CÔTE D'OR

En Côte-d’Or comme dans un rêve ! Une évasion à portée de mains

En Côte-d’Or comme dans un rêve ! Une évasion à portée de mains
En Côte-d’Or comme dans un rêve ! Une évasion à portée de mains
En Côte-d’Or comme dans un rêve ! Une évasion à portée de mains
En Côte-d’Or comme dans un rêve ! Une évasion à portée de mains

L’Ecodomaine la Rêverie s’avère être une invitation, si ce n’est au rêve, au moins à une reconnexion avec la nature dans un cadre bucolique et élégant. Le chien sagement installé dans la voiture, le sac de voyage dans le coffre, je prends la route pour Thoreille, à deux pas d’Arnay-le-Duc.

Lunettes de soleil vissée sur le nez, je me rends à Thoreille pour découvrir l’Ecodomaine la Rêverie et ses hébergements insolites. A une heure de route de Dijon et Chalon-sur-Saône, une grosse demi-heure de Beaune, le site dont on m’a vanté l’intérêt, se veut la preuve qu’il n’est pas utile de parcourir de nombreux kilomètres pour être dépaysé et se ressourcer en pleine nature. Je laisse la ville derrière moi mais pas pour autant la civilisation puisqu’à quelques minutes de ma destination finale, Arnay-le-Duc offre les commerces et services indispensables.

Le GPS me guide jusqu’à ce que je vois un panneau en bois qui me confirme que je suis au bon endroit : Ecodomaine La Rêverie. L’établissement a ouvert ses portes à l’été 2021 dans cette commune de moins de 350 habitants, Viévy et son lieu-dit Thoreille. Un parking de quelques places attend ma voiture tandis que j’aperçois les six emplacements du camping adossé à l’accueil. Me voilà arrivée à « L’origine » où je suis accueillie par Grégory et Yoann, les propriétaires. Sourire aux lèvres, les deux hommes, d’une quarantaine d’année à en croire les quelques nuances de gris qui parsèment leurs tempes, se soucient de mon voyage. Contrairement à d’autres visiteurs dont je découvre les plaques d’immatriculation parisienne ou du sud de la France, je suis une voisine puisqu’en Côte-d’Or. « Nous avons à la fois une clientèle française qui passe pour une étape originale ou qui vient découvrir le territoire mais aussi des clients du bout du monde, d’ailleurs une taiwanaise doit bientôt venir » m’explique Grégory. J’apprends également que les Côte-d’Oriens et Saône-et-Loiriens ne sont pas en reste, profitant de la proximité pour s’offrir une nuit hors du temps. A l’issue de la saison 2022, l’Ecodomaine devrait recevoir environ 900 personnes. 

Découverte progressive

Après les formalités d’usage à « L’origine », qui sert à la fois d’accueil chaleureux et de boutiques de produits locaux ; un point d’honneur que tiennent à marquer Grégory et Yoann ; vient le temps de l’installation. Je ne serai pas la première à découvrir mes pénates, le chien aura cet honneur. A l’entrée de l’Ecodomaine, deux box ont été prévus pour les amis à quatre pattes. Eux-mêmes propriétaires de deux huskys, les hébergeurs ont un réel souci du bien-être animal. Outre une niche et une gamelle d’eau, mon colocataire poilu a droit à une petite piscine pour se rafraichir les coussinets et un tapis. Toutou dans ses quartiers, les garçons prennent mes affaires et je grimpe avec Grégory dans la voiturette électrique qui va me conduire à mon hébergement insolite. Cette nuit, je plonge dans un univers inuit avec la tente Nerrivik. Même si j’ai bien repéré une roulotte à côté de l’Origine, il faut parcourir quelques centaines de mètres pour arriver au site d’hébergement insolite, au bout d’une route sans issue que seuls les agriculteurs environnants fréquentent, à l’extérieur du village. Un nouveau panneau de bois indique l’entrée du site. Sur le sentier que la voiturette dévale, Grégory m’indique l’arbre à souhait et m’encourage à revenir lire l’histoire d’Ernest, gravée dans le bois. Le propriétaire me dresse un bref état des lieux en me faisant faire le tour de la propriété. Autour d’un grand étang entouré de verdure, plusieurs ambiances ont vu le jour. « Ici, ce sont les tipis, deux ou quatre places. Vous trouverez aussi le brasero pour faire brûler les chamallow autour du feu ce soir, peut-être que d’autres rêveurs se joindront à vous. » Plus loin, l’embarcadère… Mais pour aller où ? « Il est dédié aux rêveurs qui occupent l’île centrale et qui dorment dans l’Orangerie. » J’entrevois dissimulée entre les arbres cette maison de verre où l’on doit dormir sous les étoiles mais dans le plus grand confort moderne. Un peu plus loin, la cabane flottante donne le sentiment qu’un explorateur va franchir le pas de la porte. Grégory s’arrête à quelques centaines de mètres de là. « Nous voici à Nerrivik. Pour savoir ce que cela signifie, je vous laisse chercher. » En pleine nature certes mais pas coupée du monde ! Mon réseau fonctionne à pleine barre et je vais pouvoir partager mon séjour avec ma communauté. 

L’heure de s’installer

Sur une petite bute, une immense tente m’attend au bout d’un petit chemin que je parcours en quelques pas. Une terrasse avec une table et deux chaises, deux chaises longues pour se prélasser au soleil, un bain extérieur chauffée à l’avance par Grégory me fera le plus grand bien si la soirée se rafraichit. Sur le côté, les toilettes sèches. « Il n’y a ni eau courante ni électricité mais vous avez tout le nécessaire dans le sac à dos que Yoann vous a remis. » Une bouteille d’eau, des verres, une lampe torche et une télécommande pour les ampoules alimentées par le soleil. Il est temps d’ouvrir les portes pour découvrir ma chambre d’une nuit. Grégory s’exécute et me laisse entrer. L’effet Wahou ne se fait pas attendre. Un immense lit deux places, des fauteuils dont le confort saute déjà aux yeux, une décoration à la fois minimaliste et de bon goût… Une bassine et une immense bombonne d’eau pour une toilette de chat ou pour me laver les dents. En effet, tout y est ! Avant de prendre congé, Grégory me rappelle que je peux utiliser les serviettes à ma disposition pour me rendre à l’espace bien-être où le sauna tout chaud m’attend. Une fois seule, je ne tarde pas à tout tester : le lit moelleux, les fauteuils, les chaises longues… Je ne sais où m’installer pour lire un moment et me délecter du chant des oiseaux, des poissons qui bondissent dans l’étang ou des grenouilles qui parfois se laissent approcher. 

Une invitation à revenir

La fin d’après-midi m’encourage à prendre une douche, il me suffit de remonter à pied jusqu’à l’origine pour profiter des sanitaires mis à la disposition des clients du camping et des hébergements insolites. Une dizaine de minutes à pied, sur cette route déserte, me laissent le temps d’apprécier le calme environnant et le chant… des vaches. Même les sanitaires ne manquent pas d’élégance. Tout est pensé et soigné. J’en profite pour faire un tour avec le chien ravit de se dégourdir les pattes. Yoann m’informe que mon repas, commandé auprès d’un restaurant des environs, me sera apporté directement à mon hébergement. J’en profite pour prendre un apéritif à la terrasse de l’Origine. « Vu que j’emmène votre repas, voulez-vous que je vous ramène à votre hébergement » me propose Yoann. Je ne dis pas non et me revoici partie pour un tour de voiturette électrique. « Nous sommes attachés à respecter le site et la nature donc nous cherchons toutes les solutions possibles pour réduire l’impact et la consommation d’énergie. » Sur le trajet, j’apprends également qu’un nouvel hébergement est au programme pour 2023 ainsi qu’une salle de séminaire et une piscine hors sol. « D’ici là, une expérience dédiée à nos rêveurs va voir le jour » me glisse Yoann avec une pointe de mystère. Ma curiosité est piquée ! Le copropriétaire m’explique qu’il a conçu un chemin dans la nature, non loin de mon hébergement, avec une histoire féérique pour plonger encore un peu ses clients dans un autre univers, celui des Kodamas et de leur ami Ernest. Bricoleur et créatif, Yoann a imaginé un véritable son et lumière de quelques minutes. Il me fait les honneurs des coulisses. « Tout n'est pas tout à fait terminé. Ici il y aura un banc pour écouter l’histoire et là, des lumières rouges… » Avec enthousiasme, il m’aide à me projeter entre les arbres là où ses idées seront bientôt réalité, fin juillet au plus tard. 

Entre eau chaude et chaleur humaine

L’heure tourne, la nuit est tombée. Yoann s’assure que j’ai encore du bois pour chauffer mon bain, me laisse un bocal de chamallow et m’abandonne à mon repos (bien mérité) pour allumer le brasero entre les tipis. Mon panier repas me régale, la qualité est au rendez-vous. Après manger, je me laisse guider par le son des rires qui montent dans les arbres, mon bocal de bonbons sous le bras. J’échange avec les autres rêveurs de passage pendant que les chamallows fondent sous les flammes. Après quelques causeries conviviales, je retourne à mon univers où j’enfile mon maillot et je glisse un pied, puis l’autre avant de me submerger totalement dans mon bain chauffé à 38 degrés par un feu de bois. La fatigue, me gagne, il est temps d’aller me coucher. Le lit et les oreillers m’engloutissent avec bonheur tandis que les bruits de la nature me bercent… 

Réveil en douceur 

Le soleil a pointé le bout de son nez, le pic vert qui martèlent un arbre me laisse comprendre que les oiseaux sont déjà en pleine activité. J’ouvre les portes de la tente sur un ciel radieux et je découvre avec plaisir un nouveau panier sur la table extérieure. Grégory a déposé le petit déjeuner… Gargantuesque. Des viennoiseries, du pain, de la confiture, un yaourt, un jus de fruit, un thermos de thé que j’ai choisi la veille… J’en ai plus que nécessaire mais je me régale et finalement, je dévore tout. Dans le panier, une fiole et un petit mot m’invitent à écrire mon souhait et à le déposer en remontant sur l’arbre prévu à cet effet. Je savoure encore le temps qui passe différemment dans ce bijou niché dans un écrin de nature. Pourtant, déjà il faut repartir. Grégory est venu chercher mes affaires et me laisse le choix de remonter à pied ou en sa compagnie. Cette fois, j’opte pour la marche. Je dépose mon souhait, je fais mes adieux à Ernest dont il faut découvrir l’histoire sur le site et je chemine vers l’Origine. Une brève promenade avec toutou que les garçons ont déjà promené plus tôt dans la matinée et il est temps de retourner à la vie citadine. Ma rêverie n’aura duré qu’une nuit mais quelle nuit ! 

Nadège Hubert