CÔTE D'OR

Le chocolat de Bourgogne s'offre une nouvelle coquille

Le chocolat de Bourgogne s'offre une nouvelle coquille
Pose de la première pierre du futur site de production au sein de la ZA ECOPARC à Saint-Apollinaire ce jeudi matin en en présence de Jérôme Durain, Président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, René Loquet, Président Directeur Général de la Chocolaterie de Bourgogne, François Rebsamen, Président de Dijon métropole, ancien ministre, et Frédéric Goulier, Maire de Saint-Apollinaire, vice-président de Dijon métropole.

La symbolique pierre qui a été découverte sur le chantier de la future usine de la Chocolaterie de Bourgogne traduit plus qu’un investissement, c’est une renaissance qui se confirme pour un produit emblématique du territoire.

Tel un phœnix, l’escargot de Bourgogne renait de ses cendres. Alors qu’en 2021 les gourmands de la région ont craint devoir renoncer à ce gastéropode en chocolat fourré de praliné, depuis 2022, René Loquet s’évertue, avec succès, à faire revivre l’industrie chocolatière locale. « C’est un morceau de patrimoine et d’histoire local, un petit bout de Bourgogne que l’on emmène partout » a souligné René Loquet, PDG de la Chocolaterie de Bourgogne. Un brin ému, il s’est réjouit de montrer qu’une « autre voie est possible pour le chocolat : plus local, plus durable et plus familial ». 


Et cette voie passe par la construction d’une nouvelle usine de 1 200 mètres carrés à Saint-Apollinaire pour que la Chocolaterie de Bourgogne puisse reprendre la main sur sa production, déléguée depuis un an et demi à des confrères - l'usine sera mise en route en mai 2027. Un investissement avoisinant les trois millions d’euros. « Nous fabriquons trois millions d’escargots par an et nous pourrons multiplier cette quantité par dix mais nous serons confrontés à un problème de stockage. » Une motivation pour le PDG qui envisage déjà la réalisation d’un second bâtiment de 800 mètres carrés dans un avenir plus ou moins proche, dédié au stockage. Le projet s’accompagne d’une création d’emplois qu’il n’entend pas délocaliser. « Nous étions quatre en 2022, nous sommes 15 aujourd’hui, nous serons bientôt 25 ici mais l’objectif est d’atteindre 50 collaborateurs à termes. » René Loquet a en effet rappelé son ancrage et son attachement au territoire. « Il est encore possible d’investir ici, de créer des emplois chez nous, de transmettre des savoir-faire entre nous. » 


Un chocolat d’ici pour les gens d’ici
Le PDG voit cet investissement sur un terrain de 3 000 mètres carrés comme « une pierre de voute entre ce qui a été accompli et ce qui reste à faire ». Il entend notamment ouvrir une dizaine de boutiques en propre d’ici six à sept ans et n’exclue pas de développer un réseau de franchisés. « Les futures boutiques pourront couvrir le territoire à Beaune ou à Besançon. Nous allons aussi tester de nouveaux modèles comme les galeries marchandes par exemple. » 
Un ancrage territorial et de proximité pour l’escargot et les confiseries de la Chocolaterie de Bourgogne que les élus locaux ont largement salué, se réjouissant que perdure cette spécialité locale. « L’industrie chocolatière s’est implantée à Dijon au début du 20e siècle en s’appuyant aussi bien sur le sucre de betterave que sur le carrefour ferroviaire » a rappelé François Rebsamen, président de Dijon métropole. Bien que la production de chocolat ait diminué localement, l’élu s’est réjoui d’une industrie qui produit mieux. « C’est une économie de la qualité portée par la chocolaterie artisanale. Cela contribue à une de nos filières d’excellence qu’est l’agroalimentaire. » En Bourgogne, le patrimoine est économique et gastronomique a-t-il conclu.

Nadège Hubert