ECONOMIE
Labergement-lès-Seurre - Le Grenier d’Antan d’Anaïs Coyau-Bresser : une brocante pleine d’âme où chaque objet a une histoire
Par Jeannette Monarchi
Publié le 08 Mai 2025 à 07h42
À Labergement-lès-Seurre, Anaïs Coyau-Bresser a troqué les heures de bureau derrière un écran contre le contact humain, la poussière d’un meuble ancien et la joie de raconter des histoires. Avec sa brocante "Le Grenier d’Antan", elle offre une seconde vie aux objets… et à elle-même.
Cette boutique pas comme les autres est plus qu’un lieu de chine, c’est un lieu de cœur. Anaïs Coyau-Bresser y réunit sa passion, ses trouvailles et son envie de recréer du lien autour des objets d’hier et des talents d’aujourd’hui.
Une reconversion à cœur ouvert
Tout a commencé à un moment charnière de sa vie. En mai 2023, à quelques semaines de ses 40 ans, Anaïs ressent un besoin urgent de changement. Son quotidien est bien rempli : un poste à responsabilité à la mairie de Beaune, des réunions, des échéances, une vie bien réglée. Mais quelque chose manque. « J’en avais marre de travailler sans passion. Huit heures par jour derrière un écran, ce n’est plus ce que je voulais pour moi. J’avais besoin d’un métier qui ait du sens, du concret, de l’humain. »
Alors, elle retourne à ce qui lui a toujours fait vibrer : les objets anciens. Passionnée de déco et de meubles anciens depuis toujours, elle commence alors à chiner, retaper, nettoyer, redonner une seconde vie. Son atelier devient une caverne d’Ali Baba. Et sur les réseaux sociaux, elle se fait vite une place : Le Grenier d’Antan séduit par son esthétique douce et intemporelle. Et très vite, le bouche-à-oreille fait son œuvre. « Je fonctionne au coup de cœur. J’aime l’art déco, le style bohème et campagne chic, les pièces qui racontent quelque chose. Le flashy, ce n’est pas mon univers. Ce que je cherche, ce sont des objets qui ont une âme. »

Une boutique éphémère, mais bien vivante
Face à l’engouement naissant et à la fin de son contrat en décembre 2023, Anaïs prend une décision forte : elle quitte son poste et se lance à temps plein dans la brocante. En janvier 2024, elle crée son site de vente en ligne. Et en mai, elle ouvre sa boutique physique éphémère dans un local communal de Labergement-lès-Seurre.
« Ce lieu, c’est mon cocon. Je l’ouvre une fois par mois, du vendredi au dimanche, et j’y propose mes dernières trouvailles. C’est un moment d’échange, de partage. »
À l’intérieur, chaque meuble, chaque assiette, chaque détail est soigné. L’ambiance est chaleureuse, doucement rétro. On y sent le parfum du bois, on entend le tintement de la vaisselle ancienne, et surtout, on sent la passion.
Chaque premier week-end du mois – et parfois plus – la magie opère. « J’ai toujours aimé redonner vie aux meubles. Aujourd’hui, je m’aperçois que c’est plus qu’un métier, c’est un plaisir. »
Chez elle, on trouve des pièces au charme suranné mais jamais vieillottes : vaisselle en grès ou en faïence, tables poncées, fauteuils relookés, petits meubles en bois brut, objets détournés de leur usage initial… Toujours dans une palette douce, naturelle, intemporelle. La boutique évolue à chaque ouverture. « Je ne veux pas faire un débarras. Mon objectif, c’est de proposer des pièces qui sortent de l’ordinaire. Ce qui m’anime, c’est le coup de cœur. Je chine partout : vide-maisons, greniers oubliés, ventes aux enchères, parfois chez Emmaüs, parfois en photo chez des particuliers. Il faut que l’objet me parle. »
L’humain au centre : des collaborations locales
Anaïs ne veut pas travailler seule dans son coin. Elle souhaite que son projet ait une portée plus large, plus collective. Elle s’entoure d’artisans et d’artisanes de la région. « Lors des ouvertures, un horticulteur vient faire des bouquets, une couturière propose des créations textiles, et j’ai même des meubles chinés par une autre brocante à Bragny-sur-Saône "Vintage et Alors". Le but, c’est l’entraide. Travailler ensemble, pas faire de l’argent sur leur dos et valoriser leurs talents. » Le Grenier d’Antan devient alors une vitrine pour les savoir-faire locaux. Une façon de recréer une économie circulaire, humaine, éthique.

Une brocante 2.0… mais avec du vécu
Aujourd’hui, 50 % des ventes se font en ligne, l’autre moitié à la boutique. Grâce à son site, Anaïs expédie partout en France. Un meuble vous plaît ? Un petit message, et il part chez vous. Mais cela ne remplace pas le contact direct, les histoires partagées, les souvenirs. « Ce que j’aime, ce sont les anecdotes, les histoires derrière chaque pièce de déco. Toutes ont une âme. »
C’est aussi pour cela qu’elle a lancé un nouveau service d’accompagnement : elle aide les particuliers à vendre leurs objets. Elle se déplace, estime, prend des photos, gère la mise en ligne, et prend une commission raisonnable. « Ça aide les personnes âgées, ou celles qui sont dépassées par le numérique ou qui n’ont pas le temps. Et moi, je garde ce lien humain que j’aime tant. »
Et demain ?
« Je vis mes journées à 100 à l’heure, mais elles me ressemblent. Je rencontre plein de gens, je crée du lien social en chinant. » L’avenir ? Il est encore à écrire. Mais Anaïs rêve déjà d’un lieu plus grand. Ouvrir un jour une boutique dans une ville plus grande, peut-être à Seurre. D’un lieu partagé, vivant. Un lieu à son image : simple, sincère, chaleureux. « J’ai trouvé un rythme de vie qui me ressemble. Je suis épanouie. Je fais ce que j’aime. » Et continuer à développer des partenariats avec des artisans. « J’ai tous les champs des possibles… »
Jeannette Monarchi
Infos pratiques
Le Grenier d’Antan – Brocante & déco vintage
Local communal, 13 Rue de l'Église 21820 Labergement-lès-Seurre
Ouvert le 1er week-end de chaque mois (du vendredi au dimanche)
Prochaine ouverture: du jeudi 8 au dimanche 11 mai
Boutique en ligne Instagram Facebook
-
Beaune Padel Club lance son premier Trophée des Entreprises pour rapprocher sport et monde économique -
Dijon célèbre la Fête de la musique dans tout le centre-ville le 21 juin -
Beaune-Levernois - Le Golf se mobilise contre la mucoviscidose lors de la Coupe des Green Fees -
Beaune - Édouard Fontenille invite à mettre les mains dans la terre cet été -
La grêle douche les espoirs du vignoble de la côte de Beaune, "les raisins étaient magnifiques" -
Beaune - L’émotion d’un choix de vie, treize nouveaux citoyens accueillis dans la nationalité française -
Beaune – Daï Lo, la nouvelle aventure asiatique de la famille Guidot, veut réinventer les soirées beaunoises de la table au dancefloor -
24 Heures de Beaune - Après les incidents, la Ville et l’État renforcent la sécurité -
Beaune – Les Ripailles de l’Épi-Centre : une guinguette éphémère pour lancer l’été, premier rendez-vous le 12 juin -
Meloisey - Une femme grièvement blessée dans une collision entre deux voitures -
Sophie Aegerter signe ses premières cuvées et apporte une nouvelle sensibilité au Domaine Aegerter -
Beaune – Studio Facette, la nouvelle adresse dédiée au Pilates Reformer -
Biothérapies - La Bourgogne-Franche-Comté veut devenir un acteur majeur de la médecine de demain -
Beaune - La Fête de la Musique investit places, jardins et rues du centre-ville les 20 et 21 juin -
Beaune - Château Albert Morot : la renaissance d’une demeure d’exception au cœur de Beaune -
Beaune - À Gigny, un city-stade flambant neuf au service du sport et du vivre-ensemble -
Marigny-lès-Reullée - Le Poney Club invite les familles à découvrir l’univers équestre le dimanche 14 juin -
A Merceuil, un instant dans le temps -
Beaune - Deux observations astronomiques gratuites place Carnot pour clôturer la saison -
Beaune - Mission Locale et ESAT du Clos Chameroy unissent leurs forces pour favoriser l’inclusion des jeunes -
Santenay - La Fête du Moulin fait son retour le dimanche 21 juin -
Beaune - Le rooftop de la Cité des Climats fait le plein pour son anniversaire