BEAUNE
« Former pour mieux soigner » : l’AFIDTN au cœur des grands enjeux de santé publique au Palais des Congrès de Beaune
Par Partenariat avec le Palais des Congrès de Beaune
Publié le 28 Mai 2026 à 19h04
Pendant 3 jours, du 27 au 29 mai, le Palais des Congrès de Beaune accueille la 47e édition des Journées nationales de l’AFIDTN, un rendez-vous majeur réunissant près de 500 professionnels de santé spécialisés dans les maladies rénales.
Médecins, infirmiers, psychologues, diététiciens, chercheurs, industriels et laboratoires y échangent autour des évolutions médicales, technologiques et humaines liées à la néphrologie.
À cette occasion, Didier Borniche, cofondateur de l’association et Président, a accordé un entretien dans lequel il revient sur les missions de l’AFIDTN, les défis actuels du système de santé et l’importance de la prévention dans une société confrontée à l’explosion des maladies chroniques.

Une association engagée depuis 46 ans
Créée il y a plus de quatre décennies, l’AFIDTN — Association française des infirmier(e)s de dialyse, transplantation et néphrologie — est devenue un acteur incontournable de la formation des soignants spécialisés dans les maladies rénales. Son objectif principal : améliorer la qualité des soins grâce à la transmission des connaissances et au partage d’expériences entre professionnels.
« Notre devise est très simple : former pour mieux soigner », explique Didier Borniche. L’association organise des formations tout au long de l’année sur l’ensemble du territoire français, y compris en outre-mer.
Les Journées nationales constituent quant à elles le point d’orgue de cette dynamique collective, avec la présentation de nombreux travaux scientifiques et retours d’expérience de terrain. Le congrès permet également de créer un dialogue entre les équipes médicales et les industriels spécialisés dans les technologies de pointe liées à la dialyse ou à la transplantation.

Des maladies rénales en constante progression
Au cœur des préoccupations de l’AFIDTN : l’augmentation constante du nombre de patients souffrant d’insuffisance rénale chronique. Aujourd’hui, environ 55 000 personnes sont dialysées en France et près de 5 0000 vivent avec un rein greffé. Une évolution liée notamment au vieillissement de la population et de la progression du diabète et de l’hypertension artérielle.« Ce sont les principaux pourvoyeurs de patients en insuffisance rénale », rappelle Didier Borniche.
Le coût humain est considérable, mais également le coût financier : un patient dialysé représente environ 80 000 euros de soins par an. Au total, la prise en charge des patients atteint de maladies rénales chroniques au stade de la dialyse ou de la greffe mobilisent près de 4 % du budget global de l’Assurance maladie, soit plusieurs milliards d’euros par an.
Mais au-delà des chiffres, le président de l’AFIDTN insiste surtout sur les conséquences sociales et familiales de ces pathologies qui transforment profondément leur vie : traitements lourds, fatigue chronique, contraintes alimentaires et hydriques, dépendance médicale, incertitude et parfois isolement.
« La maladie peut resserrer les liens familiaux comme elle peut les faire exploser et rendre la maladie encore plus envahissante », souligne-t-il.
Prévention et hygiène de vie : un combat quotidien
Didier Borniche martèle un même message : une grande partie des maladies rénales pourrait être retardée, voire évitée, grâce à une meilleure prévention. Alimentation déséquilibrée, consommation excessive de sucres, sédentarité, tabac, alcool, prise d’anti-inflammatoires ou de biens d’autres médicaments délétères sur de longues durées pour les reins, qui fragilisent progressivement l’organisme.« De plus, beaucoup de gens ne réalisent pas que ce mode de vie dans l’excès peut détruire les reins sur le long terme », alerte-t-il.
Le président de l’AFIDTN insiste également sur l’importance de l’éducation dès le plus jeune âge. Pour lui, les parents ne peuvent pas porter seuls cette responsabilité : l’école, les médias et les pouvoirs publics doivent également s’impliquer davantage. Il évoque notamment les campagnes de sensibilisation organisées lors de la Semaine nationale du rein, avec des dépistages gratuits permettant de détecter précocement certaines pathologies. « Plus on agit tôt, plus on peut protéger les reins », rappelle-t-il.

Une profession infirmière en pleine transformation
Face à l’augmentation du nombre de patients et à la pénurie de médecins spécialistes, la profession infirmière connaît aujourd’hui une évolution majeure. Didier Borniche souligne notamment le développement des infirmiers en pratique avancée (IPA), des professionnels formés à un niveau bac +5 et capables d’assurer certaines missions de suivi médical. « Ils sont à mi-chemin entre l’infirmier et le médecin », explique-t-il. Cette évolution apparaît essentielle dans un contexte de désertification médicale touchant de nombreuses régions françaises.
L’AFIDTN défend également le développement de la prise en charge à domicile, notamment via l’hémodialyse et la dialyse péritonéale, afin d’améliorer la qualité de vie des patients tout en limitant les hospitalisations lourdes et préservant notre modèle de santé.
Le don d’organes, un enjeu de solidarité nationale
Chaque année, des milliers de patients restent en attente d’une greffe rénale faute de donneurs suffisants. Pourtant, la loi française considère chaque citoyen comme donneur potentiel, sauf inscription sur le registre national des refus.
Dans la réalité, de nombreux prélèvements ne peuvent avoir lieu en raison du refus des proches au moment du décès. « Il faut en parler en famille car malgré la volonté du donner ses organes de son vivant, il est difficile pour l’entourage familial de tenir cet engagement quand le drame survient. Le donneur en mort cérébral semble encore si vivant que les familles sont inévitablement tiraillées », insiste Didier Borniche. Pour lui, l’objectif n’est pas de convaincre à tout prix, mais d’informer les familles afin que chacun puisse exprimer clairement sa position de son vivant
Le président de l’AFIDTN rappelle également que d’autres pays européens, comme l’Espagne, obtiennent de bien meilleurs résultats grâce à des politiques de sensibilisation très développées.
La Recherche : les espoirs de demain
Les chercheurs travaillent actuellement sur de nombreux axes : amélioration des traitements anti-rejet, génétique, organes artificiels ou encore transplantation à partir d’organes animaux modifiés. Même si ces pistes restent complexes et coûteuses, Didier Borniche estime qu’elles permettront progressivement d’améliorer la prise en charge des patients dans l’avenir.
Il défend aussi avec conviction la vaccination, qu’il considère comme un outil majeur de prévention. « La vaccination sauve énormément plus de vies qu’elle n’en détruit », affirme-t-il, rappelant les progrès réalisés avec le vaccin contre l’hépatite B détruisant le foie, qui à contribuer à l’éviction de l’hépatite B.
« Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres »
À travers cette 47e édition des Journées nationales de l’AFIDTN, un message ressort avec force : la santé ne repose pas uniquement sur les soignants ou les traitements médicaux. Prévention, activité physique, alimentation équilibrée, suivi médical, vaccination ou encore don d’organes sont autant d’actions individuelles qui participent à un enjeu collectif. « Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres et du collectif », conclut Didier Borniche.
Dans cet esprit de solidarité, il est également possible de soutenir la recherche et les actions de sensibilisation en effectuant un don via le site de la Fondation du Rein : https://fondation-du-rein.org/
Pour en savoir plus sur l’association, https://www.afidtn.com/
Lien sur le formulaire de contact : https://www.afidtn.com/Nous-contacter-fr
Palais des Congrès de Beaune
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