BEAUNE
Beaune - L’Auberge La Grande Vadrouille ouvre ce vendredi midi avec l’esprit des grandes auberges françaises
Par Jeannette Monarchi
Publié le 29 Mai 2026 à 09h12
Jeudi soir, à la veille de l’ouverture officielle, l’équipe de l’Auberge La Grande Vadrouille peaufinait les derniers détails autour d’un grand dîner test familial. Dans l’ancien Goret, les restaurateurs Baptiste Roulière, Sam Ben et Stéphane Guidot finalisent un projet ambitieux mêlant bistrot traditionnel, esprit cinéma et cuisine entièrement faite maison.
Dans les cuisines, les casseroles s’enchaînent. En salle, les assiettes circulent encore avec prudence. Jeudi soir, à quelques heures de l’ouverture officielle, l’Auberge La Grande Vadrouille vivait sa dernière répétition générale avant le grand lancement prévu ce vendredi midi. Dans l’ancien restaurant Le Goret, place Notre-Dame à Beaune, Stéphane Guidot avait convié ses proches — famille, amies, beaux-parents, enfants et neveux — pour un repas test grandeur nature. Autour d’eux, les équipes observaient attentivement chaque réaction, chaque commentaire, chaque détail.
L’objectif était simple : goûter les plats une dernière fois, corriger un assaisonnement, vérifier une cuisson, ajuster une sauce, tester le rythme du service et l’organisation de la brigade avant l’arrivée des premiers clients.
En cuisine, Baptiste Roulière et son associé Sam Ben passaient de poste en poste, échangeant avec les cuisiniers et surveillant les envois.

Une institution beaunoise retrouve une nouvelle vie
Le lieu n’est pas inconnu des Beaunois. Pendant des années, Le Goret de José Thibaut a marqué le paysage gastronomique local avec sa décoration atypique et sa cuisine généreuse.
Depuis sa fermeture à l’été 2024, cette adresse située à deux pas de la basilique Notre-Dame restait silencieuse, laissant planer de nombreuses interrogations.
Aujourd’hui, le bâtiment retrouve une nouvelle identité sous l’impulsion de trois associés.

Une rencontre entre Paris et Beaune
Derrière l’Auberge La Grande Vadrouille, trois personnalités complémentaires se retrouvent autour d’une même vision de la restauration : convivialité, cuisine de tradition et amour du partage.
Baptiste Roulière incarne depuis plusieurs années l’esprit du bistrot parisien traditionnel. Natif de Tours, fils d’un boucher des Halles, il s’est imposé à Saint-Germain-des-Prés avec plusieurs établissements emblématiques comme Chez Fernand ou Joséphine Chez Dumonet. Une cuisine généreuse, des sauces, des plats mijotés et un attachement revendiqué à l’art de vivre à la française. Mais le restaurateur nourrit aussi une relation particulière avec la Bourgogne, qu’il fréquente régulièrement depuis plus de vingt ans. « Ce restaurant va me donner une bonne excuse pour venir encore plus souvent à Beaune », sourit-il.
À ses côtés, Sam Ben partage cette même culture du bistrot traditionnel. Fils de restaurateur, il a été formé très jeune dans l’univers des grandes brasseries et maisons parisiennes. « Je suis allé à l’école Fernand à la fin des années 1990-début 2000 pendant douze ans. C’est là que j’ai connu Baptiste, raconte-t-il. Ensuite, nos chemins se sont séparés : lui est parti travailler à Londres, moi en Asie pendant plusieurs années, avant qu’on se retrouve pour retravailler ensemble et reprendre notre restaurant de cœur, Chez Fernand. »
Le troisième associé, Stéphane Guidot, apporte quant à lui son ancrage beaunois et sa connaissance du territoire. Restaurateur reconnu à Beaune avec L’Écrit’Vin, Lazare Carnot ou Le 21 Boulevard, créateur du Beaune Padel Club et distributeur de vins avec Version Vin, il multiplie depuis plusieurs années les projets autour de l’art de vivre bourguignon.
L’idée de reprendre Le Goret est née presque naturellement. Baptiste Roulière connaissait déjà bien cette adresse pour y avoir célébré son enterrement de vie de garçon en 2011. « J’avais gardé le souvenir d’un lieu avec énormément de charme et de potentiel », confie-t-il.
La relation professionnelle nouée avec Stéphane Guidot autour du vin va accélérer les choses. « On a appris à se connaître au fil des années grâce à Version Vin, explique Baptiste Roulière. Puis quand l’opportunité du Goret s’est présentée, l’idée d’un projet commun à Beaune est devenue une évidence. »

Un restaurant inspiré de La Grande Vadrouille
Le nom du restaurant s’est imposé presque comme une évidence. « En venant souvent à Beaune, je me suis aperçu qu’on parlait finalement assez peu de La Grande Vadrouille alors que ce film a marqué énormément de générations, explique Baptiste Roulière. Beaucoup de gens ont découvert la Bourgogne grâce à ce film. »
Les associés ont donc décidé de construire tout l’univers du restaurant autour du célèbre long-métrage tourné en partie à Beaune. Couleurs pastel, mosaïque de carreaux cassés, mobilier en chêne foncé, grandes banquettes en velours vert, coussins fleuris et nombreuses photographies du film plongent immédiatement les clients dans une ambiance d’auberge d’antan. « Nous voulions quelque chose de chaleureux, de doux, presque féminin, explique le restaurateur. Une auberge de village où l’on a envie de rester longtemps à table. »
Le restaurant accueillera entre 30 et 40 couverts au rez-de-chaussée. À l’étage, une salle privative d’une vingtaine de places a été aménagée avec sa propre cuisine ouverte et surtout une terrasse offrant une vue remarquable sur les toits de Beaune et l’arrière de Notre-Dame.

Une cuisine de terroir entièrement faite maison
Mais au-delà du décor et de l’ambiance, les associés veulent surtout remettre à l’honneur une vraie cuisine de bistrot traditionnelle. « On mange très bien à Beaune, souvent dans un registre bistronomique, explique Baptiste Roulière. Mais nous voulions proposer une cuisine plus populaire, plus traditionnelle, avec des plats qu’on ne trouve plus forcément beaucoup aujourd’hui. »
Ici, tout est fait maison. En cuisine, les fourneaux sont confiés à Quentin Auchère, chef bien connu à Beaune et enfant du pays, déjà passé par plusieurs établissements de Stéphane Guidot, qui apportera, avec sa brigade, son savoir-faire à cette cuisine de terroir généreuse et entièrement faite maison.

La carte multiplie les grands classiques des auberges françaises : escargots de Bourgogne, terrine de campagne, céleri rémoulade, os à moelle, poireaux vinaigrette, harengs pommes à l’huile ou encore petit camembert rôti. Les célèbres œufs en meurette seront proposés sous leur ancien surnom berrichon : les « couilles d’âne », clin d’œil assumé à la tradition populaire.

Côté plats, le registre reste volontairement généreux : tête de veau sauce gribiche, quenelle de brochet sauce crustacés, bœuf bourguignon aux joues de bœuf, onglet Black Angus à l’échalote, risotto d’orzo au comté ou magret de canard sauce cassis-griottes. « Nous voulons une cuisine lisible, des sauces, du goût, du partage », résume Sam Ben.
Même philosophie pour les desserts avec une carte très “auberge française” : crème brûlée au pain d’épices Mulot & Petitjean, œufs au lait au caramel maison, baba au rhum, fondant chocolat ou clafoutis aux cerises.
Une ouverture très attendue à Beaune
Jeudi soir, le dîner test ressemblait déjà à un vrai service. Les plats défilaient, les discussions s’animaient et l’ambiance prenait forme. Quelques ajustements encore, quelques derniers réglages… puis viendra l’ouverture officielle ce vendredi midi.
Avec l'Auberge La Grande Vadrouille, Beaune s’offre une nouvelle adresse qui assume pleinement son goût pour la convivialité, le patrimoine populaire et les grandes tablées à la française.
Jeannette Monarchi
10 Place Notre Dame, 21200 Beaune
Restaurant qui sera ouvert toute la semaine fermée le mercredi et le jeudi service midi et soir
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