CÔTE D'OR

15 millions d’euros pour rénover le barrage de Panthier

15 millions d’euros pour rénover le barrage de Panthier

Construit entre 1834 et 1836, le barrage de Panthier avait été abaissé pour des raisons de sécurité. Afin de garantir la pérennité de l’ouvrage et de lui redonner son niveau d’origine, l’État, la Région et le Département débloquent une enveloppe de 15 millions d’euros pour lancer un important chantier de rénovation qui devrait durer 13 mois.

L’équivalent de 400 bassins olympiques, c’est ce que le barrage-réservoir de Panthier devrait gagner en quantité d’eau après les 13 mois de travaux dont le coup d’envoi officiel a été donné ce 21 mai. En 2018, le niveau avait été revu à la baisse sur arrêté préfectoral à cause d’une nécessaire mise en conformité et du besoin de renforcer la stabilité d’une partie de la digue. « Les travaux permettront d’augmenter de 15 % la capacité totale du barrage pour revenir à son niveau historique de 8 000 mètres cubes », détaille Cécile Avezarde, directrice générale de VNF. Cette capacité retrouvée aura un impact non seulement sur l’alimentation du canal de Bourgogne mais aussi, par rebond, sur l’approvisionnement en eau potable du territoire. En effet, les mètres cubes supplémentaires stockés au barrage-réservoir de Panthier contribueront à réduire les prélèvements dans le barrage de Grosbois-en-Montagne, principalement destiné à la consommation.

Un chantier impactant
Pendant la phase de travaux, qui devrait durer 13 mois à partir de ce mois de mai, l’alimentation du canal de Bourgogne ne sera toutefois plus assurée, entrainant des débits trop faibles pour garantir la navigation entre Vandenesse-en-Auxois et Dijon. « J’entends les remarques, que ce sera une année blanche, mais ça permettra d’étendre les périodes d’activité et pour de nombreuses années », a souligné le maire de Vandenesse-en-Auxois, Michel Poillot, tandis que Violaine Démaret, préfète de région et de Côte-d'Or, a estimé qu’il s’agit « d’inconvénients nécessaires pour la bonne cause. Ces travaux posent la première pierre d’un projet d’avenir pour lequel nous travaillons ». VNF a donc travaillé en amont avec les parties prenantes afin d’organiser des alternatives ou réduire l’impact des travaux.

Tous engagés autour de l’eau
Pour financer ces travaux visant à sécuriser durablement l’ouvrage, l’État, par l’intermédiaire de VNF, son opérateur, débloque une enveloppe de neuf millions d’euros, complétée à part égale de trois millions d’euros par le conseil régional et le conseil départemental. « C’est une opération ambitieuse et structurante. Nous avons tous à cœur de reconstruire la digue pour assurer l’approvisionnement du canal, les usages agricoles, les activités touristiques et économiques ainsi que la biodiversité », a précisé Jérôme Durain, président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. De son côté, François Sauvadet, président du conseil départemental de Côte-d'Or, s’est montré intransigeant : « C’est un patrimoine exceptionnel. Je ferai tout pour que le canal ne ferme pas ».

Nadège Hubert