Les Hautes-Côtes : un vignoble d’avenir face au changement climatique
Par Jeannette Monarchi
Publié le 24 Février 2025 à 10h16
Un renouveau viticole sous les projecteurs de la table ronde à la Cité des Climats et vins de Bourgogne.
Ce jeudi, la Cité des Climats et vins de Bourgogne a accueilli une table ronde passionnante sur l’évolution du vignoble des Hautes-Côtes dans un contexte de réchauffement climatique. Longtemps restées dans l’ombre de leurs prestigieux voisins de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune, ces appellations connaissent aujourd’hui un véritable renouveau. Grâce à leur altitude et à l’évolution des conditions climatiques, elles apparaissent désormais comme une alternative prometteuse, tant pour la production de vins de qualité que pour la préservation de l’identité bourguignonne.
La table ronde était animée par Paul Berger, vigneron et membre de l'ODG des Hautes-Côtes, Laurent Delaunay, négociant dans les Hautes-Côtes et président du BIVB, ainsi que Boris Champy, vigneron et membre de l'ODG des Hautes-Côtes. Ces experts ont partagé leurs analyses et perspectives sur l'avenir du vignoble, notamment face aux défis et opportunités liés au changement climatique.
Situées à l’ouest des célèbres Côtes de Beaune et de Nuits, les Hautes-Côtes désignent une zone viticole au relief plus élevé, avec des vignes plantées entre 320 et 450 mètres d’altitude, établies sur 40 communes entre la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire. Ce vignoble bénéficie aujourd’hui du réchauffement climatique, qui favorise une meilleure maturité des raisins, offrant des vins plus équilibrés et expressifs.
Un vignoble longtemps dans l’ombre
Les deux appellations régionales associées aux Hautes-Côtes sont Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits et Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune qui ont obtenu leur AOC en 1961 après un long combat mené par les vignerons. Pourtant, leur histoire viticole remonte bien plus loin. Comme l’a rappelé Laurent Delaunay, « l’histoire de la vigne ici est millénaire. Dès le 1er siècle, les Romains avaient introduit la culture de la vigne en plaine, avant que les Burgondes ne conquièrent les coteaux au VIe siècle ».
Mais après une longue période de prospérité, les Hautes-Côtes ont subi de nombreuses crises, du refroidissement climatique du XIVe siècle au phylloxéra du XIXe siècle. « Après le phylloxéra, les vignerons ont fait l’erreur de replanter du gamay et de l’aligoté, sans anticiper la concurrence des vins du Languedoc et d’Algérie », explique Laurent Delaunay. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que la renaissance a commencé, avec la replantation de pinot noir et de chardonnay.
L’altitude, un atout face au réchauffement climatique
Aujourd’hui, le réchauffement climatique redessine la carte du vignoble bourguignon. Longtemps pénalisées par leur altitude, les Hautes-Côtes bénéficient désormais d’un climat plus favorable. « On observe une augmentation des températures de 1 à 2,5°C, ce qui change complètement la donne », souligne Paul Berger. Ce qui était un handicap devient un avantage. Nos vins gagnent en maturité sans perdre en fraîcheur. »
Il met en avant la diversité des paysages des Hautes-Côtes, qui combinent vignes, bois et pâturages. « C’est un vignoble qui a su conserver un équilibre naturel. Il fait partie de la zone Natura 2000, ce qui souligne son importance environnementale. »
Boris Champy ajoute : « aujourd’hui, ces terroirs sont en plein essor, bénéficiant d’un équilibre idéal entre fraîcheur et maturité des raisins, attirant de plus en plus d’amateurs et de professionnels du vin ».

Une montée en qualité et en reconnaissance
Le changement climatique ne suffit pas à expliquer la montée en puissance des Hautes-Côtes. L’amélioration des techniques viticoles et l’investissement des vignerons y jouent également un rôle clé. « Ce qui fait la force des Hautes-Côtes aujourd’hui, c’est leur rapport qualité-prix imbattable, ajoute Paul Berger. On retrouve ici l’élégance bourguignonne, avec des vins frais, fruités et accessibles. »
Des perspectives d’avenir prometteuses
Le potentiel de développement des Hautes-Côtes est énorme. « Actuellement, environ 53 % des surfaces délimitées en AOP ne sont pas encore plantées », explique Paul Berger. Cela signifie qu’il existe encore une grande marge de progression.
Un projet ambitieux, Horizon Hautes-Côtes, vise à adapter la délimitation de l’AOP en tenant compte des impacts du changement climatique. L’objectif est de préserver un équilibre entre développement économique et respect de l’environnement.
« Les Hautes-Côtes sont appelées à jouer un rôle majeur dans l’avenir de la Bourgogne, conclut Laurent Delaunay. Il serait intéressant de gagner en précision dans l’identification des terroirs, vers une caractérisation plus fine des climats. »
La table ronde s’est clôturée par une dégustation de trois vins des Hautes-Côtes, illustrant la richesse et la diversité de ces appellations en pleine mutation. Autrefois considérées comme des "arrière-côtes", elles s’imposent aujourd’hui comme un terroir d’avenir, capable de conjuguer tradition et adaptation aux défis du XXIe siècle.
Jeannette Monarchi
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