CÔTE D'OR

Assemblée plénière de l’Observatoire départementale de la Protection de l’enfance : un lieu de pilotage et de coopération au service des enfants

Assemblée plénière de l’Observatoire départementale de la Protection de l’enfance : un lieu de pilotage et de coopération au service des enfants
©Philippe Bruchot - CD 21

François Sauvadet, Président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, a réuni ce lundi l’Assemblée plénière de l’Observatoire départemental de la protection de l’enfance(1), en présence d’Emmanuelle Coint, Vice-présidente en charge des Solidarités. Installé depuis 2014, cet observatoire constitue un outil essentiel de pilotage, d’observation et de coordination des politiques de protection de l’enfance dans le département.

« La mission la plus noble mais aussi la plus difficile assumée par les Départements »
« La protection de l’enfance est l’affaire de tous. Face à des situations de plus en plus complexes, nous avons besoin de tous les acteurs : le Département, les services de l’État, la Justice, les professionnels de santé, l’Éducation nationale et les associations. C’est cette prise en charge collective qui nous permet de construire des réponses adaptées à chaque parcours », a d’abord rappelé François Sauvadet.
« Je veux redire ma confiance dans le travail collégial que nous menons avec l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance. Les difficultés sont réelles et les défis nombreux, mais c’est en partageant nos compétences et nos responsabilités que nous pourrons progresser. Notre objectif est commun : ne laisser aucun enfant de côté et lui permettre de retrouver confiance et de construire son avenir. »
Le Président Sauvadet a aussi redit la nécessité que l’Etat assume ses propres responsabilités : « Nous faisons face à une augmentation très forte des besoins en santé mentale chez les enfants et les adolescents. Les Départements sont en première ligne, mais ils ne peuvent pas se substituer aux compétences de l’État. La pédopsychiatrie est aujourd’hui exsangue et ses moyens sont insuffisants face à l’explosion des besoins. Les délais d’attente sont parfois considérables et trop de jeunes se retrouvent sans réponse adaptée à leur pathologie. Nous devons donc renforcer les moyens consacrés à la santé mentale des jeunes, partout dans les territoires. C’est une responsabilité de l’État et une urgence pour nos enfants ».

©Philippe Bruchot - CD 21

Plus de 3 400 enfants bénéficiaires d’une mesure de protection en Côte-d’Or
Les chiffres présentés à l’occasion de cette Assemblée plénière témoignent de l’importance de la mission confiée au Département.
En 2025, 3 424 enfants ont bénéficié d’au moins une mesure de protection de l’enfance en Côte-d’Or, contre 3 061 en 2022, soit une progression de près de 12 %. 
Dans le même temps, le nombre d’informations préoccupantes a considérablement augmenté avec 2 428 en 2025, contre 1 806 en 2022. Les événements indésirables font également l’objet d’un suivi attentif : 477 signalements ont été effectués en 2025, concernant 209 enfants, principalement âgés de 13 à 18 ans.
La protection de l’enfance doit par ailleurs composer avec une évolution des modes d’accueil. Entre 2019 et 2025, le Département a enregistré une perte de 165 places d’accueil familial, alors même que le nombre d’enfants à protéger progresse.
« Ces chiffres montrent à quel point notre responsabilité est grande. Notre priorité est de protéger chaque enfant, mais aussi de personnaliser les réponses en fonction de chaque parcours. Il n’existe pas une solution unique : il faut pouvoir mobiliser un panel de solutions, au plus près des besoins de chaque enfant », rappelle François Sauvadet.

Faire de la prévention et du partenariat une priorité
Face à ces enjeux, le Département poursuit le développement de son maillage territorial, renforce la prévention et travaille à l’attractivité des métiers de la protection de l’enfance.
Le Département compte notamment 136 assistants familiaux, qui accueillent 264 enfants. La campagne de promotion réalisée par le Département pour mieux faire connaître ce métier a permis de faire progresser le nombre d’agréments délivrés, de 8 en 2024 à 25 en 2025, avec déjà 20 agréments enregistrés en septembre 2026.
De nouveaux dispositifs sont également développés pour répondre aux situations les plus complexes. La structure « La Cabotte », ouverte en septembre 2026 à Morey-Saint-Denis, accueille ainsi six jeunes relevant de la protection de l’enfance, à problématiques complexes nécessitant un accompagnement spécialisé.
Le Département poursuit également son action en matière d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. Un protocole d’accompagnement des jeunes de 16 à 21 ans a ainsi été signé ce 28 septembre avec tous les partenaires concernés, afin de mieux coordonner les interventions en matière d’emploi, de logement, de santé, d’insertion et de vie citoyenne.

Changer de pratique en favorisant une approche à 360°
« Face à l’augmentation du nombre d’enfants à protéger, nous devons nous inspirer de modèles qui ont déjà fait leur preuve, tel que le système québécois que nous avons eu l’opportunité d’étudier avec Départements de France. Là-bas, l’action publique est menée avec une approche globale et intégrée qui articule protection de l’enfance, santé et services sociaux, à l’inverse de notre organisation française marquée par des logiques en silo » a conclu le Président Sauvadet.
Parce que la protection de l’enfance est une responsabilité partagée, il est urgent de revoir les modèles de contractualisation et renforcer la coopération, avec ce souci constant d’améliorer l’efficacité des réponses apportées aux enfants et aux familles.

(1) Créé dans le cadre de la loi du 5 mars 2007, l’ODPE associe, sous la présidence du Président du Conseil départemental, l’ensemble des acteurs concernés par la protection de l’enfance : services du Département et de l’État, Justice, Protection judiciaire de la jeunesse, Éducation nationale, acteurs de santé, établissements hospitaliers, associations et représentants des professionnels. Cette approche partenariale permet de partager les données et les constats, de croiser les regards et de construire des réponses adaptées aux besoins des enfants et des familles.