BEAUNE

Conseil municipal de Beaune - Un vœu unanime pour défendre les classes menacées de fermeture

Conseil municipal de Beaune - Un vœu unanime pour défendre les classes menacées de fermeture

À l’occasion d’un conseil municipal largement technique, la question des fermetures de classes a introduit les débats ce jeudi soir. Face aux inquiétudes suscitées par la carte scolaire 2026-2027, élus de la majorité et de l’opposition ont adopté à l’unanimité un vœu pour défendre le maintien des classes et peser auprès de l’Éducation nationale.

Réuni ce jeudi soir sous la présidence du maire Pierre Bolze, le conseil municipal de Beaune avait des allures de séance d’installation de l’exécutif. Avec 13 rapports à l’ordre du jour, qualifiés de « session technique », la réunion a toutefois été marquée par un moment fort : l’adoption à l’unanimité d’un vœu en faveur du maintien des classes menacées de fermeture dans plusieurs écoles de la ville.
 
Une inquiétude immédiate face aux annonces de fermetures
Dès son élection, Pierre Bolze a été confronté à la question sensible de la carte scolaire. Plusieurs fermetures de classes sont en effet envisagées pour la rentrée 2026-2027 : aux Peupliers, aux Blanches Fleurs et à Champagne-Saint-Nicolas, tandis qu’une ouverture est annoncée aux Remparts. « J’ai immédiatement pris attache avec l’ensemble des directeurs d’école pour faire un point de situation », a expliqué le maire. Il a également contacté le Dasen pour lui faire part « de notre vive émotion et du caractère difficilement acceptable de ces fermetures », annonçant une rencontre prochaine pour défendre les intérêts des établissements beaunois.

Des écoles aux besoins spécifiques
Au-delà des chiffres, la municipalité insiste sur la réalité des territoires concernés. Certaines écoles accueillent des publics nécessitant un accompagnement renforcé. Dans cette logique, Pierre Bolze a annoncé avoir engagé une démarche de classement des écoles des Blanches Fleurs et de Champagne en réseau prioritaire, afin de bénéficier de moyens supplémentaires. Une évaluation a été effectué aux Blanches Fleurs par l'Education Nationale faisant état d'un besoin d'un accompagnement renforcé, tandis que celle des Peupliers interviendra en juin.
La Ville rappelle également les investissements engagés, à l’image de la réhabilitation et de l’extension du groupe scolaire des Blanches Fleurs, pour un montant de 3,5 millions d’euros, illustrant « une volonté forte d’offrir des conditions d’apprentissage de qualité ».

Un vœu pour peser dans la décision
Face à ces enjeux, le conseil municipal a adopté un vœu clair : s’opposer aux fermetures envisagées, demander leur réexamen par la Direction académique et appeler à une analyse concertée tenant compte des réalités locales.
Le texte souligne notamment que ces suppressions entraîneraient une hausse des effectifs par classe — jusqu’à 23,5 élèves aux Peupliers — alors même que les prévisions annoncent une légère augmentation du nombre d’élèves à la rentrée.

Une convergence avec l’opposition
Ce vœu a rassemblé l’ensemble des élus, majorité comme opposition. Sébastien Picard, pour le groupe « Beaune Demain », a partagé ce constat, dénonçant des décisions qui pourraient « faire pâtir les élèves ».
Dans un communiqué lu en séance, le groupe d’opposition a exprimé sa « vive inquiétude » face à des fermetures touchant, selon lui, des publics déjà fragiles, évoquant également d’autres établissements du territoire et la suppression programmée de postes à l’EREA.
Malgré des analyses parfois plus politiques sur les causes de ces décisions, la convergence s’est faite sur l’essentiel : la nécessité de défendre l’école publique et les conditions d’apprentissage des élèves.

« Un acte fort » pour défendre les écoles
Le vœu a été adopté à l’unanimité des 35 voix. « C’est un acte fort qui nous permettra de porter de façon plus importante le message délivré », a souligné Pierre Bolze.
Le maire a également élargi son propos en assurant les communes du sud Côte-d’Or de « notre solidarité et de ma détermination totale » pour engager un dialogue avec l’Éducation nationale.
Au-delà de son caractère symbolique, cette unanimité envoie un signal politique fort à l’approche des décisions définitives sur la carte scolaire, dans un contexte où l’équilibre entre démographie, moyens éducatifs et réalités territoriales reste plus que jamais sous tension.

Jeannette Monarchi