BEAUNE

À Beaune, Jean-Pierre Raffarin livre sa vision du leadership face aux crises du monde

À Beaune, Jean-Pierre Raffarin livre sa vision du leadership face aux crises du monde
À Beaune, Jean-Pierre Raffarin livre sa vision du leadership face aux crises du monde
À Beaune, Jean-Pierre Raffarin livre sa vision du leadership face aux crises du monde
À Beaune, Jean-Pierre Raffarin livre sa vision du leadership face aux crises du monde

Invité du Club Réseau Conférences (CRC) organisé par la société 1Pulse à la Cité des Climats et vins de Bourgogne, Jean-Pierre Raffarin a partagé son expérience du pouvoir et sa vision du monde dans un contexte international tendu à une cinquantaine de chefs d’entreprise. L’ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac a plaidé pour un leadership fondé sur la vision, la négociation et la capacité à préparer l’avenir.

Jeudi soir, Jean-Pierre Raffarin a livré à Beaune une intervention dense, libre et parfois teintée d’humour sur les grandes crises qui secouent le monde actuel et les défis du leadership politique.  Une cinquantaine de chefs d’entreprise avaient pris place à la Cité des Climats et vins de Bourgogne pour ce dîner-conférence organisé dans un cadre particulièrement soigné. Après un apéritif sur le rooftop du cinquième étage offrant une vue panoramique sur le vignoble de la Côte de Beaune, les invités ont découvert un dîner installé pour la première fois au cœur même de la scénographie immersive de la Cité, dans une atmosphère feutrée et élégante.
Le Club Réseau Conférences (CRC), porté par 1Pulse fondée par Laurent Riotte et Romain Perrin, propose régulièrement des rencontres avec des personnalités du monde politique, économique ou sportif autour des enjeux contemporains et du leadership.
 
Jacques Chirac pouvait échanger à la Depardieu
Évoquant Jacques Chirac, il a raconté avec amusement en apparté : « C’était un homme avec qui on pouvait échanger “à la Depardieu”, avec une grande proximité. Mais dès que cela devenait officiel, il retrouvait immédiatement la stature présidentielle ». Tout au long de la soirée, Jean-Pierre Raffarin a alterné anecdotes personnelles, analyses géopolitiques et réflexions sur la démocratie, dans un style à la fois accessible et incisif. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a séduit son auditoire par son ton direct, son autodérision et son absence de langue de bois.
 
La Bourgogne est la plus belle région de France
L’ancien chef du gouvernement a également affiché son attachement à la Bourgogne, qu’il connaît bien pour y être venu à plusieurs reprises, notamment récemment auprès des étudiants de Sciences Po Dijon. Visiblement séduit par Beaune et son patrimoine viticole, il a multiplié les déclarations enthousiastes : « C’est la plus belle région de France. J’adore sa gastronomie, son histoire et sa culture viticole ». Élevé dans la culture bordelaise — « chez nous, on donnait du Bordeaux mélangé avec de l’eau dès l’âge de sept ans » — il a raconté avoir appris plus tard à apprécier les vins de Bourgogne. Il a également partagé une anecdote marquante vécue en Chine lors d’un déplacement officiel : « Lors d’une réception officielle, on m’a servi une Romanée-Conti. J’étais heureux de voir que les Chinois connaissaient les meilleurs des meilleurs vins français. Je me suis dit que ce vin voyageait beaucoup… mais je n’oublierai jamais le plaisir que cela m’a procuré ».
L’ancien Premier ministre a aussi souligné les enjeux commerciaux internationaux autour des vins français, évoquant les tensions douanières avec la Chine : « Il faut se battre pour cela. Le travail réalisé par les vins de Bourgogne a porté ses fruits pour porter ces vins au sommet du marché mondial ».
 
Impressionné par la Cité des Climats
C’était également sa première visite à la Cité des Climats et vins de Bourgogne. Jean-Pierre Raffarin n’a pas caché son admiration : « Je trouve cela très beau, très humain, avec des perspectives et un vrai sentiment de qualité et de puissance. Il y a une esthétique remarquable et un geste architectural singulier ».
 
Un monde “désorienté” par les crises
Sur le fond, l’ancien Premier ministre a dressé un tableau inquiet mais lucide de la situation internationale. Évoquant la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient ou encore les relations avec les États-Unis de Donald Trump, il a estimé : « La sincérité m’oblige à dire que nous pouvons avoir certaines inquiétudes ». Selon lui, les démocraties occidentales sont aujourd’hui confrontées à une instabilité profonde : « Nous sommes désorientés par certains alliés traditionnels comme les États-Unis. Restons alliés, mais pas alignés ». À propos de Donald Trump, il a livré une analyse particulièrement directe : « Pour Trump, c’est : vous me suivez ou je frappe. Mais la brutalité ne fait pas peur aux forts. Elle ne fait pas peur à Poutine ni aux Iraniens ». Jean-Pierre Raffarin a insisté sur la nécessité de maintenir une approche diplomatique : « L’action militaire sans action diplomatique ne conduit nulle part ».
 
La démocratie est en panne
Sur la situation française, l’ancien Premier ministre a décrit une Ve République fragilisée par l’absence de majorité claire depuis la dissolution de l’Assemblée nationale. « Le président n’a pas aujourd’hui de majorité pour gouverner. Nous sommes dans une impasse politique à un an de l’élection présidentielle. » Il a également évoqué la montée des radicalités et de la violence dans le débat public : « La démocratie est à l’épreuve des radicalisations. La brutalité progresse. La déception crée la radicalisation ». Selon lui, le pays doit désormais se préparer aux grands défis à venir : dette publique, emploi des jeunes face à l’intelligence artificielle, système de santé, retraites ou encore efficacité de l’action publique. « Ce qui ne sera pas préparé par les candidats avant l’élection présidentielle ne se fera pas ensuite ».
 
Le vrai leader est celui qui trace un horizon
Questionné sur le leadership dans un monde instable, Jean-Pierre Raffarin a défendu une vision fondée sur la clarté et la capacité de mobilisation : « Le vrai leader est celui qui a une vision, qui trace un horizon et qui montre le chemin pour y parvenir ». Avant d’ajouter : « S’il n’y a pas de leadership en Europe, nous courons à la catastrophe ».
L’ancien Premier ministre a enfin évoqué sa mission actuelle sur les relations entre la France et la Chine à horizon 2040, confiée par le président de la République et dont les conclusions doivent être remises début 2027.

Jeannette Monarchi

Le prochain rendez-vous du Club Réseau Conférences accueillera le 30 juin Alain Bernard, - ancien nageur français, champion olympique du 100 mètres nage libre aux Jeux de Pékin en 2008 et figure emblématique de la natation française, reconnu pour son parcours de haut niveau et son expérience de la performance collective et individuelle - autour de la performance et de la reconversion.