CÔTE D'OR

Quand l’intelligence artificielle devient vigie des forêts de Côte-d’Or

Quand l’intelligence artificielle devient vigie des forêts de Côte-d’Or

Après un été marqué par des feux d’une ampleur inédite, le Conseil départemental veut généraliser un système de détection précoce par Intelligence artificielle.

Réunis en session extraordinaire ce lundi matin, les conseillers départementaux de la Côte-d’Or ont largement consacré leurs échanges aux conséquences du changement climatique et aux moyens de renforcer la protection du territoire face au risque croissant d’incendies. Après une présentation de la saison estivale par le SDIS 21, marquée par près de 650 hectares brûlés contre seulement 30 hectares en 2025, l’assemblée a examiné un rapport visant à étendre à l’ensemble du département un dispositif de détection précoce des départs de feu grâce à l’Intelligence artificielle.
 
Une expérimentation jugée concluante au Mont Afrique
Le projet s’appuie sur une expérimentation menée ces derniers mois au Mont Afrique. Deux caméras à 360 degrés y ont été installées afin de surveiller les massifs forestiers situés au sud et à l’ouest de l’agglomération dijonnaise. Les images sont analysées en permanence par des algorithmes capables d’identifier un départ de feu et d’alerter directement le SDIS.
L’objectif affiché est de détecter un panache de fumée en moins de trois minutes après son apparition et de transmettre immédiatement aux sapeurs-pompiers une alerte localisée accompagnée des images nécessaires à une levée de doute rapide.
Pour le Département, l’enjeu n’est pas de remplacer l’intervention humaine mais de fournir aux secours des informations plus précises "plus rapidement une information qualifiée et directement exploitable" dès les premières minutes de l’événement.

Une couverture de l’ensemble des espaces naturels
Fort des résultats de cette expérimentation, le Département propose désormais de passer à une phase de généralisation. Le cahier des charges prévoit une surveillance permanente de l’ensemble des espaces naturels, boisés et forestiers exposés au risque incendie sur le territoire côte-d’orien.
Le futur dispositif devra être capable de fonctionner de jour comme de nuit, dans des conditions météorologiques parfois dégradées, avec une détection automatique en moins de trois minutes le jour et cinq minutes la nuit.
 
La souveraineté numérique au cœur du projet
Autre particularité du dispositif : les données ne seront pas hébergées chez un prestataire extérieur mais directement dans le MicroDataCenter du Département. Images, alertes, statistiques et historiques resteront ainsi sous contrôle public, avec une volonté de souveraineté numérique : « Le Département demeure maître des images, des séquences, des alertes, des annotations, des localisations, des journaux et des statistiques produits par le dispositif ».
Une orientation que François Sauvadet présente comme une condition essentielle pour conserver la maîtrise des outils stratégiques développés autour de l’Intelligence artificielle.

Préparer les crises de demain
Au-delà de la seule détection des incendies, le Département voit dans ce projet une première étape vers la création d’un « jumeau numérique territorial ». Cet outil doit permettre de croiser en temps réel les données relatives au relief, aux infrastructures, aux réseaux, aux bâtiments ou encore à la météorologie afin de mieux anticiper les crises.
À terme, les services pourront même rejouer des événements passés pour analyser les interventions et tester différents scénarios : évolution d’un incendie selon le vent, impact sur un village ou une infrastructure sensible, ou encore conséquences d’une détection plus précoce.
 
Une réponse aux nouveaux risques climatiques
Cette session extraordinaire a permis de mettre en lumière l’évolution rapide des risques auxquels la Côte-d’Or est désormais confrontée. Sécheresses répétées, températures record et multiplication des feux d’espaces naturels imposent aux collectivités d’adapter leurs moyens de prévention et d’intervention.
Pour le Département, l’Intelligence artificielle constitue désormais un levier supplémentaire pour répondre à ces défis.