BEAUNE
Conseil Municipal de Beaune – Bras de fer entre la mairie et la CGT sur l'avenir des locaux syndicaux
Par Jeannette Monarchi
Publié le 20 Septembre 2024 à 11h29
Face aux accusations de la CGT, qui critique l'absence de solution de relogement pour ses locaux actuels, Alain Suguenot a défendu la position de la municipalité lors du conseil municipal, évoquant une occupation « sans droit ni titre ».
Lors de l’ouverture du conseil municipal de Beaune, jeudi soir, une vive polémique a éclaté à propos des locaux occupés par les syndicats, en particulier la CGT. En réponse à une question orale posée par Carole Bernhard, conseillère d’opposition pour « Beaune Vraiment », le maire Alain Suguenot a pris la parole pour défendre la position de la municipalité face aux accusations portées par la CGT dans un communiqué intitulé « À Beaune, la municipalité veut chasser les syndicats du territoire ! ».
Rappel des faits
La mairie souhaite récupérer les locaux syndicaux situés au 15 rue Gaston Roupnel, actuellement mis à disposition de la CGT, afin de les transformer en logements sociaux. Un projet que l'organisation syndicale ne conteste pas, mais elle déplore l'absence de solution de relogement. Selon la CGT, ses demandes d’entrevue avec le maire pour discuter d’une solution alternative sont restées sans réponse, ce qui a motivé le communiqué dénonçant une forme de mépris de la municipalité envers les syndicats.
Carole Bernhard a exprimé la préoccupation suivante : « Quelle solution de relogement allez-vous proposer pour les organisations syndicales de notre territoire et à quelle échéance ? ».
Réponse du maire Alain Suguenot
Le maire Alain Suguenot a vivement réagi à ces critiques en qualifiant cette polémique de « procès d’intention ». Il a réaffirmé que « la Ville de Beaune aime les syndicats et les respecte », avant d’énumérer plusieurs points visant à défendre la position de la municipalité.
D’abord, il a rappelé que la CGT ne représente plus les agents de la ville, aucune liste n'ayant été déposée lors des dernières élections. Ensuite, il a insisté sur le fait que la CGT bénéficie depuis des années d’un logement de 80 m², mis à disposition gracieusement, sans payer ni loyer ni charges, qui s'élèvent à environ 3 000 € sur trois ans. Il a également précisé que la situation de la CGT relevait du « non-droit », la gratuité des locaux étant illégale selon le Code général des collectivités territoriales.
Alain Suguenot a aussi rappelé que la Ville, confrontée à un besoin de logements sociaux, avait proposé une solution de partage des locaux avec d’autres syndicats, une proposition restée sans réponse depuis mars 2024. Il a conclu en soulignant que « l'occupation sans droit ni titre » de la CGT ne pouvait pas durer indéfiniment.
Sur un ton plus incisif, le maire a ajouté : « Quand on grimpe au cocotier, mieux vaut avoir les fesses propres ! ».
Réaction des représentants de la CGT
La réponse du maire a suscité une vive réaction de la part des représentants de la CGT présents dans la salle du conseil. Énervés par les propos d’Alain Suguenot, ils ont quitté la séance en lançant : « Vous êtes un menteur. Cela se terminera devant le tribunal administratif ! ».
Joint le lendemain (ce vendredi matin), Éric Michon, secrétaire général de l’Union Locale CGT du Sud Côte d'Or, a exprimé son indignation face aux déclarations du maire : « Je suis révulsé par autant de mensonges, c’est hallucinant qu’un édile dise autant de contre-vérités. Rien n’est vrai ! ». Il a contesté les affirmations selon lesquelles la CGT ne paierait pas les charges liées aux locaux. « Ce n’est pas le contribuable beaunois qui paie nos fluides. Nous réglons ces frais comme toutes les autres charges, y compris l’enlèvement des poubelles, un service dont nous ne bénéficions pas n’ayant pas accès au local dédié. Nous n’avons jamais reçu de facture correspondant aux 3 000 € mentionnés par le maire. »
La mise à disposition des locaux était encadrée par une convention or la CGT n’a jamais été informée officiellement du non-renouvellement en 2021, « ce qui semble être un oubli des services, probablement lié au Covid ». Depuis, aucun échange formel n’a eu lieu avec la Ville. « En 2024, bien que tardivement, nous avons déposé une demande de renouvellement, ce qui nous a permis de rencontrer les élus dédiés au logement et le directeur général des services, M. Chiodo. Il nous a alors été dit que la Ville ne nous expulserait pas sans solution, mais aucune date pour récupérer les locaux n’a été avancée. Une autre réunion devait suivre, mais à la place, nous avons reçu un courrier signé du maire daté du 6 mars, nous demandant de quitter les lieux. »
C'est pour cette raison que la CGT a sollicité un entretien avec le maire, « avec qui nous avions jusque-là des échanges cordiaux et constructifs. Malheureusement, nous n'avons eu aucune réponse. À aucun moment il ne nous a été proposé de partager les bureaux avec d’autres syndicats, ce que nous aurions pourtant examiné sérieusement… ».
Quelle suite ?
La situation semble désormais bloquée. Alors qu'Alain Suguenot appelle à « trouver une issue raisonnable » avec la CGT, les syndicats envisagent d'explorer des recours juridiques. Éric Michon a confirmé que la CGT allait saisir son conseil juridique pour étudier les options possibles, y compris concernant les « propos diffamants » du maire.
Le climat est donc tendu entre la municipalité et les syndicats, alors même que la présence syndicale à Beaune reste primordiale pour un bassin d’emploi de 35 000 salariés. Éric Michon a conclu : « La démocratie est remise en question ». Il reste à voir si un dialogue pourra être rétabli dans les semaines à venir.
Jeannette Monarchi
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