À Vignoles, le député René Lioret dénonce « un État déconnecté » et appelle à une alternance nationale

À Vignoles, le député René Lioret dénonce « un État déconnecté » et appelle à une alternance nationale

Élu en juillet 2024, le député RN de la 5ᵉ circonscription de la Côte-d’Or, René Lioret, a présenté ses vœux ce samedi à Vignoles devant près de 200 invités. Un discours très offensif contre le gouvernement, mêlant bilan parlementaire, défense des territoires ruraux et projection politique vers 2027.

« Nous ouvrons cette année sans budget, avec un pouvoir qui vacille, des gouvernements éphémères, sans majorité et sans cap. Pendant ce temps, la France profonde continue de vivre, de travailler, mais surtout de souffrir », a lancé d’emblée René Lioret, donnant le ton d’une cérémonie de vœux résolument politique.
Ce samedi, à la Maison pour tous de Vignoles, le député du Rassemblement national a réuni près de 200 personnes : élus locaux, maires, représentants des forces de l’ordre et de secours, sympathisants et militants. Une assistance attentive pour un discours à charge contre l’exécutif, qu’il accuse d’avoir « rompu le lien entre l’État et la nation ».
 
Un réquisitoire contre le gouvernement et le « macronisme »
Dans une longue première partie, René Lioret a dressé un constat sévère de la situation politique et sociale du pays. Il a dénoncé une succession de gouvernements « sans majorité ni légitimité populaire », évoquant un pouvoir « coupé de la réalité des Français ».
Le député s’est particulièrement attaqué au Premier ministre, qualifié de « l’homme du compromis alors qu’il est celui de la compromission », selon lui dépendant de forces politiques de gauche et LR « ne représentant qu’une minorité des électeurs ». « Nous avons assisté ces derniers mois à une longue pièce de théâtre politique, pendant que les Français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat, leur sécurité et l’immigration », a-t-il insisté.
René Lioret a également pointé les conséquences de « huit années de macronisme » : explosion de la dette, désindustrialisation, fragilisation des services publics. « Les premières victimes sont les classes moyennes, celles qui travaillent, cotisent et respectent les règles sans rien avoir en retour », a-t-il affirmé.
 
Sécurité, services publics et autorité de l’État au cœur des critiques
Le député RN a élargi son propos aux grandes politiques publiques, évoquant les difficultés de l’hôpital, la pénurie d’enseignants dans l’Éducation nationale et une justice « sous tension », notamment en raison du manque de places de prison. Il a dénoncé une « crise de l’autorité » et une application des lois jugée inégale : « Il y a aujourd’hui une fermeté pour les honnêtes gens et un certain laxisme pour ceux qui ne respectent pas les règles », a-t-il déclaré, estimant que cette situation nourrit une profonde défiance envers l’État.
 
Un bilan parlementaire axé sur le terrain
René Lioret a ensuite tenu à mettre en avant son action depuis son élection en juillet 2024. À la tête d’une circonscription de 220 communes, il revendique une forte présence locale.
« J’ai parcouru près de 20 000 kilomètres cette année pour aller à la rencontre des habitants , a-t-il indiqué, évoquant un travail de terrain destiné à « faire connaître le vrai visage du Rassemblement national ».
Sur le plan parlementaire, il fait état de près de 240 interventions en un an, notamment sur les questions agricoles, la simplification administrative, la fiscalité et la santé. Il a rappelé son opposition au traité du Mercosur, jugé « désastreux pour les agriculteurs et les éleveurs », ainsi que son refus de la taxe carbone.
 
Le RN présenté comme un « parti de l’espoir »
Dans la dernière partie de son discours, René Lioret a voulu se projeter vers l’avenir, insistant sur l’évolution du Rassemblement national. « En quarante ans, nous sommes passés d’un parti marginal à la première force politique du pays », a-t-il rappelé, citant les résultats des élections européennes de 2024 et la progression électorale de Marine Le Pen.
Selon lui, le RN n’est plus un vote de colère mais « une espérance calme et déterminée », porteuse d’un projet d’État protecteur, d’une école qui instruit et d’une justice qui sanctionne.
Il a affirmé sa conviction : « En 2027, le Rassemblement national sera majoritaire », évoquant le duo Marine Le Pen – Jordan Bardella comme incarnation de cette ambition nationale.
 
Un manifeste pour l’eau et la souveraineté agricole
En clôture de la cérémonie, René Lioret a invité Jacques de Loisy, président de la Chambre d’agriculture de la Côte-d’Or, pour la signature du « Manifeste pour une eau au service de la souveraineté agricole et alimentaire ». Doté de 15,5 millions d’euros, ce projet vise à sécuriser l’accès à l’eau pour les agriculteurs et viticulteurs, soutenir l’adaptation au changement climatique et renforcer la souveraineté alimentaire. Il prévoit notamment la création ou la remise en eau d’étangs sur l’ensemble des communes du département, avec un double usage agricole et de sécurité incendie.
 
Une soirée placée sous le signe de la mobilisation
Avant de conclure autour d’un cocktail convivial, le député a remercié les bénévoles, élus et sympathisants du mouvement, appelant à « refuser le fatalisme » et à poursuivre la mobilisation. « Je forme le vœu que les Français retrouvent la confiance et la fierté nationale. Nous nous rapprochons de la France que nous voulons », a-t-il conclu.

Jeannette Monarchi