MERCEUIL

A Merceuil, un instant dans le temps

A Merceuil, un instant dans le temps
A Merceuil, un instant dans le temps
A Merceuil, un instant dans le temps
A Merceuil, un instant dans le temps

Quasiment toutes les personnes nées avant 2000 ont un jour porté une montre à leur poignet mais combien peuvent se vanter d’en avoir déjà démonté et remonté une ? Grâce aux ateliers de Christophe Daniel, ancien horloger et gérant de la maison d’hôte L’Instant Beaun’heur à Merceuil, chacun peut se familiariser avec les rouages de l’objet.

La promesse d’apprendre à démonter et remonter une montre sans compétences particulières suffit à éveiller la curiosité. À Merceuil, Christophe Daniel initie les clients de son gîte mais aussi les curieux et passionnés du territoire à l’horlogerie. « J’ai travaillé 30 ans dans l’horlogerie entre la France et la Suisse, chez Rolex ou encore chez Jaeger-LeCoultre. J’ai eu envie de faire autre chose et de retrouver le contact avec les clients que j’avais connus avec mes parents dans l’hôtellerie », explique Christophe Daniel. Originaire de Haute-Savoie, il cherchait un nouveau cadre de vie et est tombé amoureux de la maison qu’il occupe aujourd’hui. Et il est vrai que le charme opère vite dans cette demeure. Le propriétaire accueille les stagiaires d’un jour venus s’essayer à l’horlogerie et les guide jusqu’à son atelier.


De 9 h à 16 h, il se mettra dans la peau d’un professeur pour enseigner les bases de l’horlogerie. Et comme tout bon cours qui se respecte, l’enseignant du jour commence par revenir sur l’histoire de l’horlogerie. Il évoque la célèbre comtoise qui a vu le jour au XVIᵉ siècle notamment, tandis qu’il surprend les apprentis horlogers en précisant que le fonctionnement de la montre imaginé en 1750 par un Anglais n’a pas changé près de trois siècles plus tard. « Seuls les matériaux ont évolué ! » Il évoque ensuite la montre étanche, la montre chronomètre… Puis les choses se compliquent un peu pour les moins manuels du groupe puisque Christophe Daniel détaille les pièces et le mécanisme d’une montre. « Il faut de la force dans un barillet pour donner le mouvement. » Christophe Daniel ouvre son horloge comtoise pour expliquer le phénomène et montrer le rôle des poids qu’elle cache. Il y présente l’ancre, le balancier, le rouage, la platine, les ponts, le rochet, la tige, la couronne…

Il est temps de désamorcer
Après la théorie, place à la pratique ! « Nous allons commencer par désamorcer la pièce pour qu’elle ne tourne plus. » Une fois l’indispensable loupe en position sur l’œil pour bien voir les différents éléments, en particulier les minuscules vis qui maintiennent les pièces, un petit tournevis en main, chacun s’emploie à faire sa part du travail. « Vous ne sortirez pas d’ici horloger, car il faut trois ans d’étude au moins, mais vous comprendrez mieux le fonctionnement. » Patience et minutie s’imposent dans la mission du jour qui consiste à se saisir d’une grande partie de la quarantaine de pièces du mécanisme.


« J’identifie très bien les vis, mais c’est quoi les petits points roses ? » demande une élève qui ne s’attend sûrement pas à la réponse. « Ça sert à mettre de l’huile. Maintenant c’est synthétique, mais avant c’était du rubis. » La concentration est à son comble, la main ne doit pas trembler pour attraper chacune des pièces sous l’œil avisé de Christophe Daniel qui prodigue ses conseils. « Il faut utiliser la petite encoche, ce sera plus facile. »
Une fois toutes les pièces enlevées et disposées dans de petites boîtes, le soulagement n’est que de courte durée. Alors que réussir le démontage relevait déjà de la prouesse, le plus dur reste à faire : il faut tout remettre dans l’ordre ! Heureusement, la pause déjeuner laisse un peu de répit. Une planche composée de charcuterie et de produits locaux régalent et redonnent de l’énergie.


« À chaque élément repositionné, on vérifie que ça fonctionne. Si on attend la fin, on n’identifie pas d’où vient le problème et il faut tout recommencer. » L’exercice n’est pas simple mais peu à peu, la montre reprend forme. Quand c’est fini, ce n’est pas fini ! « Maintenant, on doit vérifier que la montre ni n’avance ni ne retarde grâce à cet appareil. » Un réglage particulièrement fin que Christophe Daniel réalise tant il est pointu. L’atelier touche à sa fin, le temps a filé pendant que les apprentis horlogers tentaient de le maitriser à leur façon. En couple ou avec un ami, pour conforter un choix de carrière ou en savoir plus sur la mécanique du temps, l’Instant Beaun’Heure invite à vivre l’expérience.

Nadège Hubert