BEAUNE

Congrès des podo-orthésistes au Palais des congrès de Beaune : un métier méconnu au cœur de l’innovation

Par Partenariat avec le Palais des congrès de Beaune

Publié le 27 Mars 2026 à 13h29

Congrès des podo-orthésistes au Palais des congrès de Beaune : un métier méconnu au cœur de l’innovation
Congrès des podo-orthésistes au Palais des congrès de Beaune : un métier méconnu au cœur de l’innovation
Congrès des podo-orthésistes au Palais des congrès de Beaune : un métier méconnu au cœur de l’innovation
Congrès des podo-orthésistes au Palais des congrès de Beaune : un métier méconnu au cœur de l’innovation

Les 26 et 27 mars, les professionnels du secteur de la podo-orthèse se sont réunis au Palais des Congrès de Beaune, à l’occasion des 18e Journées de l’Appareillage du Pied de la Fédération Française des podo-orthésistes (FFPO) pour échanger autour des évolutions de leur métier.

Dans ce lieu coutumier des grands rendez-vous professionnels qu'est le Palais des Congrès de Beaune, le secteur de la podo-orthèse a affirmé son rôle essentiel dans la prise en charge des pathologies du pied, entre innovation, collaboration avec le corps médical et sensibilisation du grand public.

Un métier encore peu connu du grand public
Souvent confondu avec celui de pédicure-podologue, le podo-orthésiste est pourtant un spécialiste à part entière. Son domaine : l’appareillage du pied dans sa globalité.
Semelles orthopédiques, attelles, chaussures sur mesure ou encore dispositifs post-opératoires… ces professionnels conçoivent et fabriquent des équipements adaptés à chaque patient. Contrairement aux pédicures-podologues, ils n’interviennent pas dans le soin, mais bien dans la conception technique et la fabrication d’appareillages.
En France, la profession reste relativement peu représentée, avec environ 700 praticiens, répartis dans près de 250 structures, soit moins de 1 professionnel pour 90 000 habitants. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de patients bénéficient néanmoins de leurs dispositifs.

Des solutions sur mesure pour des pathologies variées
Les patients pris en charge présentent des profils très divers. Troubles liés au diabète, qui concerne plus de 4 millions de personnes en France, séquelles d’AVC, pathologies rhumatismales ou encore déformations du pied : les indications sont nombreuses.
« En général, les patients arrivent chez nous lorsqu’ils n’ont plus de solution », explique Thomas Ponnelle, président du pôle paramédical du pied et référent en Bourgogne de la FFPO.


La fabrication d’une chaussure orthopédique illustre le niveau d’expertise requis : à partir de mesures ou de scans, chaque modèle est conçu sur-mesure. De la création de la forme à l’assemblage du cuir, en passant par les essais, le processus peut prendre entre 4 et 6 semaines mobilisant le travail de ces spécialistes du pied.

Changer le regard sur l’appareillage du pied
Les missions de la FFPO sont de faire la promotion de la profession et changer l’image de la chaussure orthopédique. Longtemps associée au handicap, elle est aujourd’hui pensée pour allier efficacité médicale et esthétique. « On est désormais capables de proposer des modèles proches des chaussures du commerce, grâce à l’évolution de nos machines de fabrication », souligne Thomas Ponnelle. Une évolution importante, notamment pour le bien-être psychologique des patients, dont l’adhésion aux traitements dépend aussi de l’apparence des dispositifs.

Un congrès placé sous le signe de l’ouverture
Organisé tous les deux ans, ce rendez-vous professionnel se veut un temps fort pour la profession. Thomas Ponnelle, installé près de Chalon-sur-Saône, a œuvré auprès de la fédération pour que cette édition se tienne en Bourgogne, au Palais des congrès de Beaune. Cette édition 2026 rassemble plusieurs centaines de participants, incluant podo-orthésistes, médecins, chirurgiens et industriels du secteur.
Placée sous le thème « Le pied dans tous ses états », elle illustre une volonté d’ouverture et de décloisonnement des pratiques. Cette diversité reflète une approche globale du corps et de la posture. Au programme : diabète, chirurgie, innovations techniques, mais aussi des sujets plus transversaux comme la dyslexie. 
Le congrès est également l’occasion de renforcer les liens avec d’autres professionnels de santé, notamment les médecins et chirurgiens. Une collaboration essentielle pour orienter au mieux les patients et adapter les prises en charge.

Un enjeu : faire connaître la profession aux patients
Malgré son utilité, la podo-orthèse reste encore insuffisamment identifiée. De nombreux patients ignorent l’existence de solutions adaptées à leurs besoins. « On voit encore des personnes ayant des problèmes aux pieds bricoler leurs chaussures faute d’information », déplore Thomas Ponnelle.
Selon les données de la profession, une meilleure orientation des patients pourrait éviter des complications lourdes, notamment dans le cas du pied diabétique, responsable de plusieurs milliers d’amputations chaque année en France.

Entre perspectives et défis économiques
Si les besoins sont bien réels, la profession fait face à des contraintes économiques importantes, notamment liées à la faible revalorisation des tarifs ces dernières années. 
Dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, la demande pourrait pourtant croître de manière significative dans les prochaines années. Un paradoxe pour un métier d’avenir, au croisement de l’artisanat, du médical et de la technologie, qui pourrait jouer un rôle croissant dans les parcours de soins.

En savoir plus, sur la fédération https://ffpo.fr/ et le pôle paramédical du pied https://www.pole-pdp.fr/?utm_source=gmb