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Beaune – Harcèlement scolaire : au lycée Jules-Étienne Marey, les élèves se mobilisent pour libérer la parole

Beaune – Harcèlement scolaire : au lycée Jules-Étienne Marey, les élèves se mobilisent pour libérer la parole

Rubans verts, affiches, témoignages et projection d’un film : ce jeudi 5 novembre, le lycée Jules-Étienne Marey de Beaune s’est mobilisé à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Une journée pour sensibiliser les jeunes, mais surtout leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls et que des adultes sont là pour les écouter.

Ce jeudi matin, à l'entrée du lycée Jules-Étienne Marey, les élèves étaient accueillis avec un petit ruban vert, symbole de la lutte contre le harcèlement scolaire. Un geste simple, mais qui avait surtout pour objectif d'engager la conversation. 
Dans l'établissement, les jeunes internes ont également participé à la réalisation d'affiches et d'un grand ruban vert entouré de mots choisis pour évoquer le harcèlement, ses conséquences, mais aussi l'entraide et le soutien. À 10 h, un rassemblement a permis de former symboliquement un ruban humain pour marquer cette journée nationale.
 
Des témoignages qui font réfléchir et parfois réagir
La mobilisation avait commencé dès mercredi soir, avec la projection du film T'inquiète auprès des élèves de l'internat. Un film consacré au harcèlement, dont certaines scènes n'ont pas laissé les jeunes indifférents. « C'est assez poignant. Cela permet de sensibiliser les jeunes à cette problématique », explique Sophie Brunel, conseillère principale d'éducation (CPE) au lycée et coordonnatrice de la lutte contre le harcèlement.
Les affiches réalisées par les élèves ont également donné matière à réflexion. Certaines reprennent des témoignages d'anciens lycéens, dont celui d'une jeune fille ayant été victime de harcèlement. Une autre joue avec le sens de la lecture : lu de haut en bas, le texte délivre un message négatif ; lu de bas en haut, il prend une tout autre signification, beaucoup plus positive.


Des supports qui suscitent des échanges, mais peuvent aussi réveiller des souvenirs difficiles chez certains élèves. Lors de la projection du film, une jeune fille a notamment été prise d'une crise d'angoisse. Une réaction qui rappelle à quel point le sujet peut toucher personnellement les adolescents. « Cela nous permet d'aborder le sujet et de repérer peut-être des élèves qui n'oseraient pas forcément en parler », souligne Sophie Brunel.
 
« Montrer que lorsqu'on vit ce genre de choses, on n'est pas seul »
Car au-delà des animations organisées pour cette journée, l'objectif est surtout d'encourager les victimes et les témoins à parler. « L'idée, c'est justement d'ouvrir la parole, que ce ne soit pas un sujet tabou et de montrer que, quand on vit ce genre de choses, on n'est pas seul », insiste Sophie Brunel. Au lycée Marey, elle travaille sur cette question avec Marie-Line Voredini, infirmière scolaire. Toutes deux assurent la coordination de la lutte contre le harcèlement dans l'établissement. Et cette année, leur équipe commence à s'étoffer. « Des enseignants et des assistants d'éducation nous rejoignent. Cela va nous permettre d'être plus nombreux pour accueillir la parole des élèves et leur proposer des interlocuteurs à l'écoute », explique la CPE.
Une évolution importante, car tous les jeunes ne se confient pas de la même manière. Certains préféreront parler à un professeur, d'autres à l'infirmière ou à un assistant d'éducation qu'ils connaissent bien.
 
Une mobilisation qui doit se poursuivre toute l'année
Organisée chaque année le premier jeudi suivant les vacances de la Toussaint, la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire constitue l'un des temps forts du programme Phare, déployé dans les établissements scolaires. Cette année, la campagne nationale « Tu as le choix » attire notamment l'attention sur le cyberharcèlement, les violences qui peuvent se poursuivre sur les réseaux sociaux et les conséquences de certains messages.
Mais au lycée Jules-Étienne Marey, le message de cette journée va bien au-delà des affiches et des rubans verts : faire comprendre aux élèves qu'ils ont le droit de parler, qu'ils peuvent être entendus et qu'ils n'ont pas à affronter seuls une situation de harcèlement. Un travail de prévention qui ne s'arrête évidemment pas une fois la journée terminée.
À savoir : le 3018 est le numéro national gratuit, anonyme et confidentiel destiné aux victimes et aux témoins de harcèlement et de cyberharcèlement, ainsi qu'à leurs familles. Il est accessible sept jours sur sept, de 9 h à 23 h.

Jeannette Monarchi