BEAUNE
Beaune - À vélo dans les pas de La Grande Vadrouille : la nouvelle expérience qui fait bouger l’Hôtel-Dieu
Par Jeannette Monarchi
Publié le 08 Avril 2026 à 07h25
Trois heures de balade, quelques montées bien senties et une immersion totale entre patrimoine et culture populaire : la première rando-vélo organisée samedi a déjà séduit les participants. En cette année placée sous le signe du “Mouvement(s)”, l’Hôtel-Dieu innove avec une toute nouvelle proposition : une rando-vélo immersive pour célébrer les 60 ans du film culte La Grande Vadrouille.
Par un samedi radieux, quatre courageux cyclistes — deux couples, l’un parisien, l’autre venu de la région de la Loire — s’apprêtent à vivre leur propre “vadrouille”. Mais attention : ici, pas de planeur ni de course-poursuite avec Louis de Funès et Bourvil. Juste des vélos pour une balade pas si tranquille, où les paysages coupent parfois le souffle… autant que les côtes. Chronique d’une échappée pas si tranquille.

Une mise en scène… dès le départ
Avant même d’enfourcher les bicyclettes, la visite débute dans les murs chargés d’histoire de l’Hôtel-Dieu. Sous la conduite de Marine Bigot, responsable du développement des publics, et d’Aude Ralison, cheffe de projet digital, les participants plongent dans les origines du lieu. On y évoque la fondation en 1443 par Nicolas Rolin et Guigone de Salins, la vocation d’accueil des plus démunis, et cette vision médiévale du soin, à la fois physique et spirituel.

Et puis soudain dans la salle des Pôvres, le réel bascule dans la fiction : c’est ici qu’a été tournée l’une des scènes les plus marquantes du film « Dites 33 ». « Difficile de dire quel lit exactement », glisse avec humour Marine, un nouveau prétexte pour évoquer l’activité de soin de cette immense nef hospitalière et l’histoire de la communauté de sœurs hospitalières. « Tout ce qui est bon est très mauvais », disait la religieuse dans le film… De quoi donner du courage avant la suite. Car oui, il va en falloir.

Plus loin, l’apothicairerie rappelle la médecine d’autrefois, entre plantes, onguents et savoirs du XVIIe siècle. À l’étage, changement d’ambiance : place aux récits de la Résistance. On y découvre notamment l’histoire de Maurice Drouhin, dont le domaine viticole jouxte l’Hôtel-Dieu, qui a été caché pendant trois mois par les sœurs hospitalières… sous les yeux mêmes des occupants allemands. En reconnaissance, il fera don de parcelles de vigne. Ou encore ces stratagèmes dignes d’un scénario : faux enterrement pour faire passer un soldat en zone livre caché dans la chapelle…

En selle… pour une autre histoire
Puis vient le moment tant attendu : casque sur la tête, vélo (non électrique, précision importante) en main, et départ. Accompagné également par Léa d’Active Tours, le petit groupe s’élance sur le boulevard circulaire avant de rejoindre la voie des vignes. Le soleil est là, généreux. Peut-être un peu trop ! Le paysage s’ouvre, les rangs de ceps défilent… Les premières minutes sont douces, presque trompeuses. Puis arrive la réalité du terrain… les mollets commencent à travailler. Car oui, cette “vadrouille” est aussi sportive. Sans assistance électrique, les montées entre Pommard, Volnay et Meursault rappellent vite que le patrimoine bourguignon… se mérite. Et puis il y a ce détail universel, jamais mentionné dans les brochures touristiques : le mal aux fesses.

Des vignes, des Climats… et des histoires
Heureusement, les pauses sont là. Et elles valent le détour. Les arrêts dans les parcelles des Hospices permettent de reprendre son souffle… et d’apprendre. À Pommard, sur la parcelle des Petits Épenots, les guides détaillent les subtilités des Climats de Bourgogne, classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ici, le vin n’est pas qu’un décor : il est une mémoire vivante. Dans une autre parcelle du Domaine des Hospices à Volany, la Bourgogne se raconte, entre deux gorgées d’eau bien méritées. On évoque les cuvées, l’histoire du domaine des Hospices et ses 53 cuvées, ses célèbres ventes aux enchères avant d’agrandir le prisme sur les vins de Bourgogne.

Meursault, cœur battant du film
Le parcours se poursuit jusqu’à Meursault, cœur battant du film. Devant la mairie – devenue Kommandantur à l’écran – les images reviennent immédiatement. Face à l’hôtel de ville, transformé en Kommandantur dans le film de Gérard Oury, les images affluent. Les scènes avec Bourvil et Louis de Funès semblent presque rejouées dans l’imaginaire collectif.
Les guides racontent les coulisses du tournage : les habitants mobilisés comme figurants, les pompiers locaux appelés pour certaines scènes, et cette porte brûlée qu’il a fallu remplacer après une prise un peu trop réaliste.
Un cinéma ancré dans le réel, dans les pierres, dans le territoire… et ce mélange unique d’humour et d’histoire qui a fait le succès du film réalisé par Gérard Oury. Un succès monumental : plus de 17 millions de spectateurs, un record pendant des décennies. Et ici, en Bourgogne, un décor à ciel ouvert.

Trois heures plus tard, retour à Beaune, fatigués… Les jambes sont lourdes, les visages un peu rouges… mais les sourires bien présents. Tous sont conquis. Car cette expérience réussit un pari rare : faire bouger le patrimoine, au sens propre comme au figuré. Dernière étape la visite de l’ancienne cuveries et des anciennes caves où se tenaient les ventes aux enchères avant qu’elles ne prennent une dimension internationale pour s’installer sous la Halle.
Alors non, il n’y avait pas de soldats allemands, ni de camion de citrouilles. Mais il y avait des montées, des rires, du soleil… et cette impression, le temps d’une après-midi, de vivre sa propre grande vadrouille.
Jeannette Monarchi
Infos pratiques
Départ : Hôtel-Dieu des Hospices de Beaune
Durée : 3 heures
Prochaines dates à 14 h : samedi 11 avril, dimanches 24 mai et 7 juin, samedis 3 et 17 octobre
Tarif : 75,25 € (réductions possibles)
Jauge : 16 personnes
Inclus : visite de l’Hôtel-Dieu, audioguide et parcours “Sur les pas des fondateurs”
Réservations
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