naturalisation : non pas l’effacement d’une histoire personnelle, mais l’adhésion volontaire à une histoire collective. Comme l’a rappelé Benoît Byrski en concluant son intervention par une citation de Romain Gary : « Je n’ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines ». Une phrase qui résonnait particulièrement dans cette salle où se côtoyaient douze nationalités différentes, désormais réunies sous une même citoyenneté.

Jeannette Monarchi