BEAUNE

Beaune - Mobilisation contre la suppression progressive de postes à l’EREA Alain-Fournier

Beaune - Mobilisation contre la suppression progressive de postes à l’EREA Alain-Fournier

Une trentaine d’enseignants et de délégués de parents d’élèves se sont rassemblés ce mardi matin devant l’EREA Alain-Fournier à Beaune pour protester contre la suppression progressive de huit postes d’enseignants d’internat d’ici 2029. Ils dénoncent une réforme qui pourrait fragiliser l’accompagnement d’élèves déjà en difficulté.

Ce mardi matin, devant l’EREA Alain-Fournier, une trentaine de personnes – enseignants et délégués de parents d’élèves – se sont rassemblées pour exprimer leur inquiétude. Soutenue par plusieurs organisations, dont les syndicats FO et UNSA, la mobilisation visait à dénoncer la suppression progressive de postes d’enseignants en internat.

Huit postes supprimés d’ici 2029
La décision, annoncée la semaine dernière, prévoit la disparition de huit postes de professeurs des écoles affectés à l’internat, à raison de deux suppressions par an dès la rentrée 2026, jusqu’à leur disparition totale en 2029.
Cette mesure s’inscrit dans une circulaire publiée en 2017 par le Ministère de l’Éducation nationale, qui redéfinit l’organisation des internats dans les établissements spécialisés.
Ce texte prévoit notamment de réduire voire supprimer le rôle des professeurs des écoles en internat, en transférant leurs missions vers les assistants d’éducation (AED). Jusqu’à présent, certaines académies, dont celle de Dijon, appliquaient cette réforme de manière partielle. Aujourd’hui, elle est mise en œuvre plus strictement, ce qui entraîne concrètement la suppression progressive de ces postes.

Un rôle éducatif jugé indispensable
Pour les équipes pédagogiques, ces postes ne sont pas interchangeables. Les enseignants d’internat assurent bien plus que de l’aide aux devoirs : accompagnement éducatif, gestion des conflits, suivi individualisé, lien avec les familles, l’aide sociale à l’enfance et les éducateurs spécialisés. « Ce sont des repères essentiels pour des élèves fragiles », souligne un représentant des parents.
Leur disparition entraînerait un transfert de missions vers les assistants d’éducation (AED), dont les fonctions et la formation diffèrent.
 
Un fonctionnement profondément modifié
Les conséquences redoutées sont multiples : augmentation des heures pour les professeurs des écoles qui suppléeront pour l’aide aux devoirs et les projets éducatifs,  réduction du temps consacré à l’accompagnement éducatif, classes plus chargées (passage de 5 à 6 classes avec davantage d’élèves) ce qui engendrerait une baisse de la qualité du suivi individualisé.
Actuellement, les classes comptent en moyenne une douzaine d’élèves, permettant un accompagnement personnalisé, essentiel pour ce public spécifique.
 
Un établissement à mission particulière
Un EREA accueille des jeunes en grande difficulté scolaire, souvent accompagnée de fragilités sociales ou comportementales. À Beaune, l’établissement compte environ 120 élèves, du collège au lycée professionnel, encadrés par une trentaine d’enseignants.
L’enseignement y est adapté, notamment via des sections SEGPA, avec des effectifs réduits et un suivi renforcé.
L’internat y joue un rôle central, offrant un cadre structurant et sécurisant, indispensable à la réussite des élèves.
 
Une mobilisation collective
Face à cette situation, enseignants et parents font front commun. Une pétition en ligne a été lancée pour demander le maintien des postes, au moins en partie.
Les opposants à la réforme insistent sur l’impact à long terme : la suppression de ces postes pourrait fragiliser l’équilibre éducatif et compromettre la réussite de jeunes déjà vulnérables.
 
Prochaine étape : une rencontre avec le Dasen
Les représentants de l’établissement comptent poursuivre la mobilisation. Ils prévoient notamment de solliciter une audience auprès du nouveau directeur académique des services de l’Éducation nationale de Côte-d’Or, Jérôme Jardry, récemment nommé.
Dans un contexte plus large de fermetures de classes et de réorganisation scolaire, cette annonce suscite une forte inquiétude au sein de l’établissement. Pour beaucoup, c’est l’avenir même du modèle éducatif de l’EREA qui est en jeu. « On ne parle pas seulement de postes, mais de l’accompagnement de jeunes qui ont besoin de stabilité et de repères », résume un enseignant mobilisé.

Jeannette Monarchi