BEAUNE

Beaune – 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune – L’ARSLA et DEBRA, les deux associations de maladies rares retenues pour la Pièce des Présidents

Beaune – 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune – L’ARSLA et DEBRA, les deux associations de maladies rares retenues pour la Pièce des Présidents
Beaune – 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune – L’ARSLA et DEBRA, les deux associations de maladies rares retenues pour la Pièce des Présidents
Beaune – 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune – L’ARSLA et DEBRA, les deux associations de maladies rares retenues pour la Pièce des Présidents
Beaune – 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune – L’ARSLA et DEBRA, les deux associations de maladies rares retenues pour la Pièce des Présidents

La 166e Vente des Vins des Hospices de Beaune commence déjà à se dessiner. L’ARSLA, qui lutte contre la maladie de Charcot, et DEBRA, engagée auprès des personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse, ont été retenues pour bénéficier de la Pièce des Présidents. La journée presse organisée jeudi a également permis de faire le point sur le millésime 2026 particulièrement précoce et les ambitions de la prochaine vente, fixée au 15 novembre.

La thématique des maladies rares, retenue pour cette édition de la Pièce des Présidents, a suscité une forte mobilisation. Au terme de plusieurs semaines d’examen, deux associations ont finalement été retenues sur les 28 dossiers déposés : l’ARSLA (Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique), engagée dans la lutte contre la maladie de Charcot, et DEBRA, qui accompagne les personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse, une maladie génétique rare qui fragilise extrêmement la peau.
Deux combats différents, mais une même attention portée à l’accompagnement des patients et de leurs familles. À travers la Pièce des Présidents, les Hospices Civils de Beaune souhaitent ainsi donner une nouvelle fois une dimension solidaire à leur grand rendez-vous viticole.
Un choix qui n’a pourtant pas été simple, tant les candidatures étaient nombreuses et les causes défendues particulièrement fortes. « Ça a été effectivement assez compliqué pour nous de choisir parce qu'il y avait de très belles causes », reconnaît Guillaume Koch, directeur et président du directoire des Hospices Civils de Beaune.

 
Deux maladies rares, deux combats
L’ARSLA a été retenue pour son engagement en faveur de la recherche et de l’accompagnement des personnes touchées par la maladie de Charcot. En France, environ 8 000 personnes seraient concernées par cette maladie neurodégénérative grave, avec entre 1 000 et 1 500 nouveaux cas diagnostiqués chaque année et cinq décès par jour.
À ses côtés, DEBRA représente un combat plus méconnu encore. L’association accompagne les personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse, une maladie qui provoque une extrême fragilité de la peau, avec l’apparition de plaies et d’ampoules au moindre frottement. Entre 700 et 1 000 personnes seraient concernées en France. Une maladie dont les jeunes patients sont parfois surnommés les « enfants papillons », en raison de la fragilité de leur peau.
Pour les Hospices, ces deux associations incarnent pleinement le sens donné à la Pièce des Présidents. « Les Hospices portent une idée finalement très moderne, c'est mettre un patrimoine exceptionnel au service des autres », souligne Pierre Bolze, maire de Beaune et président du conseil de surveillance des Hospices Civils de Beaune.
 
Une tradition caritative qui remonte à plusieurs décennies
Au-delà de cette cuvée emblématique, la vocation solidaire de la Vente des Vins constitue l’un de ses fondements. Pour Pierre Bolze, acheter lors de la vente ne revient donc pas uniquement à acquérir un grand vin « c'est aussi prendre part à une tradition de générosité ».
Mais la vente joue aussi un rôle essentiel dans le fonctionnement et la modernisation des Hospices Civils de Beaune. Les ventes du domaine contribuent au financement des investissements de l’hôpital. Le nouveau bâtiment hospitalier actuellement en construction en est l’illustration la plus visible. D’une superficie de 15 000 m², il représente un investissement d’environ 86 millions d’euros. « Clairement sans l'argent de la vente des vins, nous ne pourrions pas construire ce bâtiment », insiste Guillaume Koch.
L’objectif est notamment de remplacer l’actuel bâtiment « bleu », devenu obsolète, et d’améliorer à la fois l’accueil des patients et les conditions de travail des personnels.
Au-delà de ce chantier majeur, les Hospices poursuivent également leur transformation numérique avec plusieurs projets structurants : déploiement d’un nouveau dossier patient informatisé, renforcement de la cybersécurité des systèmes d’information, modernisation du laboratoire, mise en place d’un nouvel outil de stockage et de partage des images médicales (scanner, IRM, radiologie) ainsi que la refonte des sites internet de l’hôpital et de l’Hôtel-Dieu. Des investissements indispensables pour garantir la qualité des soins et accompagner l’évolution des pratiques médicales.
Malgré un contexte hospitalier parfois tendu, l’établissement continue par ailleurs d’étoffer son offre de soins avec l’arrivée récente de nouveaux spécialistes, notamment en ophtalmologie, en ORL et prochainement en rhumatologie. « Tous ces projets montrent le dynamisme des Hospices », souligne Guillaume Koch, rappelant que l’établissement conserve pleinement sa vocation d’hôpital de proximité tout en développant des collaborations étroites avec le CHU de Dijon et le Centre Georges-François-Leclerc.

Un millésime 2026 marqué par la précocité
La journée presse a également permis de revenir sur une campagne viticole hors normes par son calendrier. Les vendanges ont commencé dès le 15 août, conséquence des conditions météorologiques particulièrement chaudes de l’été. « 2026 aura été un millésime pour le moins pressé et pressant avec des vendanges commencées dès le 15 août », a lancé Pierre Bolze.
Cette précocité s’accompagne de rendements faibles et illustre, une nouvelle fois, les évolutions auxquelles le vignoble bourguignon doit faire face. Pour les Hospices, l’enjeu est désormais d’accompagner au mieux ces transformations tout en préservant la qualité des vins.
 
Une vente toujours très suivie à l’international
Du côté de Sotheby’s, qui accompagne les Hospices de Beaune pour la sixième année, les premiers signaux sont également encourageants. Célian Ravel d’Estienne, directeur des ventes de vins de Sotheby’s France, souligne que la préparation de la vente mobilise les équipes tout au long de l’année. « La vente des vins commence le lendemain de la précédente », résume-t-il, rappelant qu’une équipe d’environ 50 personnes sera mobilisée à Beaune au moment du rendez-vous. Malgré un marché du vin qui a connu plusieurs années plus difficiles, la Vente des Vins des Hospices continue de bénéficier d’une forte attractivité internationale. « On est sur les mêmes tendances que les années précédentes, c'est-à-dire une affluence et une participation record quasi tous les ans. »
Les États-Unis et l’Asie, notamment Hong Kong, restent parmi les marchés les plus représentés. De nouveaux acheteurs apparaissent également, à l’image d’un groupe de collectionneurs japonais attendu cette année pour la première fois.
 
Tradition et modernité
Sotheby’s entend également faciliter la participation des acheteurs ne pouvant pas se rendre à Beaune. Aux États-Unis, une salle immersive permettra ainsi à certains clients d’enchérir à distance en suivant la vente en direct. « Le but est vraiment de continuer dans cette tradition mais d'amener toute la modernité, toute nouveauté qu'on peut faire de cette vente un succès », explique Célian Ravel d’Estienne.
La maison d’enchères poursuit par ailleurs sa promotion des vins des Hospices sur différents marchés internationaux, avec des rendez-vous prévus notamment à Varsovie, Ho Chi Minh-Ville au Vietnam, Philadelphie et San Francisco.
 
Rendez-vous le 15 novembre
Après une édition 2025 marquée par plusieurs records, les Hospices et Sotheby’s espèrent donc poursuivre sur cette dynamique pour la 166e Vente des Vins, qui se tiendra le dimanche 15 novembre 2026. Entre un millésime particulièrement précoce, une mobilisation internationale toujours forte et une Pièce des Présidents consacrée à deux causes liées aux maladies rares, cette nouvelle édition entend une nouvelle fois conjuguer patrimoine viticole, solidarité et financement de l’hôpital public.

Jeannette Monarchi

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