BEAUNE

Beaune - L’Hôtel-Dieu a mis tout le territoire en mouvement le temps de ce week-end de Pentecôte

Beaune - L’Hôtel-Dieu a mis tout le territoire en mouvement le temps de ce week-end de Pentecôte
Beaune - L’Hôtel-Dieu a mis tout le territoire en mouvement le temps de ce week-end de Pentecôte
Beaune - L’Hôtel-Dieu a mis tout le territoire en mouvement le temps de ce week-end de Pentecôte
Beaune - L’Hôtel-Dieu a mis tout le territoire en mouvement le temps de ce week-end de Pentecôte

De vendredi à dimanche, l’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune a vécu au rythme des “Mouvement(s)”, un grand week-end imaginé autour du sport, de la culture, de la musique et de la création artistique. Pendant trois jours, scolaires, familles, visiteurs et passionnés ont redécouvert le monument à travers des expériences originales mêlant patrimoine, transmission et émotion, dans un esprit d’ouverture au territoire revendiqué par les équipes des Hospices Civils de Beaune.

Sous les tuiles vernissées de l’Hôtel-Dieu, l’ambiance était inhabituelle ce week-end. Dans la cour des fondateurs, des parties de pétanque ont remplacé le silence habituel du monument, tandis que des voix lyriques résonnaient dans les salles historiques et que des visiteurs modelaient des personnages en pâte à modeler pour leur donner vie image après image. Avec “L’Hôtel-Dieu en Mouvement(s)”, les Hospices Civils de Beaune ont souhaité proposer bien plus qu’une simple programmation culturelle. L’événement, construit avec plusieurs acteurs locaux, avait pour ambition de rapprocher les disciplines, les publics et les générations autour de l’esprit du lieu.
« L’objectif de ce grand événement est de montrer comment nous travaillons avec les acteurs du territoire, chacun avec sa spécificité, afin de rapprocher différentes approches tout en restant dans l’esprit de l’Hôtel-Dieu », explique Sandrine Allard-Saint-Albin, responsable de l’Hôtel-Dieu et chargée de mission “Hôtel-Dieu 1443”.
Depuis quelques années, le célèbre monument beaunois multiplie en effet les collaborations culturelles et pédagogiques. « Nous voulons ouvrir davantage l’Hôtel-Dieu au territoire, aux savoir-faire et aux partenaires locaux. Le Festival international d’opéra baroque en est un parfait exemple avec les concerts accueillis dans la cour d’honneur », poursuit-elle.
Cette année, la thématique générale de la programmation culturelle des Hospices est consacrée au “mouvement(s)”, avec comme fil conducteur la santé déclinée autour du soin, du corps et  de l’alimentation.
 
Une journée sport-culture-santé pour les scolaires
Le week-end a débuté vendredi avec une grande journée dédiée aux écoles de Beaune, organisée avec la direction Solidarités, Sports et Éducation de l’agglomération Beaune Côte & Sud. Près de 150 élèves de six classes de CM1 et CM2 ont été accueillis tout au long de la journée pour participer à un programme mêlant découverte patrimoniale et activité sportive.
Après une première immersion historique dans le monument, les enfants ont pris part à une chasse au trésor dans les salles de l’Hôtel-Dieu avant de participer à des ateliers de pétanque installés spécialement dans la cour. « Nous avons travaillé sur un véritable projet pédagogique en amont dans les classes, souligne Sandrine Allard-Saint-Albin. L’idée n’était pas seulement de faire du sport à l’Hôtel-Dieu, mais de proposer une autre manière de découvrir le patrimoine. »
Les élèves devaient ainsi retrouver différents indices dans les salles du monument : un ancien livre de recettes de médicaments dans l’apothicairerie, des objets médicaux historiques ou encore des portraits des hospitalières.
Pour Vincent Leguay, directeur du service Solidarités, Sports et Éducation de la Ville de Beaune, cette initiative s’inscrit dans une continuité engagée depuis plusieurs années : « Depuis 2023, nous développons un fil conducteur autour du sport, de la culture et de la santé dans cet écrin patrimonial exceptionnel. Toucher les enfants, c’est aussi toucher les familles ».
Après le rugby en 2024 ou encore l’escrime autour des Jeux olympiques en 2025, c’est cette fois la pétanque qui a servi de passerelle entre activité physique et découverte culturelle.
 
Quand le baroque rencontre le polyptyque du Jugement dernier
Autre temps fort du week-end : les visites chantées proposées dimanche dans les salles de l’Hôtel-Dieu. Accompagnés par une médiatrice et la soprano Julie Dey, les visiteurs ont déambulé dans le monument au rythme d’airs baroques et de récits historiques.
À chaque étape, la musique venait dialoguer avec les lieux, créant une atmosphère presque hors du temps. La voix lyrique résonnait sous les charpentes séculaires tandis que les visiteurs redécouvraient l’histoire du site sous un angle plus sensible et émotionnel.
Ces visites avaient également une dimension symbolique particulière puisqu’elles rendaient hommage au célèbre polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden avant son prochain départ pour restauration. « Le baroque n’est pas uniquement un courant artistique pictural. La musique faisait pleinement partie de cette époque, rappelle Sandrine Allard-Saint-Albin. Cette visite permet justement d’ancrer l’œuvre dans son contexte historique et culturel. »
L’Hôtel-Dieu sera d’ailleurs au cœur de la prochaine édition du Festival international d’opéra baroque avec plusieurs rendez-vous autour du polyptyque et des recherches scientifiques menées sur l’œuvre.
 
Le stop motion pour faire vivre le mouvement
Le week-end faisait aussi la part belle à la création contemporaine avec les ateliers autour du stop motion animés par la sculptrice et réalisatrice lyonnaise Émilie Tolot. Dans une salle transformée en petit studio d’animation, adultes et enfants ont découvert comment créer du mouvement image après image à partir de figurines en pâte à modeler.
La sculptrice lyonnaise, qui travaille depuis près de vingt ans autour du corps et du geste, s’inspire directement des recherches du célèbre scientifique beaunois Étienne-Jules Marey, pionnier de la chronophotographie. À la fin du XIXe siècle, ce médecin passionné par l’étude du mouvement avait mis au point un procédé photographique révolutionnaire permettant de décomposer les gestes humains et animaux invisibles à l’œil nu. « Étienne-Jules Marey cherchait à comprendre tout ce que l’œil ne pouvait pas percevoir dans le mouvement, explique Émilie Tolot. Le stop motion reprend finalement cette même idée : décomposer le geste pour lui redonner vie ensuite. »
Les participants ont ainsi créé leurs propres personnages avant de les animer image après image pour produire de courtes séquences animées. Une façon ludique et artistique de relier patrimoine scientifique, création contemporaine et imagination.
 
Un Hôtel-Dieu plus vivant que jamais
Au fil du week-end, entre randonnée à vélo sur les traces de La Grande Vadrouille, joutes oratoires étudiantes, rencontres autour d’Étienne-Jules Marey ou débats sur la transmission viticole autour du film Ce qui nous lie de Cédric Klapisch, l’Hôtel-Dieu a confirmé sa volonté de devenir un lieu de vie et d’expériences autant qu’un monument patrimonial. « À chacun sa sensibilité, à chacun son histoire, à chacun son Hôtel-Dieu », résume Sandrine Allard-Saint-Albin.
Pendant trois jours, le célèbre monument beaunois aura effectivement montré qu’il pouvait être à la fois lieu de mémoire, espace culturel, terrain de jeu pédagogique et laboratoire d’idées.

Jeannette Monarchi