Agence Régionale de Santé Côte-d'Or – Cabinets éphémères, télémédecine… des solutions efficaces pour assurer la continuité des soins

Agence Régionale de Santé Côte-d'Or – Cabinets éphémères, télémédecine… des solutions efficaces pour assurer la continuité des soins

Pallier le départ de médecins généralistes, gérer les soins primaires et de suite… l’ARS de Côte-d’Or a pris à bras-le-corps ces problématiques du quotidien pour améliorer la prise en charge des patients et assurer une égalité de l’accès aux soins. Aline Guibelin, directrice territoriale de l’Agence Régionale de Santé, a présenté les perspectives de la santé sur le territoire au cours d’un point presse.

C’est masquée, qu’Aline Guibelin, directrice territoriale de l’ARS en Côte-d’Or, s’est présentée à ce point presse, donnant une introduction à son propos « les gestes barrières doivent être toujours respectés en cas de symptômes grippaux » et ce en pleine campagne de rappel vaccinal contre la grippe et le Covid « les deux peuvent s’effectuer en même temps ».

Faire face à la problématique d’accès aux soins
Ce point presse devait présenter les actions en faveur de l’accès aux soins avec des dispositifs mis en œuvre pour pallier le départ de médecins généralistes d’une commune et assurer la continuité des soins, « solutions temporaires qui portent leurs fruits ». L’ARS soutient l’ouverture de cabinets éphémères dans des secteurs en tension, relatant l’exemple réussi mené à Nolay depuis décembre 2021 dans la perspective d’une installation pérenne « alors que le territoire de Beaune est compliqué ». Concrètement, l’ARS a travaillé avec les différents acteurs de santé du territoire tels que les Hospice de Beaune pour salariser des médecins retraités identifiés par l’Ordre des Médecins mais aussi assurer le secrétariat. « Après un an, les perspectives sont positives : Nolay aura bientôt 4 médecins !, se félicite Aline Guibelin, un médecin qui a effectué des remplacements dans ce cabinet, sa femme également médecin généraliste se sont installés et prochainement un ami les rejoindra. » Le même dispositif d’accompagnement est mis en œuvre depuis huit mois à Venarey-les-Laumes avec la perspective de l’installation d’un médecin d’ici un an et demi, « le temps qu’il termine sa thèse ».
L’offre sous forme de maison de santé semble mieux attirer les nouvelles générations de médecins, la maison de santé apporte un confort d'exercice aux professionnels de santé (temps de travail optimisé, sécurité d'exercice, interactions professionnelles facilitées…). De plus, elle améliore et pérennise la prise en charge et le suivi médical des patients sur le territoire. Dix-neuf maisons de santé pluridisciplinaires ont été labellisées en Côte-d’Or,  confortées par la présence de cinq équipes de soins primaires constituées de professionnels de santé de premier recours, dont au moins un médecin généraliste pour répondre aux demandes de soins non programmés - demande de consultation rapide (sous 24 h) en médecine générale pour un motif de pathologie aiguë hors urgence vitale. Ces équipes sont coordonnées par les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) « 96 % de la population sont couverts ».
L’ARS incite fortement à l’accueil de stagiaires dans les cabinets libéraux et accompagne en ce sens les médecins à la maîtrise de stage « pour assurer un effort pédagogique et la transmission de savoirs ». Il est fréquent également que ces stagiaires assurent ensuite in-situ les remplacements.

1
@ARS BFC

Autre solution : la télémédecine
Aux côtés des nombreuses plateformes, TELMI est celle de télémédecine de Bourgogne-Franche-Comté, proposé par l’ARS avec dix spécialités proposées (dermatologique, neurologique, cardiologique, rhumatologique...). Elle permet à un professionnel de santé de voir, d’interroger et d’examiner son patient à distance, en direct ou en différé. Ce service répond aux cinq actes de télémédecine définis par décret : la téléconsultation, la télé expertise, la télésurveillance, la téléassistance et la télérégulation. L’ARS promeut l’éthique du stockage des données de cette plateforme publique et surtout la présence des experts locaux capables d’assurer un suivi et la continuité du parcours de soins à proximité. « C’est une solution efficace avec en 4 ans, 400 avis rapides d’experts pour laquelle nous devons aller plus loin pour des territoires où l’offre de soins est négative comme pour l’Autunois-Morvan. »
 
En nouveautés, elle a rappelé l’arrivée de Guillaume Koch le 1er octobre à la direction des Hospices civils de Beaune avec « une feuille de toute ambitieuse : redéfinir les orientations de la structure et des hopitaux de proximité en relançant la dynamique à Seurre et Nuits-Saint-Georges, nous souhaitons que ces établissements retrouvent leur activité antérieure, la télémédecine doit être proposée ».
Mme Roland a pris fin septembre la direction des Centres Hospitaliers de Semur-en-Auxois et de la Haute Côte-d'Or « avec l’objectif de créer une dynamique commune entre ces deux hôpitaux pour répondre aux besoin ».
Un projet de maison d’accueil des étudiants en santé est en projet à Châtillon-sur-Seine « une proposition d’hébergement à prix modique » pour les inciter à œuvrer à l’hôpital, tout en énonçant les projets privés dont le déménagement en 2025 du Centre de Rééducation Fonctionnelle Divio ou de clinique à Chenôve soutenue par l’ARS en attente du projet de services de médecine.
 
Points de tension
Aline Guibelin a souligné le soutien efficient des médecins partenaires tels que SOS Médecins, SOS 21, Urgence Med et Omnès qui interviennent tous les jours dont les week-end et jours fériés et en soirée sur des zones déficitaires (Auxonne, Châtillon…). Ces interventions assurent des besoins de médecine d’urgence non vitale (fièvre le week-end, pathologie du quotidien) quand le médecin généraliste n’est pas disponible immédiatement. L’accès se fait par le 15 qui assure certes les urgences vitales mais aussi les centres d’accès aux soins. Des médecins généralistes libéraux formés pour répondre aux préoccupations des besoins sauront diagnostiquer au mieux la pathologie, donner des conseils, rassurer et aiguillier si besoin vers un rendez-vous d’urgence sous 24 h auprès d’une liste de médecins ayant maintenu des créneaux disponibles. « On se donne les moyens d’assurer de façon collégiale la prise en charge des patients. » Du 7 juillet 2022 au 15 septembre 2023, 7 132 rendez-vous ont été pris auprès de 150 médecins inscrits.

Jeannette Monarchi