BOURGOGNE
Lutte contre le moustique-tigre - Vigilance et action en Bourgogne-Franche-Comté
Publié le 22 Mai 2026 à 14h46
La lutte contre le moustique-tigre fait partie des enjeux de santé publique croissants en Bourgogne-Franche-Comté. Ce potentiel vecteur des virus de la dengue, du chikungunya ou du zika est désormais implanté dans les 8 départements de la région depuis 2024.
Installé depuis de nombreuses années dans l’Océan Indien et aux Antilles, le moustique-tigre s’est implanté de manière significative et continue en France métropolitaine à compter du début des années 2000. Il a désormais colonisé 83 des 96 départements de France métropolitaine (chiffres au 1er janvier 2026).
La capacité d’Aedes albopictus à être vecteur du chikungunya, de la dengue ou du virus zika, en fait une cible de surveillance prioritaire pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, durant sa période d’activité en métropole : du 1er mai au 30 novembre.
L’objectif de cette surveillance renforcée est double : ralentir la progression du moustique-tigre et limiter les risques de transmission des arbovirus dont il peut être le vecteur.
En région Bourgogne-Franche-Comté
Aedes albopictus est aujourd’hui implanté dans les 8 départements :
- en Saône-et-Loire, depuis 2014 ;
- en Côte-d’Or et dans la Nièvre depuis 2018 ;
- dans le Doubs et le Jura depuis 2020 ;
- dans le Territoire de Belfort et dans l’Yonne depuis 2023 ;
- en Haute-Saône depuis 2024.
L’ARS (via un opérateur de démoustication) met en œuvre une surveillance par un réseau de pièges-pondoirs, principalement sur les unités urbaines les plus peuplées, afin de suivre la dynamique de progression du moustique. Une enquête entomologique de terrain peut être réalisée pour confirmation en cas de nouvelle implantation, elle peut mener à considérer une nouvelle commune comme colonisée.
En 2025, le nombre de communes colonisées a passé le cap des 200 en Bourgogne-Franche-Comté. Ce nombre n’était que de 27 en 2021, ce qui témoigne de la progression rapide du moustique tigre ces dernières années.
L’Agence Régionale de Santé intervient également lorsqu’un cas de chikungunya, de dengue ou de zika est déclaré à ses services (ces maladies sont à déclaration obligatoire/DO). Une enquête de prospection entomologique est alors déclenchée pour identifier ou non la présence du moustique-tigre sur les lieux fréquentés par la personne pendant la période de virémie (présence du virus dans le sang).
La présence concomitante d’un malade et d’un moustique suffit à déclencher une épidémie : le moustique s’infecte en piquant la personne malade, et devient capable d’infecter les personnes qu’il piquera ensuite.
Dans ce cas, un traitement insecticide peut être décidé pour lutter contre l’instauration d’une circulation autochtone de la maladie. Ces opérations sont assurées par des opérateurs habilités et spécialisés.

2025, année record
L’année 2025 a été marquée par un nombre sans précédent de cas de chikungunya recensés en métropole, avec 81 foyers de transmission locale et plus de 800 cas autochtones identifiés.
Il s’agit du nombre le plus important de cas et de transmissions autochtones de chikungunya identifiés depuis la mise en place de la surveillance renforcée en 2006.
Comme Grand-Est ou Nouvelle-Aquitaine, la Bourgogne-Franche-Comté fait partie des régions qui pour la première fois ont signalé sur leur territoire des cas autochtones de chikungunya (Dijon).
Reconnaître et signaler le moustique-tigre
- Aedes albopictus est petit : moins de 1 cm d’envergure.
- Noir avec des taches blanches sur le corps et les pattes, il a une ligne blanche sur le thorax et un appareil piqueur.
En savoir plus et signaler le moustique-tigre sur le portail :
https://signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/

Eviter son implantation
C’est durant la phase aquatique qu’il faut agir ! Car avant de voler et de piquer, les moustiques se développent dans l’eau, sous forme de larves.
Chacun peut avoir les bons gestes pour éviter la prolifération d’Aedes albopictus en supprimant les petits réservoirs d’eau stagnante :
- Vider (une fois par semaine) coupelles et soucoupes sous les pots de fleurs, gamelles des animaux, replis des bâches, seaux, pieds de parasol…
- Couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau
- Ranger (à l’abri de la pluie) les jouets, brouettes, seaux, arrosoirs
- Entretenir les gouttières, rigoles et chenaux
- Jeter déchets et pneus usagés
- Créer un équilibre dans les bassins d’agréments : les poissons mangent les larves de moustique.
Voyageurs dans les zones à risque
-Se protéger des piqûres de moustique
-Continuer de se protéger de ces piqûres au retour, durant 3 semaines
-Consulter sans attendre un médecin en cas de symptômes (fièvre, douleurs musculaires et/ou articulaires, maux de tête, éruption cutanée) car seule la déclaration à l’ARS permet de déclencher les mesures de lutte anti-vectorielle.
L’ARS Bourgogne-Franche-Comté est pleinement mobilisée dans son rôle de surveillance et d’intervention.
L’Agence compte sur l’engagement de chacun, collectivités, professionnels, usagers : c’est la somme des mesures individuelles et collectives qui permet de réduire les risques.
Professionnels de santé : pensez aux maladies transmises par le moustique-tigre !
Toute suspicion d’un diagnostic de dengue, de chikungunya ou d’infection à zika en lien ou non avec un voyage doit faire l’objet d’une confirmation biologique et tout cas confirmé doit être déclaré auprès de l’ARS à l’aide du formulaire de déclaration obligatoire.
La dengue, le chikungunya et le zika sont des maladies à signalement obligatoire toute l’année auprès de l’ARS.
Depuis le 22 avril 2026, elles sont à signalement par voie dématérialisée sur le portail des signalements (PSIG) : 
En savoir plus :
ARS Bourgogne-Franche-Comté
Ministère de la Santé et de la Prévention (sante.gouv.fr)
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