BOURGOGNE

CHU Dijon Bourgogne - RéadapTIC, un bâtiment de 40 M€ pour inventer la rééducation de demain

CHU Dijon Bourgogne - RéadapTIC, un bâtiment de 40 M€ pour inventer la rééducation de demain
©Tourret Architectes

Le CHU Dijon Bourgogne présente RéadapTIC, projet emblématique de rééducationréadaptation nouvelle génération : un bâtiment connecté de 9 813 m², 40 millions d’euros d'investissement, associant soins ultra-personnalisés, recherche et innovation numérique (robotique, intelligence artificielle, réalité virtuelle…). Vitrine des savoir-faire du CHU et du territoire, il ouvrira à l’été 2028. La présentation aux financeurs et partenaires a eu lieu ce jeudi 3 septembre sur le site de Champmaillot.

Le chantier est désormais lancé. Sur le site de l’ancien bâtiment de soins médicaux et de réadaptation du CHU Dijon Bourgogne, un nouvel établissement est progressivement en train de prendre forme. Son nom : RéadapTIC, pour une rééducation-réadaptation pensée autour des besoins et des capacités de chaque patient. La présentation du projet aux financeurs et partenaires a été organisée ce jeudi 3 septembre, sur le site de Champmaillot, où le service de rééducation-réadaptation est temporairement installé depuis le transfert de l’activité. Derrière ce projet immobilier se trouve une ambition beaucoup plus large : faire évoluer les pratiques de rééducation en associant soins, recherche et innovation technologique. Le futur bâtiment accueillera ainsi des patients, mais également des espaces consacrés à la recherche et à l’expérimentation. Robotique et cobotique, réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle, objets connectés ou encore outils numériques doivent progressivement intégrer les parcours de soins. « Repenser la rééducation-réadaptation autour des capacités du patient. » Pour Lionel Pascinto, directeur général adjoint du CHU Dijon Bourgogne, RéadapTIC constitue un projet particulièrement structurant pour l'établissement. « RéadapTIC est un projet complexe mais emblématique pour notre CHU, puisqu’il combine le soin, la recherche et l’innovation. Il repose sur un principe : repenser la rééducation-réadaptation autour des capacités du patient, grâce à une médecine ultra-personnalisée, en mobilisant le savoir-faire de nos équipes ainsi que les technologies actuelles – robotique et cobotique, réalité virtuelle, building intelligence model… C’est à la fois un outil au service des patients, un projet architectural exceptionnel et une vitrine pour le CHU et pour la spécialité de la Médecine Physique et de la Rééducation (MPR). RéadapTIC prouve aussi la capacité de notre établissement à coopérer avec les acteurs du territoire, notamment avec Santenov et l’Université Bourgogne Europe. »


Cette évolution répond également à un contexte démographique et médical. Les besoins en soins médicaux et de réadaptation augmentent avec le vieillissement de la population et la progression des pathologies chroniques. Dans le même temps, les capacités d'accueil restent insuffisantes et les secteurs de la rééducation ont encore relativement peu bénéficié des grandes innovations technologiques.
L'objectif affiché est donc de mieux accompagner les patients, mais aussi de favoriser leur récupération et leur autonomie.

Un écosystème dijonnais mobilisé
RéadapTIC dépasse largement le seul périmètre du CHU. Le projet associe notamment l’Université Bourgogne Europe, Santenov, France Assos Santé, ainsi qu'un réseau d'une quarantaine de partenaires.
Industriels, chercheurs, professionnels de santé, établissements de formation et acteurs institutionnels sont mobilisés autour du projet. Parmi eux figurent notamment Proteor, Urgo, le laboratoire CIAD, le Cesi Dijon ou encore différents acteurs de la formation en rééducation. Pour Nathalie Koenders, maire de Dijon et présidente du conseil de surveillance du CHU Dijon Bourgogne, le numérique doit rester au service du patient. « Avec RéadapTIC, le CHU Dijon Bourgogne illustre pleinement sa capacité à mettre l’innovation au service des patients. L’intelligence artificielle, la robotique et les technologies numériques ne sont pas une fin en soi : elles doivent permettre de mieux accompagner chacun, de personnaliser les parcours de réadaptation et de favoriser le retour à l’autonomie. Ce projet témoigne de l’excellence de notre CHU, de sa capacité à fédérer chercheurs, soignants et acteurs de l’innovation, mais aussi de l’ambition de Dijon de conforter sa place parmi les territoires de référence en matière de santé. En tant que maire de Dijon et présidente du conseil de surveillance du CHU Dijon Bourgogne, je suis particulièrement fière de voir se concrétiser ici une médecine innovante, profondément humaine et tournée vers les besoins des patients. »

40 millions d'euros d'investissement
Le projet représente 40 millions d'euros d'investissement, dont 33,1 millions consacrés aux études et aux travaux. La Région Bourgogne-Franche-Comté participe à hauteur de 6 millions d'euros, soit 15 % du coût du projet. Dijon Métropole apporte pour sa part 3 millions d'euros, avec un effet levier permettant la mobilisation d'une subvention complémentaire d'un montant équivalent. Pour Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, RéadapTIC doit contribuer à faire entrer la rééducation dans une nouvelle ère. « RéadapTIC est un projet stratégique unique qui va non seulement réhabiliter mais révolutionner la médecine de la rééducation-réadaptation en la faisant entrer dans l’ère du numérique pour une meilleure prise en charge et mobilité des patients. »
François Rebsamen, président de Dijon Métropole, insiste quant à lui sur la dimension territoriale du projet : « RéadapTIC illustre parfaitement l’ambition que nous portons pour notre territoire : faire de Dijon une référence en matière de santé, de recherche et d’innovation, en fédérant autour du CHU Dijon Bourgogne les forces de l’Université Bourgogne Europe, de Santenov, de la recherche et de nos entreprises. Avec RéadapTIC, nous investissons à la fois pour une meilleure prise en charge des patients et pour l’avenir d’une filière d’excellence qui contribue au rayonnement et à l’attractivité de notre métropole. »

Un bâtiment de 9 813 m² sur cinq niveaux
Le futur établissement développera 9 813 m² sur cinq niveaux. Il s'appuie sur une partie de l'ancien bâtiment de soins de suite et de réadaptation, qui comptait 91 lits et 30 places d'hospitalisation de jour sur 5 800 m². À terme, RéadapTIC disposera de 99 lits d'hospitalisation complète et 50 places d'hôpital de jour. Le projet prévoit également un plateau technique de 2 600 m², avec notamment un espace de balnéothérapie et un parcours de marche thérapeutique aménagé dans un patio. Quelque 600 m² seront consacrés à la recherche, avec des laboratoires et des bureaux.
Le bâtiment sera organisé autour de deux ensembles : le bâtiment existant, rénové et agrandi, accueillera notamment les hébergements, tandis qu'un nouveau bâtiment en R+1 abritera le plateau technique.
Une grande galerie vitrée, conçue comme une véritable « rue centrale », assurera la liaison entre les différents espaces.
Pour Tourret Architectes, qui assure la conception du projet avec Léon Grosse et leurs cotraitants, cette organisation doit permettre au bâtiment d'évoluer avec les usages et les technologies. « RéadapTIC est un projet original pour nous dans la mesure où il est largement orienté vers l’innovation et la recherche. Afin de créer un plateau technique moderne et innovant répondant aux besoins du programme, nous avons opté pour la construction d’un nouveau bâtiment, accolé au bâtiment actuel qui, lui, sera rénové et agrandi, permettant la préservation et la valorisation du patrimoine existant. Une large galerie, véritable “rue centrale”, bénéficiant d’un éclairement zénithal naturel, assurera la connexion entre les deux parties du programme et pourra elle-même accueillir une partie des soins prodigués dans l’établissement. RéadapTIC, pensé depuis le début en étroite relation avec les équipes soignantes, est un projet évolutif, capable d’intégrer demain des innovations technologiques qui n’existent pas encore. »
Le bâtiment sera également conçu pour être ouvert sur la ville, avec son entrée principale tournée vers le Bocage. Une attention particulière sera portée à la lumière naturelle, aux ambiances, au confort thermique et à la qualité de l'air.
L'espace boisé existant sera conservé et accessible aux patients, avec notamment la création d'un jardin thérapeutique.

Une rééducation qui ne s'arrêtera pas aux murs de l'hôpital
L'une des particularités de RéadapTIC réside dans la conception même des plateaux techniques. Ceux-ci ne seront plus uniquement organisés autour des pathologies, mais autour des capacités fonctionnelles des patients : locomotion, préhension, cognition, communication… Chaque patient bénéficiera d'un programme personnalisé établi après une évaluation pluridisciplinaire.
Les nouvelles technologies pourront ensuite être mobilisées en fonction de ses besoins : robotique, cobotique, réalité virtuelle ou augmentée, objets connectés… L'objectif est notamment de pouvoir suivre plus finement les progrès et d'adapter rapidement les programmes de soins.
La rééducation pourra également se poursuivre en dehors de l'établissement, notamment grâce à des objets connectés et des plateformes numériques permettant un suivi à distance.
Une possibilité particulièrement importante pour les patients éloignés de Dijon, qui pourront bénéficier de certaines modalités innovantes sans devoir se déplacer systématiquement au CHU.
La docteure Souad Taha, cheffe de pôle rééducation-réadaptation du CHU, résume cette ambition : « RéadapTIC porte une ambition claire : transformer durablement les soins de rééducation et de réadaptation. Le projet repose sur une approche très personnalisée des parcours de soins en s’appuyant sur des outils innovants dans le domaine de la technologie et du numérique ainsi que de nouvelles organisations, déployés aussi bien à l’hôpital qu’en dehors de ses murs. Les plateaux techniques de rééducation au sein du futur bâtiment sont entièrement repensés pour répondre aux besoins fonctionnels des patients. Le bâtiment RéadapTIC, connecté et intelligent, participera également au bien-être des patients et des soignants, d’autant plus que les durées de séjour en centre de rééducation sont souvent longues. C’est cette personnalisation du programme de soin du patient combinée à des modalités innovantes de rééducation que RéadapTIC entend placer au cœur du modèle de réadaptation de demain. Cette dynamique est d’ores et déjà engagée, avant même la mise en service du bâtiment. »

Un bâtiment « connecté, actif et communicant »
RéadapTIC intégrera un Building Information System (BIS) destiné à regrouper les données issues des différents systèmes d'information connectés. L'ambition est également de développer un outil permettant de gérer les parcours personnalisés des patients en fonction de la disponibilité des professionnels et des espaces. Le système devra pouvoir visualiser en temps réel les programmes et réorganiser automatiquement les activités en cas d'imprévu. Le bâtiment lui-même est pensé comme un outil au service de cette nouvelle organisation, avec des exigences importantes en matière de confort et de performance environnementale.

600 m² dédiés à la recherche
RéadapTIC sera également un lieu de recherche et d'expérimentation. 600 m² seront consacrés à cette activité afin d'évaluer l'intérêt des nouvelles technologies dans les parcours de réadaptation, y compris après le retour à domicile. Des capteurs pourront notamment permettre de recueillir certaines données de santé au sein de l'établissement puis chez le patient. L'objectif : suivre l'évolution de sa situation, réagir rapidement en cas de difficulté et prévenir certaines complications ou rechutes.
À terme, l'intelligence artificielle pourrait aller plus loin en permettant d'anticiper certaines difficultés.

Une quinzaine de projets de recherche sont déjà engagés au CHU Dijon Bourgogne Quatre sont particulièrement mis en avant à l'occasion de la présentation du 3 septembre : Enable, consacré aux troubles neuromoteurs de l'enfant ; Readap’TWINS, qui vise à créer un jumeau numérique du parcours du patient ; Smart Mobility, autour d'une prothèse de membre inférieur intégrant de l'intelligence artificielle ; et REMOOV, consacré à la neuromodulation périphérique après un AVC.
Pour le professeur Paul Ornetti, directeur scientifique de RéadapTIC, le projet doit permettre de rapprocher durablement recherche et pratique médicale : « Dans RéadapTIC, clinique et recherche sont étroitement imbriquées au quotidien, autour du patient. La recherche infuse dans le soin et la clinique s’adosse à la recherche, créant un tiers lieu d’expérimentation unique en France, nommé Realistic. La réadaptation est un secteur qui a connu peu de bouleversements technologiques ces vingt dernières années, or désormais il est possible de faire bénéficier aux patients et aux soignants de solutions technologiques innovantes favorisant l’évaluation des capacités du patient et son suivi personnalisé. RéadapTIC marque un changement de paradigme pour la recherche dans notre domaine, grâce à l’association des compétences du CHU, du laboratoire CIAD (Connaissances et Intelligence artificielles distribuées) et de l’INSERM CAPS de l’Université Bourgogne Europe, des écoles d’ingénieurs de Dijon métropole (Cesi, Eseo…), de Santenov, des start-ups et des grands groupes industriels (Proteor, Urgo, Thales…) engagés à nos côtés. »

REALISTIC, un laboratoire grandeur nature
Cette articulation entre soins, recherche et innovation s'incarne notamment dans REALISTIC, pour « REAdaptation – tiers-LIeu d’expérimentation de Solutions et Technologies Innovantes Collaboratives ». Porté par le CHU Dijon Bourgogne avec l'Université Bourgogne Europe, France Assos Santé et Santenov, le dispositif a été retenu dans le cadre de France 2030. Il doit permettre à des laboratoires, entreprises et start-up de tester ou de co-concevoir des solutions numériques directement en lien avec les besoins des patients et des professionnels. Pour Pascal Auzière, président de Santenov Dijon Bourgogne, RéadapTIC a déjà permis de structurer une véritable filière régionale : « RéadapTIC a permis de révéler une filière santé régionale remarquable composée d’acteurs publics et privés complémentaires, depuis la recherche scientifique et clinique autour d’un axe “Plasticité sensorimotrice et santé numérique” jusqu’aux fabricants et concepteurs de technologies médicales et de solutions numériques innovantes. »

Une ouverture prévue avant l'été 2028
Le chantier de RéadapTIC a débuté en mars 2026. La livraison est programmée en mars 2028, pour une ouverture avant l'été de la même année. Avec ses 99 lits, ses 50 places d'hôpital de jour, ses 2 600 m² de plateau technique et ses 600 m² dédiés à la recherche, le futur bâtiment constituera ainsi un nouvel équipement majeur pour le CHU Dijon Bourgogne. Mais au-delà du bâtiment, c'est surtout un nouveau modèle de rééducation que le CHU entend expérimenter : une prise en charge davantage individualisée, connectée, évolutive, capable de se poursuivre à domicile et étroitement associée à la recherche. RéadapTIC doit ainsi faire de Dijon un territoire de référence dans la rééducation-réadaptation de nouvelle génération, avec une promesse centrale : utiliser la technologie non pas pour remplacer l'humain, mais pour donner aux patients et aux soignants de nouveaux outils afin de mieux accompagner chaque parcours.

Photos ©CHU Dijon-Bougogne et ©Tourret Architectes