BOURGOGNE

Biothérapies - La Bourgogne-Franche-Comté veut devenir un acteur majeur de la médecine de demain

Biothérapies - La Bourgogne-Franche-Comté veut devenir un acteur majeur de la médecine de demain
Conférence de presse : (de gauche à droite) Laëtitia Martinez, vice-présidente à l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation, l'égalité réelle et la laïcité ; Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté ; Nicolas Soret, vice-président aux finances, aux achats, au développement économique, à l'économie sociale et solidaire, à l'emploi © Région BFC

Réunis ce mercredi à Dijon à l'occasion des 3es Assises régionales des biothérapies et de la bioproduction, chercheurs, industriels, établissements de santé et acteurs publics ont dressé le bilan de dix-huit mois de structuration de la filière régionale. Portée par l'initiative Biovaliance, la Bourgogne-Franche-Comté affiche désormais une ambition claire : contribuer à la souveraineté sanitaire française en participant à la conception et à la production des traitements innovants de demain.

Dans l'hémicycle du Conseil régional à Dijon, les acteurs régionaux de la santé, de la recherche et de l'industrie étaient réunis pour une matinée d'échanges consacrée à l'avenir des biothérapies. Cette troisième édition des Assises régionales intervient dans un contexte particulièrement favorable, alors que les biothérapies représentent aujourd'hui près de 60 % des budgets mondiaux de recherche en santé.
Ces traitements innovants, qui regroupent notamment les thérapies cellulaires, géniques ou encore les biomédicaments, ouvrent de nouvelles perspectives pour lutter contre certains cancers, maladies neurologiques ou maladies rares.
Pour Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, l'enjeu dépasse largement le cadre scientifique. « Notre objectif est clair : contribuer à la conception et à la production des traitements de demain pour renforcer la souveraineté sanitaire et industrielle de la France, dans la perspective de thérapies innovantes et adaptées aux besoins des patients. »

Biovaliance, une dynamique collective désormais installée
Lancée en 2025, l'initiative Biovaliance constitue aujourd'hui la colonne vertébrale de cette stratégie régionale. Elle fédère laboratoires de recherche, centres hospitaliers, entreprises innovantes, structures de transfert de technologie et organismes de formation autour d'une feuille de route commune.
Dans son discours d'ouverture, Jérôme Durain a insisté sur le principal succès de ces deux dernières années : la création d'un véritable écosystème régional. « Il y a deux ans, nous avons réuni pour la première fois les acteurs de cette filière. Certains se connaissaient à peine. Beaucoup travaillaient sur des sujets connexes sans se parler. Ce que vous avez construit depuis, c'est d'abord une dynamique collective qui existe désormais. »
Cette structuration permet aujourd'hui à la région de parler d'une seule voix et d'accroître sa visibilité au niveau national et international.

Une ambition de souveraineté sanitaire
L'une des priorités affichées est de réduire la dépendance de la France vis-à-vis de productions étrangères dans des domaines stratégiques. Le président de Région a notamment rappelé le rôle essentiel joué par certaines entreprises régionales durant la crise sanitaire. « La pandémie de Covid nous a appris quelque chose de brutal : quand on ne produit pas, on dépend. RD-Biotech est aujourd'hui le seul producteur français d'ADN plasmidique, un composant essentiel des vaccins à ARN messager. »
Cette capacité industrielle constitue l'un des fondements de la stratégie régionale, qui vise à rapprocher recherche, développement et production.

Un écosystème régional particulièrement favorable
La Bourgogne-Franche-Comté dispose d'atouts reconnus pour développer cette filière d'avenir. La région s'appuie sur deux CHU, plusieurs universités, des centres de recherche, un centre de lutte contre le cancer, ainsi qu'un tissu industriel déjà bien implanté. Parmi les entreprises emblématiques figurent notamment RD-Biotech, Chematech, Cellaven, Carla Biotherapeutics, AbTx, Oragen ou encore Oncodesign Precision Medicine.
La région dispose également d'un important vivier de compétences grâce à près de 80 formations spécialisées allant du baccalauréat professionnel au master et diplôme universitaire.

Recherche, innovation et rayonnement international
Les Assises ont également permis de revenir sur plusieurs projets structurants accompagnés ces derniers mois. Parmi eux figure notamment BioIMP, un consortium réunissant établissements publics et entreprises régionales afin d'optimiser les procédés de fabrication des biomédicaments tout en réduisant leurs coûts de production. Le projet bénéficie de 18 millions d'euros de financements européens FEDER.
La Région poursuit également son ouverture à l'international avec des coopérations développées à Bruxelles, au Wisconsin et prochainement à Montréal.

Une feuille de route tournée vers l'avenir
Au-delà du bilan des dix-huit premiers mois, les participants ont également évoqué les perspectives pour la période 2026-2028. L'arrivée prochaine du Biotech Act européen, les nouveaux partenariats internationaux et l'accompagnement de projets innovants devraient permettre à la Bourgogne-Franche-Comté de renforcer encore sa place dans un secteur en pleine expansion. Pour Jérôme Durain, la compétition entre les régions françaises est bien engagée, mais la Bourgogne-Franche-Comté dispose désormais des outils nécessaires pour s'imposer durablement. « Deux villes. Deux forces. Une filière », a résumé le président de Région en évoquant la complémentarité entre Dijon et Besançon.
À travers Biovaliance, la Bourgogne-Franche-Comté entend ainsi jouer un rôle de premier plan dans la médecine du futur, tout en créant de nouvelles opportunités économiques, industrielles et scientifiques sur son territoire.

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Assises de la Biotherapie 5146 © Région BFC David Cesbron